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Il est temps d’interdire à ce gouvernement d’interdire tout et n’importe quoi

Il est interdit d’interdire, tel fut le slogan de la génération des boomers, celle qui fit mai 68. Arrivée aujourd’hui au pouvoir, cette même génération soi- disant libertaire semble prendre un malin plaisir à interdire tout et n’importe quoi. Interdiction du réveillon, interdiction de sortir de chez soi sans autorisation, interdiction d’ouvrir les bars, les restaurants, les théâtres, les cinémas, couvre-feu à 18 heures annoncé hier soir pour plus de vingt département. 18 heures, et pourquoi pas 15 heures ? Aura-t-on le droit d’aller chercher ses enfants à la sortie de l’école, ou de la crèche ? Aura-t-on le droit de faire ses courses, si on travaille jusqu’à 17 heures trente ? Et donc de manger ? Ou est-ce que ce sera interdit aussi ? A-t-on le droit de gagner sa vie, quand on tient un commerce, un restaurant, ou est-ce aussi interdit ?

Politiques et médias, tous soixante-huitards accomplis, mais qui depuis les Gilets jaunes ont peur de recevoir un pavé sur le coin de la figure à chacune de leur sortie, sont devenus les rois de l’interdiction. Et de l’opprobre jetée à la jeunesse, particulièrement stigmatisée. Les jeunes ne respecteraient pas les gestes barrières, les consignes sanitaires, ne penseraient qu’à faire la fête… Je tiens à rappeler tout ce que l’on fait subir à cette génération sacrifiée depuis le début de la pandémie :

– fermeture des universités et centres de formations

– fermetures de nombreux commerces qui leur procuraient des emplois, de l’argent de poche et leur payaient les études

– fermeture des restaurants universitaires qui leur permettaient de manger à bas prix

– fermeture des salles de sport

– fermetures des lieux de distraction et de rencontre.

Beaucoup de jeunes, souvent étudiants, sont désormais plongés dans la misère, ne peuvent ni travailler, ni sortir, ni même manger à leur faim. Beaucoup réduisent le nombre de repas par jour, et la qualité et la diversité de leur alimentation. Je recevais l’autre jour un jeune acteur de théâtre débutant cette année, il n’a cumulé que sept représentations, pas assez pour bénéficier des aides : le voilà sans la moindre rémunération. Comme beaucoup d’autres hélas. La jeunesse est l’avenir d’une nation. La façon dont ce gouvernement et les commentateurs autorisés traitent la jeunesse française les disqualifient totalement dans leur condamnation de ces quelques fêtes clandestines qui sont montées en épingle dans les médias. On ne peut exiger des jeunes une quelconque discipline, après les avoir traités de la sorte.

Pour clore le sujet, je rappelle que le coronavirus touche environ 12 000 personnes par jour en période de pointe, soit 360 000 par mois : 0,5 % de la population française. Sur ces 360 000, la mortalité ne dépasse pas 1 %, et encore, bien des décès sont liés à une comorbidité. Et pour cela, nous subissons un tombereau d’interdits, alors qu’il suffirait d’inspirer assez confiance pour imposer des normes sanitaires strictes, et laisser les gens vivre et travailler en paix et en sécurité. Mais le gouvernement le veut-il vraiment ?

Olivier Piacentini