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« Il y a charia et charia », ou quand l’idiot utile BHL dit la même chose que Tariq Ramadan

Caroline Fourest nous avait déjà expliqué que la charia était une transition nécessaire en Libye. Avec une telle « antiraciste », les juifs, les homosexuels, les femmes et autres victimes de l’islam n’ont qu’à bien se tenir…

On connaît encore davantage l’implication du très médiatique Bernard-Henri Lévy dans le « printemps arabe » libyen. Tête baissée, il a foncé pour soutenir le CNT, dont on connaît désormais la composition : 1/4 d’AQMI (Al Qaïda au Maghreb islamique), 1/4 d’autres islamistes, 1/4 d’anciens kadhafistes, et seulement 1/4 de peu ou prou démocrates.

Mais peu importe, notre autoproclamé « philosophe » de salon n’a point hésité à serrer les pognes les plus méprisables pour se faire mousser devant les caméras. Par exemple celle de Abdel Fattah Younès, ex-ministre de l’intérieur de Mouammar Khadafi, qui a supervisé directement les tortures ignobles infligées aux infirmières bulgares et au médecin palestinien (ici en treillis sur la photo) :

Mais aussi celle du désormais célèbre Mustafa Abdeljalil, « président » du CNT, qui était tout simplement le juge de la cour suprême libyenne qui a condamné à mort par deux fois ces infirmières bulgares et ce médecin palestinien, tous accusés d’avoir introduit le virus du sida en Libye :

Drôle d’« amis » et de « démocrates » pour un BHL qui se prétend défenseur des droits de l’homme !

Et voilà que ce fameux Mustafa Abdeljalil, après le lynchage de Kadhafi, déclare tout de go que la législation du pays sera fondée sur la charia (loi islamique). Il a notamment cité en exemple la loi sur le divorce et le mariage qui, sous le régime de Mouammar Kadhafi, restreignait la polygamie et la répudiation. « Cette loi est contraire à la charia et elle n’est plus en vigueur », a-t-il clairement expliqué.

On voit donc tout de suite ce que signifie « charia » pour cet individu, puisqu’il prend en exemple deux mesures allant contre le droit des femmes, comme si c’était une priorité de la « nouvelle » Libye. Un peu embêtant pour notre BHL soi-disant « droitsdelhommiste » ! Et évidemment on guettait avec intérêt sa réaction aux propos de son nouvel pote libyen. Celle-ci a eu lieu en trois temps.

Tout d’abord et aussitôt, le 24 octobre, l’AFP appelle le « résistant » de salon, qui répond en feignant la surprise : « Qu’il y ait un affrontement démocratique entre libéraux et fondamentalistes, adeptes d’un islam moderne et d’un islam conservateur, c’est normal, c’est la règle et seul l’ordre de fer du kadhafisme pouvait s’y opposer ». « Attendons, maintenant, l’issue de ce débat. J’imagine mal, personnellement, les femmes de Benghazi (est), les jeunes révolutionnaires internautes, les chebabs (jeunes combattants) qui ont sauvé Misrata, les berbères du Djebel Nefoussa (ouest), les défenseurs des droits de l’Homme, accepter la férule d’une conception archaïque de la Loi ». « Je les imagine encore moins, après tant de sacrifices, après ces huit mois de combat exemplaire pour la liberté et les libertés, après ces 42 ans de dictature dont ils sortent exsangues mais la tête haute, renoncer à leurs propres conquêtes. »

Quel charabia et quelle candeur ! Croire que des dirigeants musulmans voire islamistes n’allaient pas appliquer la loi islamique !

Second temps, le 26 octobre, BHL publie sur son blog un billet signé Liliane Lazar qui dit en gros : reportez-vous à ce que BHL a dit à l’AFP, et pour le reste achetez son nouveau bouquin « La guerre sans l’aimer » où vous trouverez les réponses à vos questions.

Et point d’orgue, Bernard-Henri Lévy finit par des « explications » en signant une étonnante chronique dans « Le Point », le 3 novembre, qui vaut son pesant de langue de bois et d’aveux.

1. Selon BHL, Mustafa Abdeljalil a dit ça comme ça, sans y croire vraiment, comme « un gage donné à la minorité de combattants islamistes » (ah bon, il y en a donc dans le CNT ?) « dans la chaleur d’un meeting », et « quand bien même il aurait exprimé le fond de sa pensée », ça n’a aucune importance, puisqu’il ne n’agirait que d’un « vœu » personnel qui n’engage aucunement le CNT.

2. BHL nous donne ensuite une leçon d’exégèse et de théologie musulmanes : « il y a charia et charia », tout comme il y aurait « djihad » et djihad, « fatwa » et fatwa. Il ne faut pas voir le mal partout ! La charia ne serait aucunement la loi islamique, mais simplement une « voie » très ouverte aux musulmans avec interprétations multiples. Ah bon ? La répudiation et la polygamie décrétées par Mustafa Abdeljalil ne seraient donc qu’une « voie » parmi d’autres ?

Et BHL ose traiter ceux qui s’indignent des paroles du président du CNT de « mauvaise foi » (sans jeu de mots) !

3. BHL noie le poisson en nous expliquant qu’il faudra du temps à la Libye pour sortir du kadhafisme et devenir « une patrie des droits de l’homme » (sic !) Et il appelle à la rescousse Solidarnosc et Poutine, et même la Terreur française. Mais il est sûr de son coup : « je connais assez les hommes et femmes qui, à Benghazi ou Misrata, ont voulu cette révolution pour savoir qu’ils ne se laisseront pas confisquer leurs droits conquis de si haute lutte. »

Curieusement, l’assertion « il y a charia et charia » ressemble étrangement à l’argumentair
e de l’islamiste Tariq Ramadan dans un débat récent face à Alain Finkielkraut dans l’émission de France 3 « Ce soir ou jamais ».

Bernard-Henri Lévy et Caroline Fourest ne sont donc que les parfaits idiots utiles des Tariq Ramadan et autres fanatiques de la charia qui tentent de nous enfumer en nous faisant prendre les vessies islamistes pour des lanternes démocratiques.

Roger Heurtebise