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Il y a 81 ans, 33 771 Juifs étaient massacrés à Babi Yar près de Kiev !

Non ! Je ne prononce pas une affabulation. Vous ne faites pas un mauvais cauchemar. Ils n’ont mis que 36 heures pour exterminer ce peuple d’enfants, de vieillards, de femmes et d’hommes bien sûr. Car oui ! Il s’agissait d’un peuple ! Un peuple naïf allez-vous dire ! Mais qui pouvait concevoir ce qui allait lui arriver ? C’était au-dessus de l’entendement de tous les êtres humains à cette époque. Bien sûr, il y avait eu les massacres d’environ 40 millions de personnes par Genghis Khan, soit 17 % de l’humanité de l’époque ; la pyramide formée de 90 000 têtes humaines par les soldats de Tamerlan à Bagdad ; les horreurs de la Guerre de Trente Ans et j’en passe ! Mais tout cela, c’était il y a bien longtemps. Maintenant, l’humanité s’acheminait cahin-caha vers le bonheur généralisé, pensaient tous les gens !
Imaginez, c’est comme si une bande de 5 ou 600 policiers entrait soudainement dans la ville de Marignane, près de Marseille, et tuait un par un les 33 658 habitants. Et encore ! Sans leur faire subir auparavant ce que les Juifs à Babi Yar ont subi de la part de la Einsatzgruppe C, une unité nazie mobile de tuerie par balles et leurs collaborateurs ukrainiens issus de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) : à savoir se prendre d’horribles coups de bâton, être obligés de se déshabiller complètement, et d’aller au fond du ravin se coucher sur les cadavres de leurs frères déjà fusillés !
Nombreux en ce monde disent que la nature est belle et ils vont même jusqu’à l’appeler Mère Nature. Moi, je ne la vois que comme un peintre impressionniste. C’est vrai que les couleurs qui se confondent au printemps et en automne sont belles, que leur intensité en été est envoûtante. Mais derrière ce spectacle du monde magnifique qui n’est en fait qu’un rideau trompeur, il n’existe qu’une seule réalité : la guerre d’extermination incontournable de tous les êtres entre eux. Spinoza a écrit : « Les poissons sont déterminés par la Nature à nager, les grands poissons à manger les petits ; par suite les poissons jouissent de l’eau, et les grands mangent les petits, en vertu d’un droit naturel souverain ».
 
Depuis la seconde diaspora, c’est-à-dire le saupoudrage général des Juifs à travers le monde, en l’an 70 après la domination romaine, ceux-ci sont devenus alors les petits poissons que les gros poissons qui les entourent dévorent quand bon leur semble. L’histoire du peuple juif est un très long chapelet d’exterminations successives. Les Juifs avaient le choix : ou se fondre dans la population générale où ils se trouvaient mais alors, ils n’étaient plus juifs ; ou alors, conserver leur judéité par la préservation de leur religion et des mœurs en découlant mais dans ce cas, du fait de leur distinction, ils devenaient la proie de leur entourage considéré, dans l’ordre naturel des choses, comme leur prédateur occasionnel puisque toujours, ils ont été une minorité, c’est-à-dire encore une fois petits poissons ! C’est la chanson du grand Brassens : « Non, les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux ». Rien n’a changé pour ce pauvre peuple : ni la Haskala qu’on a appelé les Lumières juives, qui fut l’effort entrepris pour se rapprocher du monde des non-Juifs, les goyim, oubliant que le Juif, même le plus laïc, garde toujours en lui sa judéité ; ni le sionisme avec la création d’Israël, petit poisson d’État dans l’océan islamique qui ne pense qu’à l’engouffrer. Voilà ce qu’avait vomi Yasser Arafat après les accords d’Oslo du 9 septembre 1993 : « Les Palestiniens recevront tout territoire qu’Israël leur remettra, puis l’utiliseront comme tremplin pour procéder à d’autres gains territoriaux jusqu’à ce qu’ils obtiennent la libération totale de la Palestine, la liquidation de l’État juif »… c’est-à-dire l’extermination des petits poissons juifs.
Dans les deux ans qui suivront, c’est-à-dire jusqu’à la libération de Kiev le 6 novembre 1943 par les Soviétiques, d’autres milliers de Juifs ainsi que d’autres nationalités dont des tziganes, soit 100 000 personnes, seront massacrés à Babi Yar. Un peu avant, les nazis affolés feront brûler les corps, ce qui peut être interprété comme un second massacre ! Mais le petit poisson juif n’en finira pas d’être petit poisson importun. Les Soviétiques se foutront de lui comme de leur première chemise. Il sera noyé dans le grand océan de la Patrie soviétique sans qu’on fasse cas de son calvaire particulier, c’est-à-dire de son holocauste. Le site même de Babi Yar sera effacé par l’élévation d’une digue retenant sur lui une masse d’eau et de boue qui devait avec le temps s’assécher. Cela ressemble presque à… un troisième massacre, hypocrite celui-là, comme le fut toujours le bolchevisme combattant soi-disant pour la justice de tous les hommes. Fut-ce une revanche d’Adonaï quand la digue céda le 13 mars 1961, entraînant la mort des nombreuses personnes qui vivaient autour ? Il n’empêche, les autorités soviétiques procéderont au comblement du ravin en y déversant cette fois des millions de tonnes de terre… et aujourd’hui, l’endroit est un quartier résidentiel !
Mais ce n’est pas tout. Depuis l’indépendance de l’Ukraine, les gouvernements successifs ont négligé totalement le massacre de Babi Yar. Au contraire, ils ont même élevé au rang de héros nationaux ceux-là mêmes qui avaient aidé les nazis à perpétrer l’infamie, les gens de Bandera avec son OUN et son Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). Et encore le cauchemar ! Quatrième massacre en quelque sorte ! C’est vrai, le président actuel du pays, Volodymyr Zelinski, qui n’a jamais caché son identité juive, est venu commémorer les victimes de Babi Yar en avril 2021, ce qui ne l’a pas empêché de prononcer un jour la phrase suivante : « Le fait que je sois Juif se place à peine en vingtième position de ma longue liste d’erreurs ». Faudrait-il voir là exprimé le complexe du petit poisson… voulant se faire passer pour un poisson normal ? Et puis, ce qui peut paraître renversant, dégueulasse même eu égard à la mémoire des martyrs de Babi Yar, c’est comment Zelinski peut-il aujourd’hui glorifier des cliques nazis comme Azov et autres ? Pourquoi Zelinski, Juif lui-même, s’inscrit-il dans ce quatrième massacre de ceux qui sont normalement ses frères ?
Ah ! Comme il serait heureux de croire à l’affirmation du poète grec ancien Hésiode qui avait écrit : « Telle est la loi que le fils de Saturne a imposée aux mortels. Il a permis aux poissons, aux animaux sauvages, aux oiseaux rapides de se dévorer les uns les autres, parce qu’il n’existe point de justice parmi eux ; mais il a donné aux hommes cette justice, le plus précieux des biens ». Mais les Juifs, eux, ne peuvent pas adhérer à cette magnifique naïveté car ils savent bien tout au fond de leur âme et par leur histoire multimillénaire que l’homme a été, est, et sera toujours une bête sauvage qui ne pense qu’à le dévorer et qui se fout éperdument de la soi-disant justice car eux, ils ont toujours été, sont et seront toujours des petits animaux fragiles exposés.
« La raison du plus fort est toujours la meilleure » commence La Fontaine dans sa fable Le Loup et l’Agneau. Mais il y a de multiples stratégies pour vaincre le plus fort ! Israël le sait qui utilise l’intelligence et la ténacité, cette volonté débordante de vie qui caractérise le judaïsme. Mais aujourd’hui, Israël, comme la France, est victime de la déchéance LGBTQI et du wokisme. Il lui faut urgemment se relever pour pouvoir demain – et pour l’éternité ! – honorer non seulement ses morts de Babi Yar, mais aussi ses millions d’autres massacrés au cours des millénaires. Car si elle continue de perdre le goût à la vie, c’est sa vie elle-même qu’elle perdra et définitivement. Israël, nous te supplions : reste pour nous ce modèle qui a su combattre le nazisme hier et l’islam aujourd’hui !
Je finirai ce texte en citant un passage du poème du Russe Evgueni Evtouchenko :
Sur Babi Yar bruissent les herbes sauvages.
Les arbres regardent, terribles juges.
Tout ici hurle en silence,
Et moi, tête nue,
je sens lentement
mes cheveux grisonner.
Et je suis moi-même
un immense hurlement silencieux
au-dessus de ces mille milliers de morts.
Je suis
chaque vieillard fusillé ici.
Je suis
chaque enfant fusillé ici.
Rien en moi n’oubliera jamais cela.
Philippe Arnon