Il est temps que les musulmans cessent d’être musulmans

Le vrai danger pour la religion musulmane vient de ses propres fidèles totalement ignorants des arcanes de l’islam, analphabètes, bigots, dépourvus de discernement, incultes, influençables, naïfs, incapables de sortir de leur état de léthargie maladive et surtout leur manque de volonté à promouvoir une image de l’islam en rapport avec les exigences de la modernité. Pire encore, ils laissent le soin aux extrémistes d’occuper le champ théologique, politique et spirituel comme s’ils étaient eux les vrais représentants de l’islam.

En effet, il s’agit moins de réformer l’islam que de pacifier et apaiser les représentations que les musulmans et les non-musulmans se font de lui. Si l’islam est discrédité et dénigré aujourd’hui,devenu source de de phobie, ce n’est guère à cause de ses dogmes qui ne sont en rien dissemblables des autres religions monothéistes que l’image que ses adeptes activistes et rigoristes véhiculent sur lui à travers Iqra et al Jazeera et la guerre meurtrière menée contre leurs propres coreligionnaires.

Il revient aux musulmans de briser la glace du silence qui entoure l’entreprise de démolition de l’islam à laquelle se livrent les radicaux musulmans et en l’occurrence les wahhabites, créatures infâmes anglo-américaines, véritable virus létal inoculé dans le corps musulman pour l’anéantir; Inconscients que c’est leur apathie qui est la meilleure caution politique aux wahhabites et qui dessert considérablement cet islam qu’ils veulent un islam de paix et d’amour.

Leur indifférence, leur fatalisme, leur défaitisme et leur indolence sont autant de signaux négatifs envoyés au monde que les actes de barbarie perpétrés au nom de l’islam. En se gardant de réagir, ils apportent de l’eau au moulin des détracteurs de leur religion et confortent leur thèse quant aux liens fusionnels entre l’islam et la violence et l’exaltation de la haine de l’autre, surtout le juif.

D’autres temps, d’autres moeurs; La réalité d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier. L’islam était dans sa phase de balbutiement, fougueux et intrépide. Peur de sa propre ombre et inquiet pour sa survie. Evoluant dans un environnement hostile et vivant sous la menace d’agressions extérieures et objet de moqueries et de sarcasmes, le Coran ne pouvait que traduire les préoccupations majeures du prophète et les moyens à mettre en oeuvre pour la sauvegarde et la pérennité de sa religion naissante. Une agressivité qui pourrait se concevoir en son temps même si on attend autre chose du texte fondateur de l’islam, mais elle ne doit plus être de mise aujourd’hui. Or, la théologie musulmane est restée elle-même figée dans le 7 e siècle. Prétentieuse, réactionnaire, rétrograde,farfelue et suprématiste, assignant à l’islam une finalité cosmique et hégémonique pour en faire une loi universelle. Plutôt que servir de catalyseur au changement et moderniser l’islam, elle persiste dans la voie de l’absolutisme dogmatique et le maintien des musulmans dans leur prison mentale. A titre d’exemple les droits de la femme n’ont guère évolué depuis le 7 e siècle. Une théologie néfaste aux progrès sociaux, humains, culturels, sociétaux et humains, ignorante de la géographie humaine, de l’anthropologie culturelle, des enjeux géopolitiques et géostratégiques, des rapports de force entre les nations, de l’histoire des religions, de la philosophie rationaliste.

Les musulmans ne sont pas prêts d’ôter leur carcan religieux tant qu’ils n’ont pas conscience de leur propre humanité et de s’être réappropriés leur être. Avec un statut d’esclaves achetés par Allah auxquels ils lui sont redevables de tout, il est utopique d’imaginer les musulmans s’inscrire dans une démarche citoyenne et oeuvrer pour le bien commun de la collectivité nationale indépendamment des croyances.

Il est temps que les musulmans fassent preuve de pragmatisme et d’humilité et épousent d’autres valeurs fécondatrices de paix et de dignité que celles prônées par leurs coreligionnaires fondamentalistes dont ils prétendent ne pas s’y identifier mais sans pour autant s’en démarquer.

Quand on se proclame d’une religion de paix, alors qu’étymologiquement l’islam signifie toute autre chose, on doit apporter des gages de sa bonne volonté, traduire ses paroles par des actes concrets et rassurants et non s’époumoner à le crier à qui veut bien l’entendre comme si on n’est pas convaincu soi-même par cela. Il s’agit surtout d’autosuggestion. L’action éclaire et la parole distrait et crée un écran de fumée.

L’islam ne dominera jamais le monde et certainement pas avec la violence terroriste et la barbarie qui le caractérisent dont sa majorité silencieuse s’accommode.Il y a bien eu d’autres systèmes de pensée qui se voulaient maîtres du monde et qui ont fini dans les caniveaux de l’histoire.

Ce que le monde attend de l’islam est sa contribution aux biens communs de l’humanité et non pour devenir son chef de file, alors que son wagon n’est toujours pas attelé au train du progrès humain. Avant de devenir une locomotive pour le monde, que les musulmans essayent de faire de lui une voiture conforme au modèle des voitures qui brillent par leurs performances techniques et technologiques.

Avançant à contre-courant de la marche de l’histoire, inactifs et impuissants pour positiver l’image de leur religion, ils ont beau seriner que l’islam n’est pas celui prôné par le wahhabisme, ils font eux-mêmes de l’islam une addition de statues et de momies fanatisées et lobotomisées capables de se muer en bombes humaines pour la gloire de Dieu afin de s’attirer ses bonnes grâces.

Salem Benammar

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