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Benjamin Duhamel, fils de Patrice et de Saint-Cricq, neveu d’Alain…

Notre pays est actuellement secoué par une vague populiste qui voudrait nous faire croire que le défi climatique n’est pas la priorité des Français. Heureusement, nous pouvons compter sur les médias pour rétablir la vérité. Depuis quelques semaines, un journaliste très prometteur du service politique de LCI nous livre, aux côtés de David Pujadas, des analyses dont on ne saurait mettre en cause l’impartialité, notamment concernant les « Gilets jaunes » : Benjamin Duhamel. Oui, Duhamel !! Pour beaucoup, ce nom résonne comme un vieux sparadrap dont on n’arriverait pas à se défaire (pour les lecteurs de Tintin, c’est dans « l’Affaire Tournesol »). L’Association de défense de l’audiovisuel public écrit d’ailleurs à son propos : « Pas de problème pour trouver du travail pour le jeune Benjamin Duhamel, fils de Patrice Duhamel, ancien Directeur général de France Télévisions sous l’ère Carolis et de Nathalie Saint-Cricq, actuelle responsable du service politique de France 2 ». Que de calomnie !!

Il est vrai que rares sont les journalistes de 24 ans à se voir confier une chronique sur une chaîne  comme LCI. Mais ce jeune homme n’est pas un débutant. En juin 2013, âgé seulement de 19 ans, il cosignait déjà un éditorial dans Libération pour défendre Clément Méric, victime de la barbarie fasciste. Refusant tous les conformismes, Benjamin Duhamel écrivait alors :

« Ainsi, donc, en France, on meurt, de nouveau, de politique ; on tue, en France, pour crime de syndicalisme ; on tue, en France, pour crime de gauchisme ; on tue, en France, pour crime de pensée, d’opinion, de militantisme ». À moi, Guy Môquet !!

Certes, en cas d’attaque dirigée contre sa propre personne, Benjamin aurait vraisemblablement pu bénéficier de la protection de son tonton Alain (Duhamel) qui, ça doit être un pur hasard, sévit dans ce journal depuis 1992. Mais quel courage, ce Benjamin !! Va-t-il suivre les pas d’un oncle dont on subit périodiquement, depuis notre enfance, les apparitions télévisuelles, comme reviennent les rendez-vous chez le dentiste ? En soutenant Bayrou en 2007 puis la candidature de Strauss-Kahn cinq ans plus tard, Alain Duhamel a montré qu’il était un visionnaire. Benjamin a hérité de cette clairvoyance en élargissant tout de même un peu la taille du râteau pour ratisser plus large. Il indique ainsi sur son profil Facebook aimer, entre autres, Macron, Fillon, Valls, Hollande, Juppé, Cambadélis, Montebourg, Mélenchon, Le Foll, Rebsamen et… Hillary Clinton.

« … On tue, en France, pour crime de pensée… » Benjamin ne risque pas de mourir tout de suite.

Pour mettre toutes les chances de survie de son côté, on apprend, grâce à TéléObs, que devenu président en 2015 de Sciences Po TV, il a réussi à faire participer David Pujadas et Anne-Sophie Lapix au clip de promotion de ce webmachin. Toujours dans le cadre de cette TV de la future élite, il a animé en 2017 la Nuit de la présidentielle de Sciences Po avec le fameux Ali Baddou, d’abord ami de Mitterrand fille et (feu) père, puis aujourd’hui personnage omniprésent de la scène médiatique.

« On tue, en France, pour crime de gauchisme«  Là aussi, ça devrait aller pour Benjamin-Gavroche.

Bien sûr, son père Patrice s’est illustré lors de la « révolution » de 1968… mais du bon côté du manche. Wikipedia nous révèle qu’il était « l’un des meneurs de la manifestation de soutien au général de Gaulle et criera « la France aux Français » bien avant la création du Front national. (Source : INA) ». À la décharge de Patrice, certains de ceux qui étaient soi-disant du mauvais côté ont parfois grassement fini leur carrière de rouge dans un « squat » doré bruxellois.

En 1974, à l’aube de l’ère Giscard, le père de Benjamin devient chef du service de politique intérieure de TF1 et occupera, 30 ans durant, des postes à responsabilités dans la presse écrite, audiovisuelle et radiophonique. Patrice Duhamel, qui avait pour bras droit à la direction du Figaro Patrick de Carolis, deviendra à son tour son adjoint lorsque Carolis sera nommé PDG de France Télévisions en 2005. Le philosophe Vladimir Jankélévitch ainsi qu’une célèbre enseigne de vêtements pour enfants résument ça par la formule : « Du pareil au même ».

Nathalie Saint-Cricq, la mère de Benjamin, ne risque pas non plus de nuire à la carrière de son brillant fiston. Nommée chef du service politique de France 2 en 2012, elle appartient à une famille bien implantée dans le monde de la presse. Selon Wikipedia, « la famille Saint-Cricq est l’un des deux actionnaires majoritaires du groupe Nouvelle République du Centre-Ouest, qui édite le journal du même nom, quelques autres titres de presse écrite et possède 40 % des parts de la chaîne TV Tours Val-de-Loire. Son frère, Olivier Saint-Cricq, est à la tête du directoire du groupe ». Ouf, nous voilà rassurés pour l’avenir du petit !!

Car même si bébé Duhamel montre des appétences pour la révolution prolétarienne à la sauce de la rue Saint-Guillaume (adresse de Sciences Po), comme si on faisait passer du Champomy pour du Jack Daniel’s, maman veille au grain. Ainsi, selon TéléObs, « les relations entre l’équipe Chabot et certains ténors de la droite sont, à une époque, tellement au beau fixe qu’un jour, Xavier Bertrand, président de l’UMP, propose à Nathalie Saint-Cricq de devenir son attachée de presse. L’intéressée refusera poliment. « . Il n’aurait plus manqué qu’elle lui crache à la gueule !!!

Mais revenons à Benjamin. En 2017, il est stagiaire au service politique de RTL puis journaliste pigiste sur la même station. Cette courte séquence de la longue carrière de tapis rouge qui ne manquera pas de se dérouler devant Benjamin a été l’occasion pour le jeune homme de retrouver son tonton Alain Duhamel, éditorialiste sur RTL depuis 1999, qu’il avait déjà eu l’occasion de croiser (fortuitement !) à Libération 4 ans plus tôt. Hasard, quand tu nous tiens !!

Puis, à partir de 2018, LCI ouvre grand les bras à Benjamin pour intervenir dans une émission présentée par Pujadas. Il est sympa, ce Pujadas, d’accueillir le fils de celui qui fut son Directeur général lorsqu’il officiait sur France 2. Et à tous ceux qui parlent « piston », « renvoi d’ascenseur », « copinage » et « magouilles », nous répondons : « Liens du cœur », tout simplement.

Autant de choses que les mâles blancs provinciaux de plus de 50 ans, arborant un gilet jaune, ne pourront jamais comprendre ! Ils préfèrent tuer des automobilistes aux abords des ronds-points plutôt que de sauver la planète en roulant en voiture électrique.

Lorsque le président Macron est interviewé par Pujadas en octobre 2017,  lorsque Nathalie Saint-Cricq co-anime le débat Marine Le Pen /Emmanuel Macron entre les deux tours de la dernière présidentielle, ou encore quand Benjamin Duhamel évoque les Gilets jaunes sur LCI, on éprouve comme un léger malaise… C’est plus insidieux qu’une volonté délibérée des médias de mentir au peuple, plus sournois. On a le sentiment d’un espace clos, où règne la consanguinité entre la sphère du pouvoir et celle de l’information. À la limite, les « journalistes » n’ont même plus besoin de mentir. Ils sont le Mensonge.

Jean-Christophe Comet