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Ils veulent en finir avec Taddéi, qui invite trop de mal-pensants

Tandis que l’ombre de Dieudonné plane encore sur le crépuscule de la France libre – avec tout le mal que je pense du susnommé –, Frédéric Taddeï, le nouvel homme à abattre, va bientôt, si j’en crois la rumeur persistante, « goûter » à l’ire gouvernementale et se voir autorisé à ne parler que tard dans la nuit audiovisuelle, laissant place à de plus futiles et inoffensifs programmes.

C’est bien pratique, il officie sur France 2, groupe télévisuel qui est possession de l’appareil d’Etat. Adieu promesses de ne JAMAIS intervenir dans ledit groupe : Taddeï doit tomber car il invite de mauvaises gens qui ont de mauvaises pensées. La voici donc la censure véritable, celle qui refuse la réflexion hors des sentiers battus, se gausse des orateurs pour leur préférer gladiateurs et tribuns !

Ce soir (ou jamais) – dont il ne faudra peut-être bientôt plus retenir que la dernière partie de phrase – constituait le seul espace de parole contradictoire ; polémique, peut-être, sans intention d’y céder. On y croisait le pire et le meilleur comme une image non-tronquée de la société. On y parlait de sujets autrement mieux qu’ailleurs, débattus avec une rigueur nostalgique des grandes heures de la controverse.

Ce qui était trivial là ne l’était plus ici. Les divergences s’entrechoquaient sans les fards de la bienséance d’apparat, c’est vrai. Chacun avait le temps d’exposer ses vues sans être continuellement interrompu par des comiques hilares. Le présentateur y veillait. Les débats se tenaient avec plus de hauteur intellectuelle que sur d’autres plateaux télévisés où l’on subit de pathétiques foires d’empoigne. Les invités avaient une obligation de résultat ; entendez : d’argumentation. Impossible de lancer un bon mot  et d’attendre son effet avec autosatisfaction : il fallait s’expliquer. Impossible d’empêcher le mal-pensant de se justifier : chacun avait droit à la parole. Car Taddeï savait tenir ses invités, les limiter dans le cadre du débat.

J’y trouvais mon compte souvent, parfois non. Je trépignais de rage à y « rencontrer » Houria Bouteldja – ennemie majeure de mes convictions –, mais je me serais scellé les lèvres plutôt que de hurler à son éviction. J’apprenais qu’il n’y a rien de mieux pour combattre ses adversaires que les laisser se démasquer en toute liberté. N’est-ce pas là la raison qui fait s’agiter Caroline Fourest – prêtresse antichrétienne et adolescente tardive –  contre Taddeï ? Elle qui tord les faits comme un fer rouge pour l’adapter à son sabot crotté de mensonges !

Il fallait impérativement en finir avec ce Taddeï qui déclara un jour ne pas avoir de problème avec la perspective d’inviter un représentant du Bloc identitaire, par exemple. Ce même Taddeï, dont je n’ai jamais entendu la moindre prise de position définitive comme se le permettent beaucoup de ses piètres collègues, n’était occupé que par la confrontation des idées. Il respectait assez l’intelligence du spectateur pour qu’il se forge son opinion autrement qu’à la lumière trompeuse des calomnies semées ça et là pour étouffer celui qui ne pense pas comme il se doit.

Alors, quand bien-même nos divergences de vues étaient manifestes, je me permets de vous saluer pour votre excellence intellectuelle qui m’élevait dans ces sphères inatteignables par les incultes censeurs qui vous préféreront toujours les jeux du cirque, bien plus inoffensifs que la réflexion !

Et en manière d’oraison – s’il est avéré que l’émission Ce soir (ou jamais) est reléguée à la nuit –, lorsque l’on me demandera ce qu’il en est de l’authentique controverse française, qui nourrit tant d’idées dans notre histoire, je répondrai, comme l’Aigle de Meaux : « Madame se meurt, Madame est morte. » Dixit !

Prochaine étape, une fois les médias traditionnels jugulés : Internet, le Léviathan tant craint par l’ordre socialiste !

Charles Demassieux