Il gère le pays comme sa vie privée…

Publié le 16 janvier 2014 - par - 2 300 vues
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« Il gère l’Etat comme sa vie privée… »

C’est ce que me disait ce matin un ami, commentant la dernière conférence de presse du Président normal, qui fait jaser et gronder d’inquiétude dans le peuple.

Jaser et gronder, pour commencer

Jaser, parce que la toute récente nomination de la nouvelle « première Dame », dans une fonction officielle destinée à récompenser des artistes, vient amplifier les anciens murmures, le plus souvent désapprobateurs, au sujet de l’actuelle « première Dame » logée avec tout son secrétariat de sept personnes choisies par elle, dans une dépendance du Palais de l’Elysée, aux frais d’une République généreuse…

Jaser, et aussi trouver à y redire

Parce que si devenant bananisante, le république est si généreuse avec l’encore « première Dame », – déprimée par les amours affichés du Président, dont la normalité affective semble bien se rapprocher de celle du « bien aimé » Louis le quinzième (dont l’enterrement se fit de nuit et, néanmoins, sous les huées et les jets de pierres) – qu’elle paye encore, rubis sur l’ongle, sept collaborateurs de la Dame, à des prix qui ne sont peut-être pas ceux de la fonction publique, tandis qu’elle devient pingre avec le vulgum pecus, avec vous et moi.

Gronder, parce que même si l’école, de moins en moins républicaine – sous les coups de boutoirs des idéologues du pédagogisme- n’apprend plus grand-chose aux enfants de France, la grande majorité de ceux qui payent des impôts sait encore compter.

Aussi, quand dans son style oratoire si particulier, – qui n’a pas grand-chose à voir avec celui de Poincaré-, le Président annonce que son Plan d’aide à l’emploi passe par une petite révolution, que d’aucuns qualifieront non sans raison de contre-révolution partielle*1, tout le monde s’inquiète.

Beaucoup se disent : est-ce qu’il nous prend pour des ignares ? Tandis que d’autres, plus radicalisés, ou moins diplomates, commentent : est-ce qu’il pense que nous sommes devenus un Peuple de couillons ?

En effet, il a communiqué sa trouvaille du jour, notre bon Président normal : Les employeurs ne verseront plus de cotisations sociales basées sur les salaires, aux fins d’alimenter les caisses d’allocations familiales.

Alors qui paiera ?

Rassurez-vous, dira le Président. Rassurez-vous, cela ne retombera pas sur la fiscalité des familles. Mais alors, si ce ne sont pas les impôts des contribuables payant impôts qui se substituent, si ce ne sont plus les entreprises versant un salaire différé qui versent, qui va payer ?

Mais peut-être que nous aurons bientôt une nouvelle information ?

L’assurance maladie va être délestée du montant des sommes produites jusqu’alors par les cotisations des entreprises ?

Ce sera aux malades d’être moins malade. Les malades se porteront donc mieux et la sécurité sociale dépensera moins… elle pourra ainsi alimenter les caisses d’allocations familiales.

Super comme idée, vous ne trouvez pas ?

Ou alors, les allocations familiales seront purement et simplement supprimées ?

Le Président a parlé, le gouvernement va agir

Les yeux emplis d’admiration, ils étaient là, les ministres ; peut-être pas les 34, mais une bonne partie d’entre eux. Ils buvaient les paroles du successeur de « Tonton ».

Le Président a décidé

Normal, c’est le Président. Sa décision est nimbée d’un halo de mystère budgétaire ; normal, nous sommes entrés en normalisme. Les choses doivent être entourées de figures de rhétorique et de projets étranges, qui n’auraient pas déplu à Cagliostro ainsi qu’aux tenants de la cabale toujours à l’affût de signes annonçant les temps eschatologiques…et manifestant que sous le curieux, voire le pittoresque ou l’incompréhensible, il faut aller chercher une rationalité supérieure.

Mais peut-être que, comme me disait cet ami ce matin, « il gère la politique du pays comme il gère sa vie privée, en particulier sa vie sentimentale. » ?

Alon Gilad

 

*1 en effet, le salaire différé – conquis dans les années vingt du siècle passé, par le mouvement ouvrier en accord sur ce point avec une partie des employeurs, à savoir le patronat social-chrétien nataliste revendiquant de donner un salaire lié à la composition de la famille- se verrait sérieusement amputé.

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