Il n'y a pas de différence entre le voile et le burqa, il n'y a pas de différence entre l'islam et l'islamisme

« Vous savez ce que je pense du voile, mais alors la burqa c’est encore pire. Moi, je suis pour l’interdiction ». C’est Fadéla Amara qui parle ainsi. Elle dit ce que la plupart des femmes et des hommes attachés aux valeurs émancipatrices de notre pays pensent, elle dit ce que toutes les militantes et tous les militants des droits des femmes devraient affirmer haut et fort, ce que tous les responsables politiques promptes à défendre la parité et l’égalité des sexes devraient demander aux côté des 58 députés qui ont participé à l’initiative lancée par André Gérin.
Mais s’il faut interdire le voile intégral en France, pourquoi faudrait-il tolérer les autres voiles qui sont aussi des symboles de soumission que les femmes musulmanes portent comme des étendards, comme des marquages sexistes de leur communauté ? Si la burqa ou le niqab masquent les visages et transforment les femmes qui les portent en camisoles ambulantes, ce ne sont pas que ces tenues là qu’il faut interdire au nom de l’égalité des êtres humains, il faut interdire tous les voiles, toutes les formes de voiles quelque soient les noms qu’on leur donne, foulard, hijab, al-amira, shayla, khimar ou chador. Plus ou moins long, plus ou moins coloré, plus ou moins couvrant, peu importe la manière, peu importe le discours de celles qui disent l’avoir choisi en toute liberté.
Entre le simple foulard et le tchador, entre le khimar et la burqa, il n’y a de différence que pour ceux et celles qui n’ont pas compris que ce n’est qu’un affaire d’engrenage, qu’il n’y a qu’un pas vite franchit. La jeune musulmane qui porte le foulard aujourd’hui, portera la burqa demain, au nom du dogme. Rappelons-nous, lors de la campagne pour une loi contre les signes religieux à l’école publique, les « indigènes de la République » voulaient faire passer le bandana comme un voile tolérable dans les établissements solaires. Les législateurs ont bien compris que qu’entre le bandana et le voile, il n’y avait aucune différence. De même, la jeune musulmane qui se couvre la tête d’un simple voile coloré véhicule le même message politique que celle qui arbore la tenue intégrale. Sauf que cette dernière peut se prétendre meilleure en sagesse et en pureté, elle montre aux autres comment se comporte une « bonne musulmane ».

« La burqa ne représente pas simplement un morceau de tissu mais la manipulation politique d’une religion qui réduit les femmes à l’esclavage et va à l’encontre du principe d’égalité entre les hommes et les femmes ». Ce qu’aurait du ajouter à sa déclaration Fadéla Amara, c’est que tous les voiles que portent les musulmanes représentent « une manipulation politique » , que ce n’est pas quelques centimètres de tissus en plus qui rend le projet plus dangereux pour notre démocratie. Entre le voile et la burqa, il n’y a pas de différence. La prolifération du voile entraîne la prolifération de la burqa et sont, à quelques degrés d’écart, les signes de l’avancée sournoise d’un fascisme politico-religieux qui veut imposer ses lois en France et en Europe.
« La France doit dire « non » à la burqa et au voile, car elle a le devoir de dire « non » à ce qui humilie, assujettit et sépare, pour mieux dire « oui » à ce qui grandit, libère et réunit », écrivait très justement notre ami Maurice Vidal dans les colonnes de RL. « Interdire d’un même mouvement le voile et la burqa, c’est donc accomplir un acte d’essence humaniste »
http://www.ripostelaique.com/Peut-on-interdire-la-burqa-et.html
Depuis le premiers débats publics autour de la commission parlementaire sur la burqa, les opposants au projet de loi pour l’interdire minimisent au maximum le phénomène au prétexte que ces femmes qui le portent en France sont minoritaires (encore heureux) et qu’elles appartiennent à un islam fondamentaliste qui n’est qu’une dérive sectaire de la bonne religion, celle qui respecte les femmes. Bien voyons ! Depuis quand l’islam est elle une religion qui respecte les femmes ? Les intellectuels bien pensants voudraient nous faire croire à de telles sottises en éliminant d’un revers de manche la symbolique du voile. Les musulmans modérés seraient opposés à la burqa mais pas au voile. Et c’est bien ce qu’explique une Dounia Bouzar : « ce serait dramatique de lier le port du voile intégral à la religion musulmane (…) cela reviendrait à stigmatiser l’islam tout entier(…) Il ne faut pas avoir l’air de donner des leçons au monde musulman ». Autrement dit: les musulmanes qui se voilent intégralement sont des être psychologiquement fragiles (d’autant plus quand ce sont des converties) ; elles agissent comme des adolescentes en mal de vivre et qui cherchent à échapper au monde dérisoire qui les entoure ; elles sont mentalement manipulées par un discours « sectaire » ( promu par les vilains salafistes) qui incite à « l’auto-exclusion » ; il faut les remettre dans le droit chemin par le dialogue et la pédagogie, car une loi contre la burqa heurterait inévitablement la susceptibilité de l’ensemble des musulmans.
On est quand même en droit de se demander pourquoi une telle loi stigmatiserait tous les musulmans. Si les musulmans ne sont pas capables de faire la différence entre une loi contre la burqa et une loi contre le voile, c’est que la différence n’existe pas. Si les musulmans ne sont pas capables de condamner les dérives sectaires de leur religion qui donnent, selon eux, une mauvaise interprétation du Coran et enferment les femmes sous le voile intégral, c’est qu’ils n’y a pas de différence entre la pratique d’un islam qui serait acceptable et l’adhésion de certains à un islamisme qui ne le serait pas. L’islamisme n’est que la stricte application du Coran, donc de l’islam, et ceux qui se prétendent musulmans modérés prennent des libertés avec la lecture du Coran. Comme le disait l’humoriste britannique Pat Condell, « Nous respecterons l’islam le jour où il nous respecera. Mais si cela devait arriver, cela ne serait plus l’islam, c’est tout le problème ». Le voile et la burqa portent les mêmes stigmates d’une société archaïque où les femmes sont déclarées impures et ne sont que des sexes ambulants quand elles ne portent pas le voile.
S’opposer au port de la burqa ou du niqab sans s’opposer à tous les voiles islamiques, c’est oublier que sous le voile il y a le projet d’une société qui hait les femmes, le retour à « une civilisation arriérée, primitive, barbare, oppressive, dictatoriale, violant les droits de l’homme, traitant les femmes comme des bêtes », comme le dit sans ambiguïté la militante américaine d’origine syrienne Wafa Sultan.
Brigitte Bré Bayle

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