Ils signent contre la lapidation mais ne connaissent pas les mots « charia » et « islam »

Dans le sillage de Bernard Henri Levy, un certain nombre de vedettes du milieu artistique et des grands noms du monde politique ont décidé d’écrire leur prose en soutien à Sakined, l’Iranienne incarcérée depuis 5 ans dans la prison de Tabriz, et qui doit être lapidée dans les jours prochains, fin du ramadan oblige. On ne peut qu’approuver cette démarche. Que Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Isabelle Adjani, Jane Birkin ou Carla Bruni Sarkozy s’engagent pour une telle cause est indiscutablement respectable. Mais qu’y a t il dans leurs écrits à part l’indignation devant cette condamnation barbare « contraire à la dignité de l’être humain…qui nous fait revenir aux âges obscurs de l’humanité » selon les propos de VGD, à part les grandes déclarations de compassion et de solidarité qu’on peut lire dans les lettres que ces « grandes dames » ont adressées à Sakineh ? Lisez leurs déclarations, vous ne trouverez jamais les mots « charia » et « islam ».
Bien sûr tout cela est émouvant. Ils y sont allés de leur belle plume avec l’élan du cœur et les mots bien enrobés du pathos propre à la médiatisation de toutes les tragédies du genre humain. Bien sûr, la pétition lancée sur le blog de BHL porte des signatures de personnalités politiques française (et comme l’avait annoncé sa chère épouse au grand cœur, Sarko a déclaré en faire une histoire personnelle, ce qui contribuera sans nul doute à redorer son blason) et internationales qui, on peut l’espérer, feront poids sur les juges Iraniens. On ne peut qu’applaudir cette initiative et se réjouir de voir certaines signatures comme celles d’Ayan Hirsi Ali, de Salman Rushdie ou de Taslima Nasreen. Mais on est en droit d’attendre, de cette mobilisation sans précédent, une prise de position plus radicale de nos élites vis-à-vis d’une religion qui s’appelle l’islam et qui, en France, comme dans tous les pays d’Europe, sème les germes d’une société archaïque qui détruira nos valeurs occidentales en imposant la charia, par une terreur sournoise envers les musulmans « modérés » et la manipulation de nos bonnes consciences droit-de-l’hommistes.
Dans la lettre rédigée par Isabelle Adjani, comme celle que notre Carla nationale a envoyée à Sakined, il y a tous les ingrédients pour émouvoir et pour ne laisser personne indifférent. Ce sont des messages poignants, pleins de sollicitude et de compassion, adressés à une femme musulmane condamnée à une mort atroce, victime parmi tant d’autres, de la barbarie des mollahs. En voici quelques passages :
« Sakineh, votre nom bat dans mon cœur, et mon cœur bat en vous écrivant. Votre nom est sur toutes les lèvres et se murmurera à faire crever les tympans des juges qui restent sourds aux gémissements des femmes dont vous êtes l’irréductible figure de liberté. Vous êtes la vraie femme, cruellement riche d’une possibilité inédite: celle qui charnellise un sens de la justice qui donne au monde entier un frisson de révolte; celle qui lui arracherait la peau si nous n’étions pas capables de vaincre l’obscurantisme délibéré d’hommes enragés par la puissance de votre existence », écrit Isabelle Adjani. Et oui, c’est très beau tout ça, c’est terriblement touchant, ce sont des paroles bouleversantes, il n’y a rien à dire. Mais, personnellement, je me demande à quoi servent ces belles formules emberlificotées ? Que va comprendre, cette femme qui attend d’être lapidée, à la lecture de cette lettre ? Et« charnellise », ça veut dire quoi, (ça se traduit comment en langue perse ?) ?. Où est passée l’Isabelle Adjani de « la journée de la jupe », celle qui a contribué, par son talent d’actrice et l’intensité du rôle qu’elle jouait dans ce film, à faire passer un message fort à toute la société, celle qui a dénoncé, par ses prises de paroles sans langue de bois, les dérives d’un système éducatif en proie à la violence des petites frappes ? Il aurait fallut, non seulement qu’elle écrive cette lettre dans un style plus simple, mais mieux encore, qu’elle ait également l’audace de publier une déclaration virulente contre les barbus qui tentent de divulguer la charia en occident. Mais, bon, il ne faut pas leur en demander trop, à nos stars de show businesse soit disant « engagés ». Dénoncer la lapidation c’est déjà bien. Signer la pétition pour sauver Sakineh, c’est encore mieux. Mais remettre en cause l’islam, religion « de paix et d’amour » qui hait les femmes en Iran comme partout ailleurs, c’est prendre trop de risques. Qu’on soit rassuré, Isabelle Adjani, comme les autres artistes signataires de cette pétition, ne « stigmatisera » pas les musulmans.

La lettre de Carla Bruni mérite qu’on s’y attarde un peu : « Vos yeux pleins de douleur et de dignité, votre front, votre cerveau, votre âme… transformés en cible pour des lanceurs de pierres, explosés, pulvérisés, en miettes! Effroi et consternation ! Je ne vois pas le bien qui peut sortir de cette cérémonie macabre, quelles que soient les justifications juridiques avancées. Répandre votre sang, priver vos enfants de leur mère, mais pourquoi? Parce que vous avez vécu, parce que vous avez aimé, parce que vous êtes une femme, une Iranienne? Tout en moi se refuse à l’accepter. Vos juges doivent le savoir, Sakineh, votre nom est devenu un symbole sur la planète entière. Puissent-ils comprendre que, quelle que soit l’époque, quel que soit le lieu, ils ne pourront jamais se laver les mains d’un tel crime? Je suis fière de vivre dans un pays où la peine de mort a été abolie. Longtemps, elle a fait partie de nos lois, et je peux vous dire que cette abolition fut une victoire démocratique, très importante pour l’ensemble de notre peuple. Du fond de votre cellule, sachez que mon mari plaidera votre cause sans relâche et que la France ne vous abandonnera pas ». On croit lire une litanie contre la peine de mort en Iran. La « première dame de France » sait s’apitoyer sur le sort de cette pauvre Sakineh, son indignation est une réaction partagée par toutes les femmes et tous les hommes libres du monde civilisé, mais de là à affirmer que Sakineh est un symbole pour la planète entière, je me permets d’en douter. C’est oublier que le monde n’est pas peuplé que de gens humainement « normaux », c’est oublier qu’un certain nombre de pays islamisés appliquent les lois de la charia au quotidien et traitent les femmes comme des esclaves. Carla Bruni ne sait sans doute pas, non plus, ce qui se passe dans son propre pays où de plus en plus de jeunes musulmanes sont contraintes au mariage forcé, au viol organisé sous couvert d’arrangement familial, où les crimes d’honneur sont traités comme des faits divers, où les violences contre les femmes perpétrées au nom de l’islam ne sont pas que des anecdotes de comptoir.
Cette mobilisation pour sortir Sakineh de l’enfer est de taille, loin de moi l’idée d’en critiquer la démarche, si cette femme peut être sauvée, tant mieux. Et pourtant je ne peux réprimer un fort sentiment de malaise en pensant à toutes ces femmes violentées, mutilées, assassinées au nom du coran, et pour lesquelles aucune manifestation d’indignation n’a eu lieu, à toutes celles qui seront oubliées et qui seront seules face à leurs bourreaux. Et quand je vois certains noms comme celui de Martine Aubry dans la liste des signataires, celle qui favorise la propagation de l’islam dans notre pays, celle qui encourage la discrimination en réservant des piscines aux musulmanes, celle qui reçoit Tarik Ramadan et compères, celle dont le mari, Jean-Louis Brochen, se fait l’avocat des islamistes, je suis profondément écœurée.
Il y en a à foison, des belle causes à défendre loin de chez nous. Il y en à la pelle de ces bien pensants capables des plus beaux élans humanistes quand il s’agit de sauver une femme de la lapidation. Mais quand ceux là collaborent ouvertement à la destruction de nos valeurs occidentales et déroulent le tapis rouge aux pieds des islamistes, quand ceux là refusent le vote d’une loi contre le voile intégral et participent à la propagation de la charia dans notre pays, il y a de quoi s’inquiéter sérieusement pour l’avenir de la France.
Je ne signerai donc pas la pétition pour sauver Sakineh même je souhaite vivement qu’elle porte ses fruits, mais l’idée, glanée sur le web, d’échanger Sakineh contre une Belphégor bien de chez nous du genre « c’est ma liberté c’est mon choix », me plait beaucoup. Qui oserait demander cela ? Certainement pas nos dihmmis de la politique et du show business…
Brigitte Bré Bayle

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