Impasses de la néo-Restauration

Publié le 9 juin 2019 - par - 11 commentaires - 961 vues
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La nasse/masse macronienne se referme peu à peu non pas avec des crocs façon Dents de la mer mais une euthanasie lente (un transport doux) stigmatisant les « populistes » et leurs fiers-à-bras au nom d’une « résistance » surjouée, soit tous ceux qui n’accepteraient pas de se faire manger, les traitant même « d’extrême droite » rappelant incidemment qu’Hitler l’était aussi (végétarien ?)etc., la chanson est connue ; certains tentent alors un grand arrière toute, allant même, tel Éric Zemmour, jusqu’à étiqueter le 6 juin 44 « d’invasion » (dans Z&N du 5 juin) venant après le Pétain « sauveur des juifs français » et la sacralisation du tandem de Gaulle/Pompidou instaurateurs « regrettés » de l’État dit « colbertiste ».

Pourtant n’est-pas celui-ci qui accoucha de cet abandon en rase campagne du salariat public et privé entre les mains communistes et gauchistes, sans oublier l’Algérie confiée en gage d’alliance anti-américaine aux nationalistes arabistes ?

Mai 68, sa soif démocratique, furent abandonnés aux gauchistes, le Plan Calcul et le Concorde à la technocratie péroreuse ; Mitterrand choisit, lui,sur les conseils d’Attali, ce Soros du pauvre, le Minitel et le câble alors que les USA en étaient déjà à cette Toile Internet enceinte des GAFAM ; le tout aboutit à la constitution d’un État tentaculaire (une « URSS qui aurait réussi ») en attente sinon de son Trump du moins d’un Reagan pour faire enfin le ménage sans pour autant se mettre à dos les fonctionnaires euthanasiés eux aussi en silence ; n’est pas Vincent Lambert qui veut.

Sauf que loin de faire le bilan de cet État « social » issu du CNR, tout semble bien plutôt aller dans le sens inverse, celui d’une néo-Restauration bonapartiste, y compris au sein du RN ; d’aucuns spéculent même de voir à sa tête plutôt un Éric Zemmour pourquoi pas futur candidat en 2022 qui réussirait, lui, le « débat-du-second-tour » sauf qu’en cas de mésentente avec Marine Le Pen, il faudra bien passer par le 1er tour et ses 3 % à la clé, Debout la France bis donc ; Zemmour (qui dément cette candidature) étant cependant bien plus sympathique que Dupont-Aignan haut en gueule et en ego hypertrophié mais petit en tout, dirait Hugo (Victor), surtout en amitié politique, à voir la façon dont il a écarté  sans raison autre que partisane Jean-Frédéric Poisson et Charles Gave.

Il n’empêche, il semble bien que le syndrome de Chateaubriand fasse florès à nouveau : non pas le « c’était mieux avant » – même si aucune leçon ne se trouve toujours tirée sur le pourquoi d’un 1792 (soutenu également par Michel Foucault) surtout lorsque l’on cherche à opposer « France éternelle » et « France républicaine », mais le fait que cette néo-Restauration préfère à nouveau se réfugier dans l’animosité gaullienne  anti-anglosaxonne qui a été jusqu’à choisir de fricoter avec le marxisme (y compris sous la Résistance) avec les communistes d’après-guerre, puis les nationalistes/islamiques arabes, à l’exception de l’installation des fusées à Cuba cependant, de Gaulle soutenant Kennedy sur ce point, sans doute pour montrer aux Soviétiques jusqu’où ils pouvaient aller (de même Mitterrand qui soutint Reagan contre le défaitisme vert des Allemands, déjà à l’époque…).

Mais comment transformer (afin dit-on de revenir à « la » souveraineté) sur de telles bases nostalgiquement restauratrices un État bien plus tentaculaire, parasite, que souverainiste, se mêlant de tout et appauvrissant même le service public, en réalité, à voir la révolte actuelle des Urgences, la destruction du fret public par les grèves à répétition, la mort du port de Marseille, le tout fermant également les yeux sur la fragmentation du pays, voilée, cachée par l’argent saoudien et qatari voilant les femmes par la même occasion (idem au Royaume Uni d’où le Brexit pour une part).

Surgit alors une incroyable concordance objective (non concertée) dans les restaurations au niveau dit « sociétal » (ou les mœurs tout simplement) qui semble bien être la quotidienneté en actes des acquis civilisationnels atteints par une société donnée, son art de vivre en quelque sorte, puisqu’il s’avère que le souhait de ne pas voir la femme jouer au football ou faire de la boxe (dernière de Finkielkraut admirateur de Foucault) ou encore le fait de refuser que l’homme puisse se lever lui aussi la nuit pour donner le biberon (vieille antienne de Zemmour qui débuta ainsi son heure de gloire bien mieux encore qu’un Soral sur le même thème) toutes ces positions/revendications font en réalité plutôt anti-« France éternelle » : du moins celle des troubadours et de la vénération à la Vierge…

En effet, le fait de se lever la nuit pour l’homme serait plutôt un acte chevaleresque afin de préserver le sommeil de sa Dame, tandis que le football féminin devient bien moins le symbole d’une masculinisation artificielle (produite par une société dite féminisée…) liée à une démocratisation égalitariste mais bien plutôt l’émergence d’une féminité assumée dans sa spécificité, au sens de chercher bien moins la prouesse individuelle brusque et rude (« virile ») et bien plus la fluidité de l’action collective d’abord (qui donne de meilleurs résultats y compris chez les hommes).

C’est d’ailleurs ce que ne comprennent pas les confusionnistes gauchistes du « genre » qui se trouve pris(es) à contrepied d’ailleurs lorsqu’ils/elles considèrent que les femmes seraient moins agressives au football du fait de leur apprentissage sevré conditionné par la société « mâle », ce qui est d’autant plus absurde que cette différence résulterait surtout de l’existence morphologique d’une spécificité féminine bien réelle au sens d’une biopsychologie originelle, c’est-à-dire optant d’abord sur la qualité durable des relations humaines que leur seule performativité de l’instant (Nuttin, Théorie de la motivation humaine, PUF,1980, p.166) ce qui n’empêche aucunement jalousie cruauté, Lucrèce Borgia….

En fait, la façon de trancher ici au sein de ces débats sociétaux en faveur d’une certaine évolution ne signifie en rien qu’il faille soutenir a contrario les politiques néo-eugénistes visant à écarter délibérément la nécessité d’avoir un père et une mère, ou les politiques néo-malthusiennes manipulant le droit à l’avortement en le transformant en contraception tardive ou en moyen de réduire la place de l’espèce humaine sur la Terre, voire de combler transitoirement le fossé démographique des pays développés par un accroissement de l’immigration.

D’ailleurs la présence de cette dernière se trouve manipulée par les uns et les autres au sens où il s’agit moins de « quantité se transformant en qualité » comme le pense Zemmour lisant, mal, Engels et Marx (eux-mêmes ayant mal lu Hegel sur cette question précise, car cela dépend selon Hegel de « la substance posée« ) puisqu’il s’agit de saisir la « qualité » non pas en tant que grandeur intensive mais  intention se posant substantiellement comme cette « essence », c’est-à-dire comme ce vouloir désirant s’intégrer voire s’assimiler réellement (prendre aussi un prénom du cru tout en gardant le sien).

C’est ce qu’indique Marion Maréchal (plus claire sur ce point lors de sa dernière intervention sur LCI) lorsqu’elle écarte tout fondement racialiste de la nation française, ce qui implique en effet de ne pas se voir imposer des mœurs comme celles charriées par l’islam (wahhabite, turc, chiite peu importe) et qui se trouvent d’ailleurs au cœur de l’immobilisme des pays dominés juridiquement par lui (hormis ceux sous influence bouddhiste et hindouiste) sans parler de la répression sanguinaire qui en découle de manière permanente en leur sein, comme on le voit actuellement au Soudan, au Yémen, au Mali, en Libye (en attendant que cela recommence en Égypte et en Algérie). Ce qui implique aussi concrètement le fait de renvoyer ceux qui refusent toute intégration ; déjà en ne ne leur renouvelant pas leur carte de séjour, puis en expulsant les condamnés à rapatrier dans les avions des pays concernés. Il y a d’ailleurs là un consensus entre diverses composantes adeptes « amoureux de la France éternelle », allant d’un Bellamy à Pécresse en passant par Poisson….

C’est le point névralgique, au niveau symbolique, et la fermeté peut y être payante, on le voit bien au Mexique où son Président, pourtant de gauche, a accepté de contrôler ses frontières sous peine de voir ses exportations être hypertaxées ; et « on « aura beau qualifier la fermeté de Trump d’extrême droite et de populiste, la politique contraire qui dénonce ainsi reste cynique affairiste, racialiste parce sous le prétexte d’humanisme fallacieux (car effaçant la notion de citoyenneté) « on » en vient à compartimenter la société en trois grands cercles comme l’indique Charles Gave : au centre des mégapoles se love, insouciante et légère, la nouvelle gentry huppée écologisée (en apparence) avec ses esclaves immigrés empaquetés sous logements sociaux formant le second cercle, le reste, les bouseux, roulant au diesel, la clope au bec, écoutant Johnny ou du bon vieux rock façon country à la « périphérie »…

Et le premier Cercle préfère poursuivre des chimères autogénératrices comme la promulgation de critères de plus en plus purs en matière de pollution, certains s’apercevant que les humains produisent eux aussi du CO2, il faudrait donc en supprimer, un Yves Cochet expliquant désormais que l’Humanité pourrait disparaître en 2050, tandis que d’autres iront accuser les Romains d’avoir autrefois déclenché un changement climatique, le délire lyssenkiste fait donc rage, aussi  les défis de l’heure en matière d’immigration passent au second plan sans se demander objectivement pourquoi tant d’Afghans, tant d’Africains, tant de Sud-Américains frappent à la porte d’un Occident si honni ; ne faudrait-il pas cibler sur l’islam destructeur en Afghanistan pour les premiers, sur l’islam destructeur en Afrique pour les seconds, sur le marxisme destructeur pour les troisièmes, les trois articulés à une corruption généralisée et à une incurie des États préférant adouber leurs financiers (Qatar, Arabie Saoudite, Turquie, Iran, Chine…) plutôt que de s’occuper de leur population ?

Mais comment demander aux envahisseurs talibans de le faire alors qu’ils n’ont rien à faire de l’Afghanistan au fond ? Idem pour l’islam en Afrique, cherchant à effacer la présence chrétienne, occidentale, pour continuer la traite esclavagiste des Noirs sous une autre forme (aidés par les tiers-mondistes racistes noirs africains comme en Afrique du Sud) ; cela se voit bien encore dans les pays du Golfe et en Arabie même, les pays occidentaux se taisant car la vente d’armes permet aux États colbertistes de survivre et de continuer à appauvrir la classe moyenne française, d’enrichir la super-élite public-privé tout en donnant des miettes aux pauvres du troisième Cercle, parce qu’il faut bien une façade sociale pour vivre heureux vivons caché derrière le masque de l’écologie sociale désormais, tant et si bien que non, je ne vois pas comment en quoi la nouvelle restauration bonapartiste made in Zemmour et Buisson forgera les armes nécessaires pour mettre à bas cette spirale infernale. Il faut aussi regarder ailleurs.

Lucien Samir Oulahbib

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Notifiez de
POLYEUCTE

De Tout ou de Rien ? A vous de choisir….
La Pensée est un socle, le reste dispersion…

Pascal Olivier

Le vieil Engels avait été quasi prophétique : « En dissolvant les nationalités, l’économie libérale fit de son mieux pour généraliser l’hostilité, pour convertir l’humanité en une horde de bêtes féroces – les concurrents sont-ils autre chose ? – qui se dévorent mutuellement parce que les intérêts de chacun sont égaux à ceux de tous les autres. Après ce travail préliminaire, il ne restait plus à l’économie libérale qu’un pas à faire pour atteindre son but : il lui fallait encore dissoudre la famille ».

Les partisans du libéralisme sociétal (loi Taubira, procréation sans père, location du ventre des femmes, eugénisme, etc…) sont nos ennemis objectifs. Ils ont en réalité besoin de l’immoralité de l’islam pour accomplir leurs funestes desseins.

Jonathan

Qu’est-ce que c’est que ce galimatias ?

POLYEUCTE

Donnez-nous notre Lucien quotidien ! MDR !

Pascal Olivier

«Et si la République, qui est d’hier, revenait demain ? Ce ne serait pas la première pirouette de l’opéra-planète qui n’a jamais cessé de suivre en son for intérieur le mot d’ordre de Giuseppe Verdi : «Tournons-nous vers le passé, ce sera un progrès». Pour être résolument modernes, osons être archaïques. C’est en ressuscitant l’Antiquité gréco-romaine que les hommes de la liberté, ces grands nostalgiques, enjambant le XVIIIème vers l’arrière, ont devancé tous leurs contemporains. Nous oublions trop que l’Ancien Régime, c’était leur modernité à eux. Ne la trouvant pas assez moderne, ils vainquirent l’ancien par l’antique : le style Louis XV par la rhétorique Brutus, Boucher par David. L’invention du futur a de ces ruses, comme si l’histoire, parfois, devait reculer pour mieux sauter.» RD

Economie de guerre

Excellente analyse.
Rappelons qu’Yves Cochet n’est pas à sa première prédiction foireuse, il avait lors d’une émission des années 1990 où il s’opposait à Georges Charpak prédit la fin du pétrole en 2006, or nous n’en sommes toujours pas sortisven 2019!
Il faudrait retrouver le documen INA dev cette émussion histoire d’en rire un peu.

Lionel

Y’a Lucien qui s’est fait plaisir…
A l’heure à laquelle je regarde: 279 vues , 0 commentaire.

jan le Connaissant

tiens, le troll ex PR Sheldon Cooper, ex PR1, alias Lionel, alias le Passant, alias le king, alias Alain Carassco, alias Jigsaw, alias ISWT, etc, etc
tiens,
avec son com de trop !!

Lionel

tiens, jan le Connaissant, qui continue à se planter et qui en est fier!

patphil

triste analyse si logique que les bobos ignoreront sciemment