Insécurité, violence : la racaille a-t-elle forcément de l’avenir ?

Publié le 5 avril 2013 - par - 3 662 vues
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C’est à une question saugrenue que les survivalistes peuvent et doivent aujourd’hui se confronter : la racaille est-elle capable de résilience (la résilience désignant cette capacité de rompre avec l’ancien système pour trouver des moyens de survie, en plein chaos, plus simples et plus naturels que les procédés de l’hyper-technologie actuelle) ? Les survivalistes voient dans la racaille les futurs hyper-prédateurs du chaos qui s’annonce, ceux-là même qu’on nomme les « alphas » dans un monde dominé par l’ultra-violence, monde dont des films déjà anciens comme Mad Max (ou Orange Mécanique avant lui) ont donné une préfiguration. La racaille passerait donc, en quelque sorte, avec l’effondrement de la normalité, de la prédation, voire de la super-prédation à… l’hyper-prédation. Dont acte !

C’est inquiétant, terrifiant même.

Il y a néanmoins dans ce schéma de conceptualisation de la racaille quelque chose de partiellement inexact.

Il est vrai que la racaille actuelle a su développer une certaine force physique (pour certains néanmoins, pas pour tous), une grande expérience des techniques du crime (c’est très universel dans la racaille) et, suprême délice, la possession d’armes diverses, dont beaucoup sont des armes de guerre, avec l’art et la manière de s’en servir (cela concerne beaucoup de racailles).

Or, s’il ne faut surtout pas sous-estimer la force de frappe des petites frappes (et des grandes), il ne faut pas non plus la surestimer. Déjà dans un vieil article, j’avais réfuté la « théorie » du rapeur Cortex, lequel estimait que les « Céfrans » ne savaient pas se défendre. La réfutation était facile : bon nombre de « Céfrans » savent se défendre, mais c’est notre structure étatique libérale-libertaire, criminolâtre et criminophile, au service de l’inversion des valeurs, qui leur ôte tous les moyens matériels – et surtout juridiques – de se défendre. Cortex confondait savoir se défendre avec pouvoir se défendre (il faut dire qu’il n’est guère habitué aux distinctions conceptuelles).

http://ripostelaique.com/nouvel-argument-de-la-racaille-les-cefrans-seraient-incapables-de-se-defendre.html

Plus récemment, je démontrai dans une conférence donnée à Clermont-Ferrand que, si les droits de la légitime défense étaient reconnus in abstracto par la législation française, ces mêmes droits étaient partout in concreto bafoués pour ne pas dire réduits à rien. On reconnaîtra dans toutes les histoires de type « René Galinier » le rôle des institutions répressives de l’État, on reconnaîtra aussi la distinction que j’effectue souvent entre « société de violence » (à l’américaine, où les victimes ont le droit de riposter) et « société de terreur » (à la française, où les victimes sont livrées pieds et poings liés à leurs agresseurs, agresseurs qui bénéficient alors, par une curieuse inversion des valeurs, du statut de victimes, et de tous les avantages liés à cela). Par ailleurs, en sus des avantages juridiques, voire politiques, il ne faut pas négliger non plus tous les avantages strictement matériels, disons pécuniaires, dont bénéficie la racaille : d’une part un assistanat social tentaculaire et constamment abondé, d’autre part les produits non négligeables de l’économie parallèle, voire criminelle.

Ainsi, dans un contexte de chaos généralisé, sans eau, sans gaz, sans électricité, sans bagnole, sans portable, sans télévision, il n’est pas sûr que notre chère racaille, même dans ses éléments les plus musculaires et les plus aguerris, soient véritablement pourvue de grandes capacités de résilience et de survie. J’en veux pour preuve un certains nombres de faits patents.

Tout d’abord, la racaille est composée en totalité, même dans son élite aguerrie et musculaire, de ce qu’on appelle, dans notre bonne vieille langue française, des… « branleurs », c’est-à-dire des individus sans aucune compétence, ni intellectuelle, ni manuelle (et je rappelle, dans le sillage de Simone Weil, la philosophe, pas la politique, que les deux seules sources d’enracinement sont, pour l’homme, la vraie connaissance, d’une part, et le travail de la terre ou l’artisanat, d’autre part, le reste n’étant que du « surcodage » comme le disent nos économistes dissidents). Il est douteux que des zombis drogués à la violence, aux toxiques, aux jeux vidéos, aux bruits et aux vitesses excessives, possédant moins de 500 mots à leur vocabulaire, incapable de faire un feu (si ce n’est pour cramer des voitures), de couper du bois ou de cultiver un carré de pomme de terres, zombis qui plus est surprotégés par un État libéral-libertaire entièrement acquis à leur cause et les faisant passer pour des victimes, il est douteux, dis-je, que ces zombis soient particulièrement résilients. Engraissés à l’impunité (le plus grand de tous les privilèges), à la victimisation, à l’aide sociale, à l’inversion des valeurs, ces gros-bras ne seraient-ils pas, en définitive, seulement de tristes lopettes ? Supprimez tout ce que l’État invertiste a fait d’eux ; que reste-t-il alors ? Vraisemblablement pas grand chose. Et puis, du reste, on sait que le survivalisme a besoin avant-tout de lien social, de réseaux solidaires, de camaraderie, voire d’amitié. Piero San Giorgio fait du lien social la condition ultime de la survie, englobant et dépassant les six autres fondamentaux que sont la maîtrise de l’eau et de l’énergie, la nourriture, les soins d’hygiène et de santé, la défense et la connaissance. Mis à part des réseaux de branlotins-zombis (et encore, vraisemblablement, voués à se détruire entre eux), je ne vois guère quelle franche camaraderie pourraient créer nos chères racailles, je ne vois guère quelles passerelles d’amitié ils pourraient jeter entre eux et le reste du monde.

En clair : ils n’ont pas d’autre puissance que celle que leur fournit complaisamment un État inverti et une société civile abrutie par la servitude volontaire ; ils n’ont aucun talent particulier, ni intellectuel, ni manuel ; et derrière leur allures de gros barbares musculeux (pas pour tous, du reste), ils sont eux-même, à leur manière, châtrés par des décennies de victimisation. Il n’est pas sûr que leur petit système bien confortable, bien douillet, bien protecteur, tienne le coup bien longtemps. Le pire est toujours possible. Même pour eux.

Jacques Philarcheïn

Inversion des valeurs

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