Il faut le voir pour le croire ! Halte à la burqa !

Publié le 22 janvier 2010 - par
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Un cadavre, le cancer… tout le monde peut évoquer ces choses qui relèvent fondamentalement de la vie ou de la fin de la vie sans les avoir jamais vues : ce sont des abstractions évanescentes tant que par les cinq sens nous n’y sommes pas réellement confrontés.

Il en est aussi ainsi pour le tsunami de 2004 ou la catastrophe qui vient de ravager Haïti. Ces injustices « métaphysiques » que la nature sème allègrement à tous vents bien qu’elles débarquent chez nous par les médias peuvent encore sembler irréelles…

Idem pour la burka. Qui en a réellement vu ? Cela fait deux fois que je suis par hasard mis devant cette monstruosité. Une première fois dans une salle d’attente d’hôpital. Vraiment un Belphégor, vêtu de noir de pied en cap. Seul le visage apparaissait, fort beau par ailleurs mais triste et résigné, qui ne vivait que par ses yeux. Mon médecin (une femme) et moi, nous en avons ri (assez sottement car ce n’est pas risible) sans trop savoir qu’en penser.

Ce soir, gare de l’est, avec un ami Marocain nous avons eu droit à la totale. Un homme d’une quarantaine d’années, très couleur locale, rien d’apparence occidentale, chaperonnant une femme ensevelie totalement dans un linceul noir. Nous nous sommes arrêtés, complètement interdits par ce spectacle avant de nous en scandaliser et de laisser éclater assez haut quelques sarcasmes. Une image atroce m’a traversé l’esprit : Si on avait exécuté Violette Nozière, elle eût été conduite à la guillotine pour être coupée en deux, recouverte du voile noir des parricides.

C’était fascinant. Nous avons observé. Rien n’est plus cosmopolite qu’un hall de gare ou d’aéroport. La majorité des gens passaient leur chemin mais curieusement ceux qui se retrouvaient le plus interloqués c’étaient de jeunes maghrébins de banlieue ou bien qui filaient dare dare pour ne pas voir, ou ricanaient maladroitement pour se donner un semblant de contenance.

Une chose m’a intrigué : aucune conversation entre ces deux êtres. Une simple juxtaposition de deux créatures immobiles.
Mais qu’étaient-il en fait l’un pour l’autre ? La petite taille de cet être, réputé féminin, m’a induit à penser que ce pouvait être l’objet d’une horreur sans nom. Pourquoi pas une jeune fille réduite déjà à la plus abominable des servitudes par un parent, frère aîné ou père…

Nous, citoyens d’un pays libre et démocratique, nous ne pouvons, parce que nous ne le devons pas, supporter ce qui n’est – appelons un chat un chat – stricto sensu qu’une réduction en esclavage.
Et vous : qu’en pensez-vous ? Je crois que pareils comportements heurtent autant le cœur (par l’émotion qu’ils suscitent) que l’esprit (par la négation de la dignité humaine que notre civilisation doit normalement avoir définitivement conceptualisée)

Comment peut-on, en tant qu’homme, tuer ainsi sa sensibilité pour se mettre hors le genre humain ?

Michel Guerlinger

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