Immigration : ce sont aujourd’hui les syndicats ouvriers qui aident les capitalistes

Publié le 28 janvier 2014 - par - 981 vues
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Le 29 janvier doit avoir lieu un meeting organisé par la CGT, la FSU, Solidaires, l’Unef, l’Unl, la Fidl sur le thème contre l’extrême droite, pour le progrès social et l’égalité des droits.
Le programme est alléchant :
1/ Les impostures sociales du FN et de l’extrême droite.
2/Droits des femmes et de l’homosexuel-les/préférence familiale. Le FN a changé son discours et ne parle plus directement de « renvoyer les femmes à leur foyer ». Cet atelier s’intéressera au programme du FN et montrera que l’extrême droite reste fondamentalement traditionaliste, sexiste et homophobe.
3/Les lutte des peuples en Europe, contre le chômage, la précarité, l’austérité et l’extrême droite.

Rappelons à nos camarades de la CGT quelques déclarations anciennes qui fondèrent le rapport entre ce syndicat et les immigrés.

Ainsi dans la Vie ouvrière en 1922 : « C’est là une question qui nécessite une étude sérieuse de notre part — étude qu’il nous faut faire en nous dégageant d’une certaine confusion qui pourrait nous valoir d’être qualifiés de » superpatriotes ».
Bien souvent, en effet, il a fallu que les ouvriers français fassent entendre de vives protestations contre l’emploi immodéré de la main-d’oeuvre, sans qu’on puisse pour cela les suspecter de nationalisme. S’ils protestaient, c’est parce que le chômage existait déjà en France et qu’il augmentait encore la venue de nouveaux ouvriers étrangers.
Si, actuellement, nous nous élevons encore contre cet emploi immodéré de la main-d’oeuvre étrangère, c’est que le gouvernement, derrière lequel se trouve le patronat, tout en ayant repoussé, pour la reconstruction des régions dévastées, la venue de quelques centaines d’ouvriers allemands, promet, par ailleurs, aux entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics, la venue de 300 000 ouvriers d’Italie, de Pologne, de Tchécoslovaquie, etc. Pourquoi repousser les uns et offrir les autres ? Il y a une explication claire de ce petit jeu : les ouvriers allemands qui devaient venir étaient syndiqués ; ils auraient travaillé directement pour le compte des sinistrés, sans que les Loucheur et autre Chouard puissent tirer un quelconque bénéfice de la reconstruction. (…)

Cette main-d’oeuvre, c’était de la bonne affaire et de plus elle allait permettre de tenir en respect ces « éternels rouspéteurs que sont les ouvriers français.

On ne s’est pas préoccupé des conséquences : le chômage, ça n’intéresse sans doute pas le patronat. Mais, il faut que les organisations ouvrières, elles s’y intéressent. Un apport de main-d’oeuvre étrangère aussi formidable que celui qui est prévu pour les régions dévastées ne peut qu’augmenter la crise actuelle dans de grandes proportions. Il est du devoir immédiat des syndicats français de s’élever énergiquement contre cette mesure. On ne peut pas en l’occasion nous taxer de chauvinisme. Nous estimons que » la terre est à tous ». Mais nous ne voulons pas qu’il soit permis de se servir ouvriers étrangers pour nous affamer, là où le hasard nous a fait naître. (…)

Ce qu’il nous faut faire pour conclure, c’est empêcher qu’on fasse venir, dans les régions où le chômage sévit, de la main-d’oeuvre, parce que le premier résultat de sa venue serait d’affamer la main-d’oeuvre française. (…)
« La Vie ouvrière » journal de la CGT, 3 février 1922.

Mais amusons-nous un peu sur le dos de nos camarades.

Dans le journal «Le Socialiste Ardennais, 29 mars 1931, de la section socialiste de Fumay -Ardennes».

« Sans avoir le moins du monde la prétention d’atteindre la hauteur de vue de nos chers compatriotes et adversaires en matière économique, nous pouvons dire néanmoins que les travailleurs étrangers ont été appelés en France par les chefs réactionnaires, ces capitalistes de toute nature, qui préféraient au double point de vue obéissance passive et moindre salaire ces travailleurs aux ouvriers français (un peu frondeurs nous dit nord-est, merci pour eux ! Ce n’est pas tout à fait la traite des blancs, mais presque, qu’ont organisé les comités des Forges et de Houillères ? Ce n’est pas tout à fait le servage… mais il s’en faut de peu. “

Une véritable analyse de classe du rôle de l’immigration, dont le seul objet est bien de vouloir peser sur les salaires et les conditions de travail des travailleurs français, mais de plus aujourd’hui, cette masse d’immigrés n’est pas une immigration de travail, mais une immigration de peuplement pour remplacer le peuple français.
Mais allons plus loin dans le rire mauvais. Au moment de la crise des années 30 en France, en 1932 le gouvernement radical-socialiste présidé par Pierre Laval, propose comme première solution pour diminuer le chômage, de renvoyer chez eux des ouvriers polonais, il est approuvé par le groupe des députés SFIO [socialiste] dont le président est Léon Blum, 200.000 Polonais rejoindrons leur pays.
Voici le courrier adressé par leur amicale au président du groupe socialiste. Léon Blum

‘La Société des ouvriers polonais en France, dont le siège est à Lille, nous a communiqué la lettre qu’elle a adressée, le 10 décembre, 1931 à M. Léon Blum, président du Groupe socialiste à la Chambre des Députés :

La Société des ouvriers polonais, après avoir rappelé comment et dans quelles circonstances l’émigration polonaise a contribué à relever l’économie française aussitôt après la guerre, poursuit :

» Les ouvriers polonais en France sont occupés principalement dans les mines de charbon, de fer et de potasse, dans l’agriculture, dans les usines d’accumulateurs, aux hauts fourneaux et partout où l’ouvrier français a déserté pour trouver mieux. Ainsi, la Compagnie des mines d’Ostricourt occupe environ 75 % de Polonais et le pourcentage de nos compatriotes dans d’autres compagnies s’élève en moyenne à 40 % de travailleurs du sous-sol. Nous ne croyons pas que les chômeurs français des grandes villes seraient disposés à descendre dans la fosse pour remplacer les Polonais. De plus, nous ne pensons pas que, dans les industries préférées des ouvriers français, la proportion des ouvriers polonais soit notable. Le contrôle des étrangers a déjà éliminé des usines françaises un grand nombre de Polonais, en vertu de la décision interdisant le passage aux étrangers d’un métier à un autre. Il est arrivé que les ouvriers qui ont travaillé dans une usine de fil de fer n’ont pu passer à l’usine de machines agricoles, ce changement ayant été considéré comme inadmissible et beaucoup d’ouvriers ont été congédiés en raison du surnombre d’étrangers en France, comme l’écrivent certaines entreprises dans le Nord de la France sur le certificat de congédiement. Y a-t-il vraiment encore besoin de voter une nouvelle loi limitant la participation d’étrangers dans les entreprises à 10 % et de mener une campagne de presse pour propager l’antagonisme à l’endroit des étrangers loyaux envers l’État et la classe ouvrière française.

Nous sommes plutôt d’avis que la solidarité ouvrière doit être maintenue à tout prix et il y a d’autres remèdes efficaces pour protéger l’ouvrier français, à savoir : la cessation immédiate de l’émigration, sans toucher aux droits d’égalité des ouvriers étrangers. Dans cet esprit est rédigé le projet de loi émanant des socialistes belges en vue de la diminution du chômage en Belgique.

Il est indéniable que divers États cherchent à limiter l’émigration pour protéger leurs ressortissants ; nous ne connaissons cependant pas d’exemple dans l’histoire qu’un projet élaboré par les socialistes qui professent cependant la solidarité internationale crée deux catégories d’ouvriers habitant légalement dans le pays.

Au point de vue égoïsme national, la démarcation entre l’ouvrier du pays et l’étranger est justifiée, mais si nous rappelons que la France était toujours la patrie de l’idéal démocratique de la liberté de l’homme, que la France donnait toujours l’asile à l’émigration politique, et que c’était enfin la France qui a lancé le projet de la création des États-Unis d’Europe, projet irréalisable si chaque pays est décidé à creuser autour de lui une barrière contre l’émigration. Pour ces raisons, le projet des socialistes français visant la dégradation des ouvriers étrangers est sans fondement. Nous vous prions d’étudier nos observations découlant du grave souci du sort de nos compatriotes en France et nous vous assurons, Monsieur le Député, de tout notre respect pour la France et de toute notre sympathie fraternelle pour la classe ouvrière française. Nous vous présentons, Monsieur le Député, l’expression de notre haute considération.

Le Président de la Société des Ouvriers Polonais en France, REJER St.

Secrétaire général de la Société des Ouvriers Polonais en France, KALINOWSKI P. ‘Revue de l’immigration, décembre 1931, n° 42, p.18.

Ainsi la messe est dite d’ailleurs pour le Parti communiste c’est Jacques Doriot qui défendit l’immigration.

Les chômeurs étrangers.

” On a beaucoup parlé aussi, au cours de ces interpellations, d’un problème extrêmement délicat : celui des travailleurs étrangers.

Il existe une tendance certaine à leur imputer la responsabilité du chômage, alors qu’en réalité elle réside ailleurs. […] Le Parti socialiste, lui-même, vient de déposer une proposition de loi tendant à limiter l’emploi de la main-d’oeuvre étrangère à 10 %. Cette loi propose aussi le refoulement des ouvriers étrangers sans travail ou qui n’ont pas de papiers en règle. Ces mesures xénophobes, préconisées par le parti socialiste, sont approuvées par toute la presse bourgeoise. Elles ont provoqué l’indignation même parmi les socialistes des autres pays. Cette attitude du parti socialiste montre sa politique nationaliste qui a pour but de diviser les ouvriers en face du capital.

Il est déjà clair pour tout le monde, qu’indépendamment de l’impossibilité d’appliquer la proposition des socialistes français, le départ de tous les travailleurs ne liquiderait pas complètement le chômage.

[…] Tous ceux qui veulent chasser les travailleurs étrangers sont parfaitement éclairés sur le fond du problème. […]

Ce qu’ils veulent, c’est détourner l’attention des travailleurs français sur les responsabilités de la crise en développant leur hostilité contre leurs frères de misère des autres pays. On pense que, pendant ce temps ils ne lutteront pas contre le capitalisme.

C’est là le but que l’on veut atteindre.

Il me faut reprendre à ce propos le mot de Jaurès : “Pour nous le mot” étranger “n’a pas de sens”. Il en a encore moins lorsqu’il s’agit des exploités de notre propre capitalisme. Les chômeurs français, comme les chômeurs étrangers, sont tous des chômeurs du capitalisme français et du capitalisme international. Ils sont victimes, au même titre, de la crise du capitalisme qui meurtrit la classe ouvrière internationale.

C’est en vertu de ce principe que nous demandons pour les travailleurs étrangers les mêmes droits que pour les travailleurs français. Mêmes droits en ce qui concerne les inscriptions ; mêmes droits en ce qui concerne les allocations et suppression de tout règlement particulier en ce qui concerne leur inscription.

[…] Il est exact que, dans certaines entreprises, le travailleur étranger est souvent moins payé que le travailleur français. J’irai même plus loin : il est exact qu’il accepte quelquefois de travailler à un salaire moindre que celui qu’accepterait le travailleur français. Mais cela tient à cette cause particulière que le travailleur étranger est ici soumis à des conditions extrêmement dures. Il n’a pas sa liberté d’action ; il est menacé à tout instant d’être renvoyé dans n’importe quelle région de France, loin de sa famille, par le service des étrangers. Il est menacé d’expulsion s’il bouge. Comment veut-on que, dans ces conditions, il ne soit pas tenté d’accepter n’importe quel salaire ?

C’est pourquoi nous réclamons pour les travailleurs étrangers — et c’est la seule garantie pour la classe ouvrière — les mêmes droits syndicaux, les mêmes droits politiques que pour les travailleurs français. C’est l’intérêt véritable du prolétariat français de réclamer l’égalité absolue des droits entre lui et la main-d’oeuvre étrangère et coloniale. C’est la seule façon d’éviter une concurrence qu’un patronat à l’affût de tout pour diviser les ouvriers fait naître et entretient savamment.
“Jacques Doriot,” les communistes et le chômage » discours [extraits] prononcé à la Chambre le 20 novembre 1931. :

Les motivations des capitalistes n’ont pas changé, à la différence près que ce sont aujourd’hui, les syndicats, la gauche et l’extrême gauche qui soutiennent la politique capitaliste et au-delà vont au-devant des désirs de la mondialisation capitaliste en mettant sur le même plan, les luttes sociales et les luttes sociétales.
Aussi pour clore ce chapitre nous rappellerons les mots de Jacques Duclos : “Les invertis n’ont pas leur place parmi nous, la classe ouvrière est composée de travailleurs sains”.
Jacques, tu as bien fait de mourir.

Lazare Zylbergleitt

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