1

Interdiction des animaux sauvages dans les cirques : hourra, on a gagné !

Nous qui sommes des milliers et des milliers de militants de Riposte Laïque, pour une fois, rendons grâce à Dieu. La gent intelligente qui nous gouverne vient de comprendre que la France était un cirque immense pris, selon la propre confession de l’un de ses apôtres – que le prophète guide éternellement son âme ! – d’un ensauvagement irréfragable. Eh bien non ! Cette fois c’est décidé car c’en est trop ! Nous nous mettons debout, nous nous sommes trop longtemps couchés, nous nous mettons « en marche » !

Les tigres, les lions, les panthères, les loups et autres hyènes bourrés d’agressivité et de haine incontrôlables vont rejoindre par millions, sous les applaudissements frénétiques de la majorité des Français (sauf bien sûr les fourvoyés de la Société protectrice des animaux), leur savane et leur jungle en Afrique et en Asie. Là-bas, le soleil continuera de leur taper sur la tête. Mais nous ici, on s’en foutra complètement car nous nous réjouirons à la pensée de savoir que tous ces fauves seront enfin à leur place, que nous n’aurions jamais dû les déplacer chez nous, affreux colonisateurs que nous avons été !

Nous n’avons plus, désormais, le talent et l’adresse pour les dompter si tant est qu’un jour nous y soyons réellement parvenus. Permettez-moi cette lapalissade mais la sauvagerie est le propre de la bête sauvage. Et en la matière, c’est elle qui, depuis des lustres, nous a pervertis. Qu’importe à celle-ci toutes ces notions qu’elle considère comme une plaisante fumisterie : la liberté d’expression, la tolérance, le respect de la différence et des idées, la recherche de l’harmonie idéale en société et tout ce qui définit ce qu’on appelle depuis quatre siècles, l’humanisme.

La bête sauvage agit en meute ou en solitaire. Mais peu importe ! Sa vie est une immense obsession : faire couler le sang et tuer. Tout son cerveau en est empli, totalement empli… parce qu’il y a très longtemps, dans les temps de la barbarie primaire, un dompteur né sur un sol rocailleux, sec et brûlant, a voulu qu’il en soit ainsi, parce que de ce sol brutal, sans pitié et sans verdure, (cette verdure qui au contraire favorise la vie et donc la joie), ne pouvait surgir qu’affection pour la mort mais une mort résultat de méchanceté et de haine.

En ce moment, on réexpédie les bêtes sauvages par conteneurs grillagés. On ne sait jamais, si on utilisait un mode de transport normal, ce qui pourrait bien nous arriver. Car leurs griffes sont acérées comme des couteaux et des hachoirs et leurs rugissements ressemblent étrangement à ceux des kalachs. Dès qu’elles seront au port et qu’ensuite leurs innombrables navires ne seront plus que des points insignifiants sur la ligne d’horizon, et qu’elles auront disparu dans la nuit noire de leur sauvagerie, alors la France ne sera plus le cirque qu’elle est actuellement. Et les spectateurs, sous le grand chapiteau France, pourront enfin rire en toute quiétude du seul objet qui lui restera, les clowns ! qui continueront, comme ils l’ont toujours fait, leurs pitreries lamentables pour encore et encore nous entourlouper, ces clowns qui appartiennent à la triste confrérie de ce qu’on appelle les hommes politiques qui confisquent le pouvoir qui ne devrait appartenir qu’à nous et qui constituent ainsi… une autre forme d’ensauvagement. À quand le décret organisant leur interdiction ?

Philippe Arnon