Il ne faut plus compter sur les institutions, chacun est livré à soi-même

Publié le 28 octobre 2020 - par - 13 commentaires - 1 120 vues
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La vertu essentielle est le courage. Il symbolise une conquête permanente.  Dans le cadre des représentants, il n’y a pas cette volonté féroce de garantir le fait que la parole populaire puisse être reflétée dans les institutions. Finalement, ce jeu de miroir fausse tout l’édifice démocratique. Rappelons que la République En Marche a été élue via le biais et la méthode que nous voyons depuis quelques années déjà, à savoir que la société bien-pensante refuse de voter le Rassemblement National à cause d’une étiquette de longue date. Diabolisation du parti, généralement, en rappelant les heures sombres de l’Histoire.

Si vous voulez, la difficulté c’est que nous sommes dans un régime politique qui se prétend de la démocratie. Vous n’êtes pas sans savoir que pour expliquer la démocratie libérale, la modernité revient à l’individu, explique que l’individu est un sujet libre et l’État ne peut se construire contre la liberté de l’individu, ne peut se construire contre cet individu unique, libéral. Il doit se construire autour, il doit même se construire pour lui. Forcément à la naissance de tout régime démocratique, la liberté d’expression est nécessaire. Puisque pour qu’il y ait une démocratie, il faut du pluralisme. C’est ça, l’édifice libéral.

On voit bien que nous sommes dans la dérive de l’autonomie et de l’indépendance. Vous avez des individus qui sont tellement émancipés qu’ils ne sont plus rattachés à rien. Dans le repli identitaire, on retrouve de quoi exister. Puisqu’ils projettent hors d’eux-mêmes tout ce qui les fait vivre,  ils veulent protéger hors d’eux-mêmes tout ce qui les fait vivre. Contre la démocratie libérale, on voit apparaître cette culture de la non-offense. Nous sommes dans une démocratie qui ne supporte plus la conversation, qui ne supporte plus la discussion, alors même qu’elle en avait fait une grande notion. Quand on lit les libéraux classiques, ils vous expliquent qu’il faut que toutes les opinions puissent s’exprimer. La concurrence fait que les idées meilleures triomphent. Même dans une situation de libre concurrence, les meilleures idées ne triomphent pas. Si dans les termes nous sommes une « démocratie », dans les faits, nous avons perdu bien des éléments qui la constituaient.

Dés 1789, la Révolution réfléchit la République. Et quand en 1792 et 1793, on renonce à la monarchie constitutionnelle pour penser la démocratie, on a en tête la souveraineté populaire. Il n’y a que des rousseauistes. Or on est rousseauiste, mais pas trop. On dit « oui » au peuple avec des représentants. On a peur du peuple. On a vu ce qu’il a fait à Paris. On va le museler, le cadenasser. Nous sommes dans une démocratie représentative qui continue à cadenasser le peuple, à le museler. Ceux qui ont lu Tocqueville savent qu’effectivement, dans un régime démocratique, est-ce qu’on peut aboutir à autre chose que cette tyrannie des groupes et des individus ? Quand l’autorité s’affaiblit, c’est la tyrannie des egos. La tyrannie des semblables. Cette bien-pensance, liée à la censure, veut tout contrôler. Les antifas estiment que l’extrême droite évolue dans le temps. Ils estiment que le fait de tolérer des intolérants est un crime. Leur argument est fondé sur un procès d’intention et absolument pas sur des arguments rationnels. À partir du moment où ces individus se considèrent appartenir au camp du Bien et que dès lors qu’on ne pense pas dans le cadre de leur vision, on appartient au camp du Mal. Il n’y a plus de pont possible.

La gauche se livre à plusieurs écueils dont le cloisonnement de la discussion. On a vu fleurir des clubs de discussion entre homosexuels, entre racisés etc. La gauche accorde, par la même occasion, une légitimité à une parole en fonction de l’identité de l’auteur. Deuxième niveau de cloisonnement. Ensuite arrive la violence. L’État se fait complice et permet les dérives. La démocratie, si respectée, correspond à la libre parole et l’égalité des droits pour tous. L’État est faible avec les forts, ou plutôt fort avec certains et faible avec d’autres. Désignant donc, par son action et sa non-action, ceux qui sont forts et ceux qui sont faibles. Puisque effectivement, il n’y a plus de réaction de l’autorité. Le cœur de mon analyse est qu’il ne faut plus compter sur les institutions, il ne faut plus les voir comme des structures pures et parfaites, qui seraient l’incarnation de la raison démocratique. Chacun est livré à soi-même. Ceux qui ne pensent pas dans le cadre de la « doxa » sont livrés à toutes les sauvageries et n’auront jamais voix au chapitre. On doit envisage notre rapport à l’expression publique sous cet angle-là. Pas sous l’angle de prendre pour acquis que nous aurions une place. Nous faisons partie d’un mouvement de résistance, et l’État n’est pas juste. Le jeu politique ne se constitue pas à partir d’un échange de la multitude des citoyens ayant tous vocation à prendre la parole les uns après les autres.

Le jeu politique, c’est des instances qui font en sorte que la parole puisse être portée. On peut mesurer, estimer et appréhender le discours sécrété dans les grands médias. Le plus gênant, c’est quand les discours sécrétés par les médias viennent façonner les discours et les formes de discours dans les repas de famille. Un tel va interdire à son cousin ou à son frère de penser, de parler, de s’exprimer et où finalement, toute bienveillance et toute civilité disparaît. La parole publique façonne les citoyens et la parole privée se voit restreinte par rapport à ce qui est considéré comme la parole publique acceptable. Une immense offre des idées et un marché des idées.

Malheureusement, certaines idées ne peuvent pas se présenter sur le marché pour être disponible. Plus on dézoome, plus on se rend compte que les idées ont une vie propre et elles infusent la société. Il me semble que jusque dans les années 2005, il était très difficile de parler d’immigration. Les immigrés étaient intouchables. De nos jours, les discussions sur l’immigration sont banalisées. Est-ce une victoire ? Eh bien oui ! Si les nationalistes veulent pouvoir jouir de la plus grande liberté d’expression possible, ils doivent travailler à faire en sorte que leurs idées infusent assez afin de désamorcer le domaine du verbe. Il y a tout simplement la vision d’un peuple qu’il faut rééduquer et conformer à la situation. On veut en faire une masse esclave. On s’arrange, y compris, en revenant sur des acquis.

Sur la marché du progrès, on récolte des acquis. Sur la marche du progrès, on avait acquis les libertés fondamentales. On a coutume dès le plus jeune âge d’encenser de grands événements en ce sens. Tout le monde a entendu parler de l’Édit de Nantes, ce grand Édit de tolérance en faveur de la liberté confessionnelle. On oublie que dans l’Édit de Nantes, il y a tout un paragraphe où on oblige, par la loi, à oublier. Oublions le passé, oublions les problèmes et repartons sur des bases saines. Texte n’étant pas tout à fait en accord avec l’esprit du temps et du devoir de mémoire. C’est bien une défiance du peuple vis-à-vis des représentants et des représentants vis-à-vis du peuple, qui conduit les représentants à s’accommoder de toute cette guerre faite au réseau de l’expression. On imagine que le peuple pourrait se détourner du chemin tracé. Je ne pense pas qu’il soit vain ici, de voir qu’il y a dans tous ces procédés une ambiance qu’on laisse proliférer à la manière d’une moisissure. Cette guerre vient corrompre jusqu’à l’ordre des mots.

Un crime n’est plus un crime et un crime n’est plus le même crime. Tuer un homme, c’est plus la même chose selon celui qui est tué. L’opinion s’y perd. Confucius insistait sur le fait de bien nommer les choses, de bien les voir, de bien les observer et de bien faire respecter l’ordre des mots. L’opinion se fracture, elle ne comprend pas. Il y a des fondamentaux dans son corps qui réagissent et ça ne passe pas.  Devant la montée inéluctable et inévitable des populistes ou du populisme, dont je peine à comprendre le caractère intrinsèquement odieux, ce n’est jamais une question d’argumentation, mais d’éducation. Populisme est égal à bêtise, donc il faut des écoles. Beaucoup d’études liées à la psychologie et la sociologie sont gangrenées par la politique de gauche.

Je rappelle sur les termes de la loi française, il est supposé que chaque professeur doit faire preuve de neutralité politique. C’est un peu comme le devoir d’exemplarité des fonctionnaires et des officiers royaux qui ne devaient pas s’enrichir sur le dos du roi. Et pourtant, ils l’ont fait. Quand vous n’avez pas de contrôle à exercer sur vos agents, ils peuvent se sentir pousser des ailes. Le rôle de la famille est de construire des enfants qui ne céderont pas devant les menaces. Vous avez beau lutter contre le monde réel, il s’impose à vous. Tableau de Raphaël, L’École d’Athènes. L’action est de refuser la parole et la tolérance à l’égard de ceux qui professent et cautionnent les choses intolérables. Ne plus être soumis à cette idée que vous seriez par nature celui qui ne peut s’exprimer. Contentez-vous d’être le chien qui ne peut courir. Le chien qui ne peut aller librement dans la forêt. Jean de La Fontaine, Le Loup et le Chien. Allons chercher, allons créer, allons conquérir la parole. L’inconfort nous oblige à nous dépasser, il est une source de stimulation qui nous oblige à penser.

La gauche s’est endormie. Elle aime le confort. L’intelligence qui est la nôtre est de trouver des passerelles. Le dialogue amène à la communauté. Le peuple cherche une unité. À la fin de certains débats, je suis galvanisé ! La politique se transforme en art. L’art de proposer une histoire, un récit. Mille et une possibilités de faire parler les chapelles entre elles. Malheureusement, beaucoup de gens n’osent pas dire ce qu’ils pensent, n’osent pas s’exprimer, ne savent pas s’exprimer et cela crée des limites informelles à la liberté d’expression.

Hassan Ejaaibi

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Notifiez de
Bp50

Excellente analyse et démonstration.

Maximilien

Les islamos gauchistes complices des islamistes pullulent dans tous les milieux. Il faut aussi se méfier de ces personnages hideux.

Résistance

Organisez-vous entres amis, regroupez-vous, seule façon de survivre à cette révolution planétaire programmée.

patphil

les gaulois réfractaires boudent les urnes ! comme le disait léopold sedar senghor, les peuples colonisés le méritent

quiditvrai

Et le peuple qui aura retrouver l’unité ; quant fera-t-il ?
Il s’assurera que l’unité de l’acceptation que c’est la majorité qui dirige dans une démocratie soit réfléter par les exécutants issus du processus électif.
Pragmatisme oblige le pouvoir s’exercera toujours en chair et en os par des représentants élus.
Il faudra juste être en mesure de les virer à tous moments mêmes avant la fin de leur terme pour rester en contrôlr de notre destinée.
Les choses doivent changer au gré du vent de l’opinion de la majirité en tout temps. LE TEMPS DES COMPTES QUOTIDIENS ET NON AU 5 ANS.

maja

Vous avez des individus qui sont tellement émancipés qu’ils ne sont plus rattachés à rien.

Qui dit mieux

Patapon

Émancipés et libres,croient ils?Rien de moins sur.Ils sont comme ces météores erratiques qui finissent en poussière

lessentiel

“Le plus sûr moyen de s’attirer la déception est de compter sur les autres.”
Rondro H Rakotobe

“Vous devez toujours essayer de compter sur vous-mêmes et non pas sur ce que les autres peuvent faire pour vous.”
Robert Baden-Powell

Royaliste

La démocratie, c’est le règne de l’individualisme. Chacun met du PQ dans l’urne selon SES intérêts. C’est pour ça que le droit de vote à un gros pouvoir d’attraction sur les égoïstes. Et les FM exploite le filon.

La démocratie ne marche qu’à l’échelle locale. AU DELÀ, C’EST UN MÉTIER. Et tout ce qui touche au Divin, c’est aussi un métier. C’est pour ça que la monarchie est le meilleur système :

– Noblesse pour tout ce qui est régalien
– Clergé pour tout ce qui est religieux
– Le tiers état pour tout le reste

– Démocratie à l’échelle locale
– Parlementarisme à l’échelle régionale
– Royauté à l’échelle nationale

Alors que là, nous avons :
– république maçonnique à l’échelle locale
– république maçonnique à l’échelle régionale
– république maçonnique à l’échelle nationale

geof'Rey

pq un type qui n’est que le descendant d’une brute a-t-il le droit de me commander ?

je préfère le modèle suisse : démocratie locale, confédération de régions.

un roi, il y en a un en Belgique – vous pouvez l’avoir !!!

Geof’Rey, neo-comuniste gaulois de Belgique

Royaliste

@ goef’Rey

– Les communistes sont moins violent que les rois ???
– Le régime politique Suisse est néo-communiste ???

Clovis était un Franc Païen, il s’est convertit au Christianisme grâce à son épouse Clotilde (Burgonde Catholique). Son baptême l’a fait passé de roi DES Francs à roi DE France. La France (+ la Belgique) est de facto terre du Christ-Roi. Nos rois ont donc la légitimité de gouverner car nos rois sont les Lieutenants du Christ.
Le communisme, la république et la démocratie sont des régimes exogènes. Il peut y avoir de mauvais rois mais la royauté reste le meilleur régime politique. Soyez fier de vos racines au lieu d’aller chercher de l’exotisme qui nous mènera tous au goulag.

Patapon

La France a été faite par ses Rois.Elle se défait sans son Roi.

Patapon

Monjoie Saint Denis.Vive le Roy.

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