Inauguration de la mosquée de Strasbourg : j’en ai entendu des belles, pendant trois heures…

Publié le 28 septembre 2012 - par - 4 161 vues
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On connaissait de Strasbourg sa cathédrale, ses maisons à colombages, son parlement européen… Maintenant, il faut ajouter la grande mosquée, la plus grande de France, aujourd’hui inaugurée en grande pompe par le ministre de l’Intérieur et des Cultes : Manuel Valls. Une cérémonie qui s’est déroulée trois heures, durant lesquelles, toutes les déclarations les plus fades, conformistes, consensuelles, lieux communs ont été prononcées aussi bien par nos chers élus alsaciens que notre cher ministre. Certes, dans une telle situation, le protocole et la diplomatie obligent ces discours de circonstance. Pour autant, on a pu poindre quelques éléments significatifs du rapport de force face à l’Islam à travers la différence de ton entre les déclarations des élus et représentant de l’Etat français et les déclarations des responsables musulmans. Certes, ces derniers ont largement remercié la République et l’Alsace et donné gage de leur bonne volonté envers la France mais le premier discours d’Abdallah Boussouf, secrétaire général du conseil de la communauté marocaine à l’étranger, ne manquait pas de véhémence. Sur un ton assez revendicatif et conquérant, il déclare entre autre : « L’Islam est chez lui en France et il n’a plus à donner des gages d’intégration à la France. Nous avons combattu au côté du colonisateur contre le fascisme et la nazisme ». Il faudrait juste lui rappeler les liens d’amitié qu’ont entretenu les nazis et le monde musulman notamment le mufti de Jérusalem Hajj Amin al-Husseini, figure importante de la solution finale dans les Balkans.

Puis vient l’intervention de Saïd Alla, président de la mosquée de Strasbourg, qui sort le discours habituel de tolérance, de dialogue interreligieux, de multiculturalisme et du « vivre ensemble » pour remercier ensuite dans la phrase suivante : « L’Arabie Saoudite, le Koweït et le Maroc pour le financement du projet ». Il est vrai que ce sont des pays modèles en ce qui concerne la tolérance et la liberté religieuse. Puis, un représentant du roi du Maroc en la personne Ahmad Taoufik, ministre des Habous et des affaires islamiques qui a cité Muhammad rappelant que « la religion est plus vivante dans les marges que dans le centre » (déclaration qui va pas vraiment dans le sens de l’intégration) et a salué la reconnaissance de la part de l’Etat des musulmans en France. Pour ce qui est de la reconnaissance, il n’y pas de souci à avoir. C’est même un éloge inconditionnel qu’ont dressé les représentants locaux et de l’Etat. La palme du ridicule revenant à Philippe Richert, président UMP de la région Alsace, qui dans un ton emphatique théâtrale risible a témoigné de son émotion: « C’est un privilège d’inaugurer cette mosquée. L’Alsace est en fête. Cette mosquée est belle et grande par le message qu’elle porte pour l’Alsace. On est très fier de ça. En Alsace, nous croyons qu’un autre monde est possible » pour finir son discours par : « que les prières de la mosquée de Strasbourg étendent leur rayonnement et leur bienfaits sur l’Alsace ». On reste sans voix.

Puis vient le premier édile de la ville, islamo-collabo notoire, Roland Ries qui a révélé un joli lapsus : « cette inauguration est une « dette »… une date importante de l’histoire de l’Alsace ». En effet, les collectivités territoriales alsaciennes n’ont pas ménagé leur soutien financier au projet, autorisé par le droit local dont tout le monde s’en est félicité en premier lieu Manuel Valls. Entendez bien, ces dispositions du droit local sont positives lorsqu’elles servent l’Islam mais condamnables lorsqu’elles s’appliquent aux cultes reconnus. Depuis longtemps, les crucifix ont disparu des hôpitaux et de la majorité des lieux publics d’Alsace-Moselle. Dans certains lycées publics, on distribue aux lycéens des chartres de la laïcité écrites en français, arabe et turc. Dans des écoles primaires, on renonce même à manger la galette des rois mages pour ne pas offusquer les jeunes musulmans. Moralité : on s’amende sur les législations de l’intérieur (qui n’ont pas cour légal en Alsace-Moselle) quand il s’agit de traditions chrétiennes mais on loue le concordat quand il permet des subventions pour les cultes même ceux non-reconnus comme l’Islam. Oui, d’une certaine façon, les musulmans ont une dette envers les Alsaciens, ce sont eux en partie qui ont financé cette mosquée par leurs impôts locaux. Espérons que les musulmans leur en seront grés et leur permettront de visiter ce lieux de culte et feront preuve de gratitude. Le maire de Strasbourg rappelle : « qu’il fallait corriger cette inégalité et ces discriminations par un lieu de prière digne. La Mosquée se trouve ainsi dans le cœur de la ville à moins de 2km de la cathédrale ».  Pour ce qui est de la dignité, rabâchée sans cesse lors des différents discours, on est très loin de l’Islam des caves avec pour cet édifice religieux qui par ses dimensions (salle de prière de 13O0m² pouvant accueillir 1500 fidèles) est le deuxième bâtiment religieux de la ville.

Pour conclure, l’intervention du ministre de l’intérieur et des cultes qui est assez révélatrice de l’imposture de ces discours. En effet, quand Manuel Valls poursuit dans les louanges de l’Islam, les applaudissements de l’assistance sont nourris et chaleureux. Voici un florilège : « Le moment que nous vivons est une concrétisation. Les mosquées comme les églises et les synagogues font partis de notre paysage national. La mosquée est au cœur de l’espace public (…) elle donne à l’Islam son envergure, son éclat et sa grandeur. Oui, l’Islam a toute sa place en France. Le projet s’est imposé contre les détracteurs qui trahissent l’idée de laïcité. (…) Marine Le Pen est une incendiaire. Ce n’est pas elle qui distribue les brevets de laïcité. Musulmans de France, soyez fier de l’Islam que vous bâtissez ici. » Cependant, quand pour garder un minimum de crédibilité, Manuel Valls fait du « sous-Sarkozy » en évoquant l’affaire Merah en fustigeant les intégristes pour déclarer : « Les prédicateurs de haine, les partisans de l’obscurantisme, ceux qui veulent s’en prendre à nos valeurs et nos institutions, ceux qui nient le droit des femmes. Ceux-là n’ont pas leur place dans notre République. Ceux qui sont sur notre territoire pour défier nos lois, pour s’en prendre aux fondements de notre société, n’ont pas à y rester» ; aucun applaudissement. Lui-même rajoute, quelque peu lucide : « vous pouvez aussi applaudir ça » ; seuls des applaudissements timides d’une partie de l’assistance se font entendre. Curieusement, tous musulmans modérés et intégrés (discours officiel) qu’ils sont, ils ne semblent pas se désolidariser des formes les plus extrêmes de leur religion. En restant dans le sous-sarkozysme, il fait les vœux pieux d’un Islam de France (la formulation même est une aberration pour tout musulman qui se respecte) : « Je veux des imams français, formés en France avec des financements français ». La prière du vendredi le lendemain de l’inauguration sera dite par… le grand mufti de Bosnie Herzégovine : Mustafa Ceric. Le ministre dit : « la République a tendu la main, c’est à l’Islam de la prendre en retour ». Avec un si beau symbole de reconnaissance et de si belles paroles, l’argument de stigmatisation n’aura donc plus de valeur. Espérons alors que les musulmans feront preuve de réciprocité, qu’il n’y aura plus cette agressivité latente, qu’il n’y aura plus de voitures brulées à nouvel an, que la concorde religieuse règnera en Alsace. En tout cas, l’ancienne maire socialiste de la ville, Catherine Trautmann, qui voulait faire de Strasbourg la capitale européenne de l’Islam peut se réjouir avec cette grande mosquée. Première étape avant de flanquer, à long terme, des minarets sur la cathédrale de Strasbourg.

David Rosario

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