Immigration : en 20 ans, la droite a effectué un virage à 180 degrés

Stop-a-l-immigrationS’il existe un domaine où la droite parlementaire s’est totalement reniée, au point de se discréditer définitivement en la matière, c’est bien celui de l’immigration. Car entre son discours volontaire et ses actes quand elle était au pouvoir, ce n’est pas un fossé qui s’est creusé au fil des ans, mais un abîme absolument consternant. En fait, sa politique d’immigration se résume à un renoncement permanent pour ne pas dire une capitulation sans conditions face aux gardiens du temple de la pensée unique. Certes, les politiques nous ont habitués depuis la nuit des temps à trahir leurs paroles, mais dans le cas présent c’est un véritable modèle du genre !

Il est donc particulièrement risible d’entendre aujourd’hui la gauche ou l’UDI accuser l’UMP d’aller marcher sur les plates bandes du Front National pendant que de son côté l’UMP taxe la gauche de laxisme. Car la réalité est totalement contraire. En vingt ans la droite a exécuté un virage à 180°, tournant le dos à son discours de 1990 et menant exactement la même politique que la gauche dans la gestion des flux migratoires. Que ce soit pour le nombre de visas, les reconduites à la frontière, le droit d’asile, les naturalisations ou les régularisations, la politique de droite est un simple copier-coller de celle du PS. Il suffit de relire les conclusions des Etats généraux sur l’immigration organisés par le RPR et l’UDF en 1990, où Giscard, Chirac, Sarkozy, Juppé, Bayrou et bien d’autres s’exprimaient  sur le sujet, pour mesurer à sa juste valeur le revirement spectaculaire opéré par la droite une fois revenue aux affaires. Morceaux choisis :

“La France n’est pas une terre d’immigration, il faut une immigration zéro”.

“Il faut une fermeture rapide des frontières et la suspension immédiate de l’immigration”.

“Il faut supprimer les prestations sociales aux étrangers et interdire l’accès aux soins pour les clandestins”.

“La lutte des races remplacera bientôt la lutte des classes”.

“Il y a bien incompatibilité entre l’islam et nos lois”.

Même Marine Le Pen n’oserait pas être aussi radicale. Mais c’est pourtant elle que la droite n’a cessé de diaboliser !

D’autres ténors de droite ont également marqué les esprits à l’époque, par leurs prises de position musclées sur l’immigration. Rappels :

“Que pendant les dix ou vingt ans qui viennent, monte encore le flux des immigrés qui souhaitent vivre de la France et non avec elle, et notre pays se couvrira d’îlots de plus en plus denses, de plus en plus vastes, où la civilisation n’aura plus cours. Un apartheid de fait s’installera. Alain Peyrefitte. “La France en désarroi”. 1992.

“Nous allons vers des saint Barthélémy si l’immigration africaine n’est pas strictement contrôlée”. “Il  ne faudra pas frémir chaque fois qu’un charter rapatriera des envahisseurs illégaux”. Michel Poniatowski. “Que survive la France”. 1990.

“…A ce train là, les cités ghettos et les zones de non droit vont connaître une terrible germination”. Charles Pasqua. “Non à la décadence”. 2001.

La conséquence de renoncement aussi coupable qu’impardonnable, est que les flux migratoires ont doublé depuis 1990, passant de 100000 arrivées en 1990 à plus de 200000 aujourd’hui.

Et les zones de non droit, celles où la loi des caïds a supplanté la loi républicaine et où policiers et gendarme ne s’aventurent plus, sauf en escadrons de “robocops” suréquipés, elles sont passées de 200 à plus de 1000 en vingt ans.

Dans ces conditions, plus aucun discours de droite n’est audible. Celle ci s’est totalement discréditée en menant une dangereuse politique immigrationniste et islamophile identique à celle du PS, qui fait qu’aujourd’hui l’Etat a perdu le contrôle de la situation et qu’en lieu et place de l’assimilation souhaitée, la république réalise avec effroi qu’elle a nourri en son sein des centaines de jihadistes qui haïssent la France. Difficile de faire pire.

Jacques Guillemain

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