Il faut que nos députés lisent “Ma vie à contre-coran”, de Djemila Benhabib

Publié le 2 novembre 2009 - par
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Il paraîtrait, selon certains, qu’à Riposte Laïque, nous serions racistes, xénophobes, arabophobes, etc. etc. Ils ont raison : en voici les preuves.

Vers le printemps dernier, j’ai eu le plaisir et l’honneur, dans ces mêmes colonnes, de vous proposer un article sur Zahia Ziouani, musicienne et chef d’orchestre d’origine algérienne. Aujourd’hui, à la suite de son interview dans le Midi Libre du 29 octobre 2009, recueillie par le journaliste Yannick Philiponnat, c’est à une autre jeune femme d’origine algérienne que je voudrais consacrer quelques lignes : Djemila Benhabib.

Elle vient de publier un livre dont le titre à lui seul me paraît suffisamment significatif : « Ma vie à contre-coran »*. Ses déclarations sont limpides, notamment le fait qu’elle ne se proclame nullement anti-musulmane ni même islamophobe : « je suis de culture musulmane… ». Mais de préciser un peu plus loin : « Cette nouvelle forme d’islam (elle fait notamment allusion à “l’intrusion du religieux dans la sphère publique ” au Québec) est inquiétante parce qu’elle est revendicative, on est clairement dans le prosélytisme, loin de l’islam que j’ai connu, fait de modestie et d’humilité. » Il n’est presque pas utile d’ajouter de commentaires tant son propos se suffit à lui-même : « Mon grand-père était religieux, vice-président du tribunal d’Oran, et il n’a jamais revendiqué de salle de prière ! »

Djemila n’est pas du genre à tourner autour du pot, et dénonce sans ambiguïté le mélange des genres que pratique désormais cette religion : « Le problème, c’est que dans les mosquées, on ne fait plus de la religion mais de la politique ». A peu près ce que faisait la religion chrétienne au Moyen Age. Et quand elle évoque les rues de La Courneuve bloquées par la prière, elle considère, tout naturellement et, comme l’on dit, sans état d’âme, que «occuper l’espace public (NDLR : de la part d’une religion) est d’une illégalité absolue ».

Djemila va plus loin encore dans son analyse : « Je préfère que l’on construise des théâtres que des mosquées…Et tous les attentats perpétrés en France, ils se sont préparés où ? Dans les mosquées. » et là j’aurai une pensée pour Zahia Ziouani

Des théâtres, des salles de concerts, plutôt que des moquées : qu’en pensez-vous, ô chers libertaires soixante-huitards qui détestez le beau parce que c’est “bourgeois”? Et qui aujourd’hui volez au secours de l’obscurantisme le plus épouvantable?

Bien entendu, Djemila aborde la question du voile, et son propos demeure toujours aussi ferme, sans la moindre équivoque : « Je viens en France depuis quinze ans et, cette fois-ci, j’ai constaté une prolifération de voiles islamiques que je n’avais jamais vue. Tarik Ramadan a fait des dégâts, et on l’a laissé faire. Le voile, moi, en Algérie, jusqu’à mes quinze ans, personne ne le portait. » Témoignage intéressant non?

A l’inverse de nos bobos bien-pensants, Djemila Benhabib, qui sait peut-être un peu mieux qu’eux de quoi elle parle, ne considère pas le voile comme une chose secondaire, sans importance. Elle en perçoit parfaitement le caractère néfaste, rétrograde et délétère : « [le voile] est contraire à la valeur fondamentale de l’égalité. » Elle va même jusqu’à considérer, comme le fait Chahdortt Djavann dans « Bas les voiles », que le port du voile, même dans la rue, est « dégradant : et pour la femme qui serait une tentatrice et pour l’homme qui ne pourrait pas maîtriser sa libido ! ». Pas de faux-fuyant, pas de demi-mesure : « …c’est par les femmes, c’est par le voile que le projet islamique s’empare de la société. » Et de conclure par cette formule terrible : « Derrière le voile, il y a l’oppression, la polygamie, la lapidation et tout le reste ». Chahdort Djavann qui, elle aussi sait de quoi elle parle, ne dit pas autre chose : « J’ai porté dix ans le voile. C’était le voile de la mort.»

Malgré tout, la jeune femme ne désespère pas. Les signes de résistance qui se multiplient chez les victimes lui paraissent réconfortants, par exemple le fait que beaucoup d’Iraniennes portent leur voile « de plus en plus en arrière ». « C’est pour les Iraniennes, les Saoudiennes ou les Afghanes qu’il faut se battre. Ici, ça se banalise ! A Saint-Michel j’ai vu des burqas, c’est du délire ! »

Du délire en effet, de la part d’intellos et de politiques qui préfèrent laisser faire, au nom, comme de juste, de la liberté ! Du délire et de l’irresponsabilité. Ces gens-là, qui n’ont rien à dire sur le voile, sont des malfaiteurs, des suppôts de l’eslavagisme; ils acceptent sans broncher que l’on considère la femme comme un être inférieur!

La conclusion de son analyse est d’une éclatante lucidité : « Notre classe politique n’a pas apporté de solution adéquate à ce que vivent les jeunes, l’ascenseur social est en panne. Du coup, ils préfèrent se réfugier dans ces discours politico-religieux réconfortants de victimisation. » Remarquons au passage que le processus que décrit ici Djemila contient très exactement l’un des ingrédients les plus caractéristiques du développement de tous les fascismes : la pseudo-valorisation de gens ayant le sentiment de n’être pas grand-chose, en leur faisant miroiter les pouvoirs les plus malsains.

« En arriver à avoir des gens qui disent “je suis musulman” et non pas “ je suis français ” c’est effrayant…La solution : il faut fermer la porte à l’islamisme politique, le disqualifier même s’il y est déjà ».

Bravo et merci Madame! Pour votre courage d’abord, car il n’est guère douteux que vous prenez des risques. Pour votre témoignage sain, dépourvu d’une quelconque passion et ne pouvant être suspecté de racisme. Vous faites partie des gens qui pensent que la dignité de la femme, que l’émancipation de tout être humain, valent mieux que l’obscurantisme et le culte du morbide, le tout sans confondre laïcité et antireligion. Vous rejoignez Taslima Nasreen, Chahdortt Djavann et bien d’autres qui préfèrent vivre toute leur vie menacées de mort plutôt que de se taire sur l’intolérable, que d’accepter les veules accommodements que notre intelligentsia bobo préconise tout en nous traitant de “racistes”. Vous rejoignez les Lumières. Quelle leçon! Quelle réponse! « La femme est l’avenir de l’homme », chantait le poète. Un avenir que certains préfèrent voiler et cacher.

Yves Pialot

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A lire d’urgence : “Ma vie à contre-coran” par Djemila Benhabib, V.L.B. 19€.

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