Il n’y a pas que l’affaire Benalla qui fait chuter Macron dans les sondages

Publié le 1 août 2018 - par - 31 commentaires - 2 416 vues
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De Versailles aux Champs-Élysées, des Champs-Élysées à Moscou, le président a, entre le 9 et le 15 juillet, présidé trois manifestations : la première devant le Congrès où le monarque a tenté de justifier sa politique, la seconde où il présidait le défilé traditionnel des troupes aux Champs-Élysées, la troisième à Moscou où il assistait à la finale de la Coupe du Monde et, la victoire acquise, embrassait les joueurs à qui mieux mieux.

Mais une quatrième manifestation, inopinée celle-ci, et mettant en cause les services de l’Elysée, est venue, en juillet, bousculer la belle ordonnance. L’affaire Benalla ruinait tout à coup les ors de Versailles, la parade militaire et la vague populaire sportive sur laquelle Emmanuel Macron pensait surfer comme Chirac en 1998.

Comment un gorille du président avec lequel s’était instaurée une relation très forte, comblée de faveurs, lieutenant-colonel de réserve à 26 ans (pour les plus méritants et les plus engagés, c’est l’aboutissement d’une carrière se situant plutôt entre 40 et 50 ans), a-t-il pu jouer ainsi au casseur de manifestants, bousculer les hiérarchies et les services, pour se la jouer viril ? Mieux encore, cette affaire qui remonte au 1er mai a été occultée pendant plus de deux mois.

Certes, cette affaire est dérisoire eu égard aux dangers qui menacent notre pays mais elle est révélatrice de la conception que se fait le pouvoir du respect des institutions et de la vérité. Dire comme Emmanuel Macron que cela n’est qu’une « tempête dans un verre d’eau » n’est ni plausible ni courageux. D’ailleurs le président indirectement mis en cause malgré l’utilisation de certains fusibles qui n’ont pas si bien fonctionné, n’a toujours pas répondu aux questions touchant aux relations entre politique et services secrets. Il s’est contenté, après un silence prolongé, de s’expliquer devant ses troupes de béni-oui-oui qui l’ont applaudi à tout rompre.

Le dérapage d’un pouvoir qui, sous ses allures décontractées, souriantes, endormeuses, ne vise qu’à accroître sa puissance, le président aux manettes, la majorité jouant les utilités, se fait aveuglant.

Le Bénallagate a tout de même obligé le gouvernement à repousser l’examen de la réforme constitutionnelle, présentée comme devant améliorer les relations entre l’exécutif et le législatif, mais visant en fait à accroître un exécutif déjà hégémonique. La réforme constitutionnelle camoufle ici la réforme institutionnelle.

Le pouvoir macronien est rompu à la méthode sucette/gourdin, comme on l’a vu, par exemple, avec la réforme de la SNCF qui entendait mettre fin à certains avantages spécifiques aux cheminots, ce qu’approuvent majoritairement les Français, mais qui, par derrière, réorganisait le service en s’attaquant aux lignes secondaires non rentables, accélérant ainsi le déclassement de la France périphérique. On l’a vu aussi avec la réforme du Parlement : sous prétexte de diminuer le nombre de députés jugé pléthorique, on tripatouillait les circonscriptions pour éliminer nombre d’élus ruraux et faire la courte échelle aux candidats macronistes. Même chose avec l’Education nationale qui, sous l’autorité du rassurant Blanquer destiné à calmer les parents d’élèves en revenant aux fondamentaux, ferme, dans le même temps, nombre d’écoles rurales (plus de 1000 à la rentrée), que, dans sa campagne, le candidat Macron avait pourtant dites intouchables.

Quant à la nouvelle limitation de vitesse à 80 km/heure, elle est censée sauver des vies, ce à quoi on ne peut que souscrire, mais est-elle fondée ? Par contre, elle pénalise essentiellement les routes secondaires, c’est-à-dire le monde rural et les petites villes, et n’a aucune incidence sur les mégapoles reliées, elles, par des autoroutes, des trains performants et des vols réguliers.

On l’a vu enfin avec l’islam auquel le gouvernement dit vouloir imposer un cadre et des règles, ce qui est la moindre des choses dans un pays laïque et démocratique. Mais déjà Emmanuel Macron a montré le bout de son nez en déclarant, le 9 juillet, que « la République n’a aucune raison d’être en difficulté avec l’islam pas plus qu’avec une autre religion ». C’est mettre sur un même plan les autres religions avec une religion dont les fidèles rejettent bien souvent les lois de la République, pratiquent de plus en plus un communautarisme radical secrétant des terroristes. Catholiques, protestants, juifs ou encore bouddhistes ne formulent pas, me semble-t-il, pareilles revendications et respectent les mœurs et les lois du pays où ils vivent.

La loi asile et immigration qui vient d’être adoptée par la Chambre godillot ne propose que des ajustements et ne résout rien. Cette loi laxiste est apparue aux yeux de marcheurs bien-pensants et aux pudeurs de vierges effarouchées, comme attentatoire aux droits de l’homme et à la dignité humaine. Pourtant, cette loi entérine la décision du Conseil constitutionnel qui, au nom de “valeurs humanitaires”, ne sanctionne plus l’aide illégale que des passeurs bobos apportent aux clandestins pour franchir la frontière. Ainsi, de concert, gouvernement et Conseil constitutionnel entérinent une pratique illégale en la plaçant sous le parapluie humanitaire.

Et pendant ce temps-là les clandestins continuent à arriver alors que le pouvoir claironne que ceux-ci n’ont pas vocation à rester en France et seront renvoyés, mais les décisions de justice sont généralement sans suite et seule une minorité infinitésimale est expulsée, les autres disparaissant des radars et attendant le moment où ils seront naturalisés. Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, la France, selon Guillaume Peltier, « a accueilli 400 000 étrangers » et il y a aujourd’hui 600 000 migrants dont l’Italie ne veut plus et qui se massent à  nos frontières. Ce n’est pas la loi asile immigration qui va déboucher sur des mesures efficaces. Derrière les envolées macroniennes se poursuit la déferlante migratoire et s’accentuent l’invasion islamique et le grignotage du pays.

Si l’affaire Benalla éclaire un peu plus sur les pratiques de la prétendue « République exemplaire » et le mépris dans lequel une caste (qui ne représente, rappelons-le, que 20 à 30% du corps électoral), tient celles et ceux qui n’obéissent pas aux mêmes appétits et aux mêmes “ambitions”, et qu’elle qualifie volontiers de populistes ou de ringards, elle montre aussi une arrogance envers celles et ceux qui n’obéissent pas à ses “valeurs” : mobilité permanente, goût de la réussite à n’importe quel prix, enrichissement, déracinement au profit d’un mondialisme échevelé…

Mais les sondages nous rappellent que l’image de Jupiter se dégrade rapidement et que de moins en moins de Français font confiance à un président aux bavardages rarement suivis d’effets. Rappelons-nous que la distance n’est parfois pas si grande entre le Capitole et la roche Tarpéienne.

Max Chaleil

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31 réponses à “Il n’y a pas que l’affaire Benalla qui fait chuter Macron dans les sondages”

  1. Vent d'Est, Vent d'Ouest dit :

    Je reviens à nouveau du site le Figaro et je vois ceci, donc mea culpa , article réservé aux abonnés : http://www.lefigaro.fr/politique/2018/08/02/01002-20180802ARTFIG00226-affaire-benalla-dans-le-secret-de-la-war-room-de-l-elysee.php

  2. Vent d'Est, Vent d'Ouest dit :

    De Rugy cherche activement le lanceur d’alerte sur l’affaire Benalla, qu’il qualifie de « taupe ». Pour ma part, j’espère qu’il y aura d’autres « taupes » pour d’autres affaires malsaines issues de ce gouvernement malodorant. qui sortiront. À force d’avoir le nez dans les immondices élyséennes espérons que les Français seront encore de plus en plus nombreux à se réveiller et qu’ils sauront cette fois prochaine « voter » et non « veauter ».

  3. Vent d'Est, Vent d'Ouest dit :

    Par curiosité, un petit tour sur le site du Figaro aujourd’hui : canicule et autres réchauffements climatiques et ses effets sur la France, faits divers, un peu de politique avec Theresa May qui appelle à son secours le locataire de l’Élysée au sujet du Brexit. L’affaire Benalla semble enterrée dans les méandres de la bien-pensance nauséabonde.. Pour de l’information, c’est de l’information !

  4. Fleur de Lys dit :

    G.-W. Goldnadel : « Si les informations du Parisien sont confirmées, cette affaire de perquisition chez Benalla est énorme ! » (AUDIO)

    http://www.bvoltaire.fr/g-w-goldnadel-si-les-informations-du-parisien-sont-confirmees-cette-affaire-de-perquisition-chez-benalla-est-enorme/

  5. dom dit :

    Finalement j’aimerai être comme tous ces Français lobotomiser et profiter du reste de ma vie dans un petit village paisible ( faut juste le trouver ) . Car finalement on aura beau palabrer des jours durant , on subit et on ne vit pas !

  6. DUFAITREZ dit :

    Panorama sans cible précise, dommage !

  7. karaoui dit :

    Arx tarpeia Capitoli proxima est !

  8. jeannot dit :

    D’après les « sondages », on nous annonce des baisses continuelles de popularité du présipote de 4 %, 8%, 12% etc… « Les français sont en colère »….Et pourtant, il est toujours aux alentours de 37 %, 39 %, 42%, voire plus… Si Coluche était encore de ce monde, il pourrait dire : « On ne se foutrait pas un peu de notre gueule ? »

  9. BALT dit :

    Bonne conclusion.
    L’élection de Macron a été une énorme erreur. Ceux qui ont voté pour lui devraient se taire pour toujours.

  10. Jacquelin dit :

    «  »f Faire chuter macron dans les sondages «  » avez vous écris….mais c’est du haut de son trône ou 23% de traîtres l’ont fixé qu’il faut qu’il chute

  11. Marc dit :

    « … des trains performants… » Où ça, en France ?

  12. patphil dit :

    les français sont tellement avachis qu’ils n’auront pas la force de réagir!

  13. Une patriote dit :

    Le faire chuter des sondages c’est bien, MAIS L’EJECTER DU POUVOIR RAPIDEMENT C’EST MIEUX !

  14. Sylvie Danas dit :

    La limitation de vitesse à 80km/h ne sauvera aucune vie, et personne à part les idiots dépourvus de toute compréhension des statistiques ne le pense. Il s’agit juste d’un gadget autoritaire, destiné à vérifier que le bon peuple est bien endormi et incapable de se révolter, même contre une oppression arbitraire et absurde. Ce qui a marché. CQFD. JupHitler peut poursuivre sa marche vers le totalitarisme en dormant sur ses deux oreilles…

  15. Aux Armes Citoyens dit :

    Moi, j’ai signé une pétition contre les 80 km/h.
    Est-ce que j’ai tort ? Je l’ignore.

    • patphil dit :

      oui, il fallait attendre que la vitesse soit réduite à 50km/h, le nombre d’accident chuttera alors considérablement… en attendant les 30km/h?

    • rebelle dit :

      tu n es pas le seul à l avoir signé !! nous savons tous que c est un piège à fric! pendant ce temps micron et sa prof se sont fait creuser une piscine et on commandé de la vaisselle!

  16. Joël dit :

    « de moins en moins de Français font confiance à un président »
    Ils auraient du « gérer » leur confiance avant de voter les yeux fermés.
    Ces électeurs me font penser à ces personnes âgées qui se laissent abuser par de faux employés du gaz ou autres escrocs.

  17. Be cool dit :

    Clair et bien resume….sauf que on fait quoi vu que les opposants s etripent et que rien ne parait a k horizon pour changer de macron

  18. Jacques RIT dit :

    « Rappelons-nous que la distance n’est parfois pas si grande entre le Capitole et la roche Tarpéienne »
    Que l’aventure de Marcus Manlius Capitolinus arrive également à M. Macron ? C’est une probabilité interressante !