Il faut dénoncer les attaques contre la laïcité de toutes les religions

Il me semble qu’on mélange tout avec tout.
1 – Concernant les prières dans les rues (des islamistes ou d’autres), c’est tout à fait insupportable. Mais il est tout autant insupportable d’assister à des processions publiques (tout aussi illégales et pourtant autorisées) depuis quelques années de l’Eglise catholique, apostolique et romaine. Notamment à Paris, à l’occasion de Pâques.
Et que dire des médias avec leur tsunami d’eau bénite à Noël ou à Pâques ? Pourquoi les mêmes qui découvrent tout à coup la « Laïcité » n’ont-ils jamais dénoncé ces simagrées dans les rues de Paris ? Poser la question c’est y répondre.
2 – On évoque « l’islamophobie » (néologisme fabriqué apparemment pour détourner et retourner comme un gant le terme « d’homophobie ») Il s’agit d’amalgamer racisme et critique légitime des religions. A travers la dénonciation d’une prétendue « islamophobie », on veut réintroduire dans le droit français le délit de blasphème. Va-t-on condamner à nouveau le Chevallier de La Barre ? L’unanimité de TOUTES les confessions (« offusquées ») à l’égard des déclarations de la fille du borgne nostalgique de l’OAS semble aller dans ce sens. En tant que laïque, j’estime que tous les individus sont respectables. Mais toutes les opinions et religions ne le sont pas. Nous sommes en droit de ne pas respecter le nazisme ou le racisme, par exemple. Nous sommes en droit de ne pas respecter les croyances de l’islam ou du christianisme en les soumettant à la critique de la raison. La liberté de blasphème fait partie fondamentalement des libertés démocratiques.
En conclusion, fascisme islamiste et fascisme franchouillard se partagent le travail dans la provocation.
Si l’on prétend en appeler à la Laïcité, il faut aller au fond des choses. Dénoncer les prières et occupations de l’espace public et processions dans les rues, certes. Mais de TOUTES les religions : musulmans, juifs, protestants et tout particulièrement des adeptes de la religion plus puissante (et la plus riche, d’autant qu’elle bénéficie de fonds publics depuis 1959): l’Eglise catholique apostolique et romaine. Malgré les textes et la législation, on a vu le président d’une république officiellement LAIQUE (!) se prêter (en toute illégalité) à toutes les singeries imaginables en s’abaissant devant le chef d’Etat du Vatican.
Catholiques « bons » ? Musulmans « méchants » ? Deux poids, deux mesures au regard de la Laïcité ?
Avec mes salutations.
Francis Pallarés Aran
professeur agrégé d’espagnol.

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