Interdit d’interdire, ou l’interdiction tolérée

C’est un nouveau concept juridique : l’interdiction tolérée.
Mais une interdiction non tolérée est une interdiction intolérable. Donc une interdiction que les droits de l’homme nous permettent de ne pas accepter, puisque l’intolérable ne peut être imposé à un être humain.
Normalement, pris littéralement dans sa logique sémantique, une « interdiction tolérée » serait une interdiction tout juste acceptable, mais resterait une interdiction valable. Toutefois la phrase a été prononcée dans un contexte qui ne laisse pas de place au doute : l’expression « interdiction tolérée » signifie qu’il est toléré d’enfreindre l’interdiction.

Donc qu’elle soit tolérée ou non tolérée par l’exécutif français actuel, il n’y a plus aucune interdiction qui puisse être imposée au citoyen en France aujourd’hui.
Monsieur Castaner vient de boucler la boucle en actualisant le slogan de 1968, « il est interdit d’interdire », qu’il dépasse même notablement en se déclarant « prêt à mettre un genou à terre » et en proclamant « L’émotion dépasse les règles juridiques ».
Pris au mot, vous allez voir le merdier dans lequel il vient de mettre la macronie et le guignolat de la majorité aux affaires actuellement.

Qu’est-ce qu’une règle juridique ?
Une règle générale destinée à organiser la vie sociale rendue obligatoire par l’autorité publique et dont le non-respect est susceptible de sanction, indépendamment des règles religieuses ou morales.
Ainsi en France le crime est puni par la loi.
Si je bute un député « En marche » par exemple, même si pour certains cela peut être moralement acceptable, je risque quand même les assises par l’effet de la loi.

Notez que si ledit député n’est pas musulman, pour un adepte d’Allah, le buter n’est religieusement pas du tout condamnable, et dans le cadre de la lutte séculaire de conquête des Sarrasins, c’est même un plus qui peut ouvrir droit à une dotation en vierges au paradis.
Il faut reconnaître qu’il y aurait de quoi tenter le citoyen bien de sa personne à une conversion à l’islam si on l’obligeait à choisir entre certains membres féminins de l’exécutif actuel et un gang de vierges.
Dieu merci, si j’ose dire, personne n’oblige, à ce jour au moins, à faire ce choix, mais l’avenir n’est jamais écrit d’avance pour la gent masculine de ce pays.

Tenez, si monsieur Castaner devait choisir entre un avenir au paradis peuplé de vierges, ou un présent peuplé par madame Marlène Schiappa ou madame Belloubet, à titre d’exemple. Vous le voyez, le difficile choix ?
Vous qui me lisez en endossant la peau de monsieur Castaner, je vous sens la couenne plus que tourmentée d’indécision.
Une lectrice me trouvera sexiste, mais sauf gravissime erreur de ma part, je ne connais pas de sourate qui octroierait son panier de puceaux au paradis à la musulmane qui aurait buté son ou sa député(e) « En marche ». C’est le Coran qui est sexiste, pas moi.
Revenons au sujet premier, les déclarations récentes du ministre de l’Intérieur.

Qu’est-ce qu’une émotion ?
« Descartes identifie six émotions simples : « l’admiration, l’amour, la haine, le désir, la joie et la tristesse » et toutes les autres en sont composées de quelques de ces six ou bien en sont des espèces. Une émotion est une réaction psychologique et physique à une situation. Elle a d’abord une manifestation interne et génère une réaction extérieure. Elle est provoquée par la confrontation à une situation et à l’interprétation de la réalité. En cela, une émotion est différente d’une sensation, laquelle est la conséquence physique directe (relation à la température, à la texture…). La sensation est directement associée à la perception sensorielle. La sensation est par conséquent physique. Quant à la différence entre émotion et sentiment, celle-ci réside dans le fait que le sentiment ne présente pas une manifestation réactionnelle. Néanmoins, une accumulation de sentiments peut générer des états émotionnels ». ( Wikipédia).

Comme la haine fait partie des émotions qui dépassent les règles juridiques, il n’y a alors plus d’interdiction à la manifester sous toutes ses formes.
La haine étant une émotion, si j’exprime cette émotion en rossant un député LaREM comme d’autres ont le droit de faire des réunions de plus de 10 personnes sur la voie publique, en contravention de la règle sanitaire juridique actuelle, sans rien risquer, je ne tombe sous le coup d’aucune loi.

Je n’ai fait que dépasser la règle juridique, plus particulièrement l’interdiction légale de fesser : je ne dois donc pas être sanctionné, c’est bien monsieur le ministre de l’Intérieur qui vient de nous l’affirmer.
N’étant pas le dernier des imbéciles de la fine équipe au pouvoir, on peut se demander si monsieur Castaner n’aurait pas été missionné en secret par quelque griot de l’Élysée ou de Matignon pour tenter de faire tomber la pression sociale en France, et fait ces déclarations aux conséquences si étonnantes en service commandé en quelque sorte.
En effet, c’est un moyen de calmer les colères d’autoriser les Français à aller rosser leur député et sénateur du coin, sous le coup de la suée on ne pense pas à plus mal, se mettre en tête de voter pour un ou une autre par exemple.
Ainsi vue comme ça, la rossée macronienne exercée par le citoyen sur le personnel politique de la majorité, normalement interdite mais aujourd’hui tolérée, pourrait bien apparaître rétrospectivement comme le nouvel opium du peuple si vous voulez mon avis.

Et si la rossée du politicien entrait dans les mœurs en France, on pourrait alors affirmer que le Président Macron aurait enfin gagné un de ses paris, celui de faire de la politique autrement en favorisant l’expression populaire.
Chapeau l’artiste !

Jean d’Acre

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3 Commentaires

  1. Interdit d’interdire, ou tolérer l’intolérable ?

  2. joli …et amusant. Les choses posées de la sorte sont bien plus digestes et bienfaisantes que les glapissements qui rendent inaudibles et invisibles les « pourquoi du comment « 

  3. Merci pour ce bon moment:-)))
    et pour cet excellent démantèlement d’une nouvelle loi liberticide portant le nom d’un plantigrade carnivore récemment baptisé « français ».

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