Il y a plus de 50 ans, j’ai soutenu le FLN : je le regrette aujourd’hui

Publié le 7 novembre 2011 - par - 1 414 vues
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Je veux témoigner ici du fait que certains de nos compatriotes, français d’origine, ont un comportement qu’on peut assimiler à celui des islamistes intégristes par leur rejet viscéral de la liberté d’expression. Pour moi, ce sont les intégristes de la bien-pensance.

C’est au nom de celle-ci que je me suis trouvée carrément ostracisée par des militants d’Attac et de Repaire, à Aix en Provence parce que j’avais simplement exprimé ce que tout le monde peut constater concernant l’islamisme intégriste. Mais voilà, à notre époque, il y a des vérités qui ne sont pas bonnes à dire !
Et cela me ramène des années en arrière lorsqu’en Algérie j’exprimais mon soutien aux révolutionnaires algériens au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. A cette époque aussi je me suis heurtée à la pensée unique et j’ai bien failli être tuée car j’étais sur la liste noire de l’OAS, comme je l’ai appris plus tard par un ami qui en faisait partie et qui avait plaidé ma cause, ainsi que par mon ancienne voisine. Ah si j’avais su qu’après nous avoir chassés, ce que je comprenais puisque je les soutenais, ils nous suivraient (chose que je n’aurais pas faite, par dignité) et que, « cerise sur le gâteau », ils nous nargueraient, je crois bien que je me serais abstenue de prendre des risques il y a plus de 50 ans !

Mes regrets sont d’autant plus grands qu’ils ont laissé leur pays à l’abandon. Je l’ai entendu dire par une Oranaise qui avait participé à leur révolution et qui s’exprimait en ces termes dans l’émission « Nous autres » du vendredi 28, je crois, à 20 h. sur FRANCE-INTER. « Les murs, disait-elle, sont décrépis et la ville (Oran) se délite » et elle ajoutait, concernant les émigrants « ce sont des lâches ». Moi aussi j’ai pu constater il y a 5 ans, cette dégradation d’un pays que nous avions laissé en bon état et j’en ai été bouleversée.

A présent j’ai une pensée émue pour tous ces « pieds-noirs » qu’on assimilait à d’affreux colonialistes et qui n’étaient que d’humbles travailleurs lorrains, comme mes ancêtres ayant dû quitter leur pays après avoir opté pour la nationalité française suite à l’annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne, ou des chômeurs (eh oui, déjà !) venus des pays méditerranéens et qui sont repartis comme ils étaient arrivés, totalement démunis après avoir perdu le fruit de leur labeur. Oui, j’ai pitié d’eux qui ne voulaient pas quitter un pays où ils étaient nés et qu’ils avaient mis en valeur et qui constatent la colonisation rampante de la France par ceux mêmes qui leur avaient enjoint de partir ainsi que l’abandon de cette Algérie qu’ils ont tant aimée.

Je terminerai par une citation de BOUALEM SENSAL en 2002 : En un siècle, à force de bras, les colons ont, d’un marécage, mitonné un paradis lumineux. Seul l’amour pouvait oser pareil défi…Quarante ans est un temps honnête, ce nous semble, pour reconnaître que ces « foutus colons » ont plus chéri cette terre que nous qui sommes ses enfants »

Germinal

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