Il y a vraiment un choc de civilisations sur le droit des femmes

La remarquable Wafa Sultan expliquait, selon elle, la réalité de l’affrontement entre l’islam et l’occident : « Le conflit auquel nous assistons n’est pas un conflit de religions ou de civilisations. C’est un conflit entre deux opposés, entre deux époques. C’est un conflit entre une mentalité qui appartient au Moyen-Âge et une autre qui appartient au XXIe siècle. C’est un conflit qui oppose la civilisation au retard, ce qui est civilisé à ce qui est primitif, la barbarie à la raison. C’est un conflit entre la liberté et l’oppression, entre la démocratie et la dictature. C’est un conflit entre les droits de l’Homme d’une part, la violation de ces droits de l’autre. C’est un conflit qui oppose ceux qui traitent les femmes comme des animaux à ceux qui les traitent comme des êtres humains. Ce à quoi nous assistons aujourd’hui n’est pas un conflit de civilisations. Les civilisations ne s’affrontent pas ; elles se complètent. »
Sur les femmes, comment mieux illustrer la phrase « c’est un conflit entre ceux qui les traitent comme des animaux et ceux qui les traitent comme des êtres humains. » J’ai été bouleversée par la vidéo, mise par un progressiste égyptien sur internet. On y voit notamment, dans son pays, des images insoutenables, montrant une foule d’hommes agressant physiquement des jeunes femmes, qu’un courageux cherche désespérément à protéger de la foule (1). Cela fait vraiment penser aux pogroms.
Tout au long du reportage, on voit l’agressivité de toute une frange de la population masculine, expliquant bien sûr que si les femmes se font agresser, et violer, c’est qu’elles le cherchent. Une journaliste raconte son agression en plein jour. Bien évidemment, les islamistes récupèrent l’affaire, en disant que si la charia s’appliquait, et donc si le voile était obligatoire, tout cela n’arriverait pas. Lueur d’espoir, quelques étudiants, sorte de Ni Putes Ni Soumises égyptiens, mènent une campagne pour le respect des femmes. Lueur d’inquiétude, la femme de Moubarak est montée au créneau, pour relativiser la gravité de la situation, la résumant à quelques rares agressions. Le nationalisme arabe, dont le cœur se trouvait en Egypte, a dû oublier quelques passages sur l’égalité hommes-femmes dans sa doctrine !

Je ne pouvais m’empêcher, ce matin, à Marseille, de penser à cette vidéo, qui m’a fortement marquée. Je faisais mon footing, toute seule, sur la corniche. J’ai croisé plusieurs centaines de coureurs, et plusieurs milliers de passants. Parmi les coureurs, j’ai à peu près compté 40 % de femmes, de toutes générations. La plupart d’entre elles étaient en short, et portaient un tea-shirt léger, les bras nus. Il y avait toute la représentativité de Marseille, hommes et femmes issues de toutes les cultures, qui couraient. Je n’ai pas vu, ni entendu, un seul commentaire graveleux, de la part des milliers d’hommes que j’ai croisées, contre la tenue d’une femme. Certes, de temps en temps, un regard masculin pouvait être plus appuyé devant une silhouette de femme, mais dans quelle société serions-nous si les hommes n’avaient plus le droit de nous regarder avec admiration, voire avec envie ?
Je ne pouvais oublier, en regardant ce paysage magnifique de la corniche marseillaise, à la luminosité exceptionnelle, ces femmes égyptiennes, qui, parce qu’elles ne portent pas le voile, risquent à tout moment une agression physique en pleine rue, voire un viol. Je pensais au travail de mon amie Annie Sugier, sur la mixité aux Jeux Olympiques, aujourd’hui encore refusée par une dizaines de pays islamiques. Je songeais à cette offensive du voile dans l’athlétisme, que nous avons constatée à Pékin. Et je ne pouvais m’empêcher de serrer les poings de colère en songeant à ceux qui nous racontent que tout se vaut, et qui refusent d’admettre une quelconque supériorité des valeurs universalistes, qui s’expriment en occident aujourd’hui, face aux pratiques moyen-âgeuses de l’islam. Dans aucun pays européen, on n’agresse des femmes pour leur tenue. Dans les pays musulmans, c’est de plus en plus souvent la tradition.
Mais la France progresse-t-elle, sur ce terrain, ou régresse-t-elle ? Je vais répondre sans détour à cette question, quitte à froisser tous les laïques bien-pensants. En France, en 2009, l’islam fait régresser les droits des femmes, et hélas, je crains que cela ne soit qu’un début. Je ne dis pas que toutes les violences faites aux femmes viennent de l’islam, je sais que tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint (et un homme tous les quinze jours), et je sais fort bien que tous les violeurs ne se réclament pas de l’islam. Mais c’est cette religion qui remet au premier plan, de manière revendiquée, un statut de la femme inférieur à celui des hommes, en France et dans toute l’Europe.
La semaine dernière, mon ami Maurice Vidal racontait un entretien inquiétant, révélé par un film tourné dans un centre du Planning familial (2). On y entendait deux jeunes garçons issus de l’immigration raconter que les filles qui allaient au Planning étaient des salopes, et que les garçons devaient les frapper pour les en dissuader. On les entendait dire que « chez eux », la virginité au mariage était obligatoire pour les femmes, que sinon c’était le déshonneur.
Cette semaine, dans le même registre, on a appris que des jeunes filles, à Genève, qui, après un cours de gymnastique, rentraient dans leur collège, se sont fait agresser par des jeunes garçons qui sortaient de la mosquée, aux cris de « Sales blanches ! Vous n’avez pas honte de sortir ainsi ! » (3)
J’ai traversé, après être rentré chez moi, le quartier de Noailles, à Marseille. Je n’aurais pas osé le traverser dans ma tenue d’athlète, avec mon short et mon débardeur. Nous étions dans un autre monde. Que des femmes voilées, que des commerces hallal, beaucoup de barbus, et très peu de personne européanisées. J’étais dans une enclave musulmane, comme il y a en d’autres à Marseille, et on se croyait davantage de l’autre côté de la Méditerranée qu’en France.
Dans l’après-midi, je suis allée sur une plage de naturistes. Là encore, toutes les origines étaient présentes, et il y avait autant de femmes que d’hommes. Là encore, aucun problème, pas de police religieuse pour nous pourrir la vie. Je me posais cette question : au vu de l’évolution de Marseille, ma fille, dans 20 ans, pourra-t-elle aussi facilement accéder à cette plage, si elle le souhaite ?
Wafa Sultan, femme d’origine syrienne, expliquait ce qu’elle avait découvert, en arrivant aux Etats-Unis : la liberté ! Elle racontait avec beaucoup d’émotion ce qu’était le droit de sortir seule dans la rue, de parler librement avec un passant, ou de boire un café seule à une terrasse de café, quand on a connu la charia toute son enfance. Autant de gestes du quotidien qui sont possibles en occident, et impossibles dans les pays musulmans.
Dans notre pays, de plus en plus de jeunes filles portent le voile pour ne plus être agressées, verbalement ou physiquement, par les garçons. De moins en moins de jeunes filles, dans les quartiers islamisés, pratiquent le sport. Celles qui osent porter la jean, ou pire la jupe, sont souvent insultées, et des proies pour subir des violences sexuelles. J’ai de plus en plus peur que des quartiers de plus en plus nombreux de la France ne ressemblent à l’Egypte, et que les combats que nous avions gagnés dans les années 1980, sur la contraception, l’avortement, le viol, ne soient de plus en plus remis en cause, au pays de Simone de Beauvoir. A cause de l’islam, et de ceux qui le laissent nous pourrir la vie, même si cela est politiquement incorrect de le dire, je le crie !
Josette Mossol
(1) http://www.tagtele.com/videos/voir/37461/
(2) http://www.bivouac-id.com/2009/05/04/sexualite-nouvelle-france-nouvelles-moeurs-video/
(3) http://www.lematin.ch/actu/suisse/fideles-humilient-collegiennes-121492

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