Interview du commandant Massoud en avril 2001

Le 4 avril 2001, le commandant Massoud était à Paris. Boudé par Chirac, il fut reçu par Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères, et le Sénat.

Seul Karl zéro avait alors interviewé  « le lion du Pandjchi ». Revoir cette vidéo, vingt ans plus tard, est consternant et en dit long quant au pseudo-étonnement, ou autres inquiétudes feintes, des divers gouvernements et de nos lamentables journalistes, très souvent, aussi ignares que paresseux.

Ayant fait ses études au lycée français de Kaboul, Massoud parlait plusieurs langues, dont la nôtre. Charles de Gaulle était sa personnalité politique préférée et son écrivain favori était Victor Hugo.

Opposé aux extrémistes religieux ou politiques, Massoud entretint des relations tumultueuses avec les Pakistanais, les Américains, les Saoudiens et les tendances pro-iraniennes ou pro-saoudiennes de son parti, le Jamiat-e-Islami.

Les Américains l’appréciaient d’autant moins qu’ils soutenaient le Pakistan, soutien de toujours des talibans… Déjà et encore très troubles, ces Amerlocks.

Dans ce pays très musulman, Massoud ne transigea jamais avec le droit des femmes à travailler et  à faire des études.

Persuadé que la question afghane ne pouvait être réglée que par les Afghans, il négligea longtemps l’appui d’aides internationales. Finalement convaincu, il accepta l’invitation, en avril 2001, à Strasbourg, de la présidente du Parlement européen, Nicole Fontaine. Il y dénonça les ingérences étrangères et la présence dans son pays des camps d’entraînement d’Al Qaïda et de Ben Laden, prévenant de la menace qu’ils constituaient, bien au-delà des frontières afghanes…

Il fut assassiné dans un attentat suicide, le 9 septembre 2001, au nord-est de l’Afghanistan, par deux membres d’Al Qaïda, deux  Tunisiens résidant à Bruxelles, qui s’étaient fait passer pour des journalistes belges, équipés d’une caméra volée à France 3  Grenoble

Deux jours plus tard, c’était le 11 septembre.

Récemment, dans une tribune publiée par la Règle du jeu et L’Express, son fils, Ahmad Massoud, appelait à la résistance contre les talibans.

« Mes compagnons d’armes et moi allons donner notre sang, avec tous les Afghans libres qui refusent la servitude et que j’appelle à me rejoindre dans notre bastion du Pandjchir, qui est la dernière région libre de notre pays à l’agonie », affirmait-il.

Tout ça pour ça…

Ils sont vraiment surdoués, ces Yankees !

Daphné Rigobert

 

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14 Commentaires

  1. Fiston Massoud demande des armes aux autres nations pour combattre les talibans.
    A mon avis personne ne va se précipiter pour remettre les pieds dans le bourbier.

  2. Le problème avec le commandant Massoud, c’est qu’on ne saura jamais ce qu’il y avait derrière son regard plein d’humanité. Le sauveur de l’Afghanistan ou un énième despote ? L’histoire s’est arrêtée brusquement avec des explosifs. Il suffit de voir une interview d’un Pol Pot vieillissant pour se rendre compte que les apparences sont vraiment trompeuses. Reste son visage iconique, voir christique rappelant le fameux portrait du Che…

  3. Massoud était venu demander l ‘ aide de l ‘ Europe , l ‘ Europe l ‘ a snobé ! On connaît la suite !!

  4. Massoud était comme les talibans et se servait des Européens , qui a vu sa femme , elle était voilée et esclaves comme les autres malgré sa culture Européenne

  5. Précisons que les amerloques ne furent pas étrangers à l’assassinat de Massoud. Derrière les deux branleurs estampillés « al-qaïda » se profilaient en fait les talibans que les américains avaient choisi de soutenir… Eh ! oui !

    Et là, on ne parle que de l’Aghanistan… S’il fallait expliquer ce que fut la politique étrangère des Etats-Unis depuis 1979 (au moins) et les conneries qu’ils ont faites, c’est un bouquin qu’il faudrait écrire.

    • @stentor : tout dépend du président ! Il y a un monde de différence entre un Kennedy et un Georges Bush fils , entre un Reagan et un Carter ……… Alors , tout mettre dans le même sac ??? C ‘ est comme juge l ‘ URSS selon son dirigeant : Brejnev et Gorbatchov , c ‘ était pas le même contenu !!

  6. « Boudé par Chirac ? »
    Un visionnaire ce Chirac, grand président par la taille : 1,82 mètre,
    et qui s’était donné pour mission la prévention routière et la lutte contre le cancer, se prenant pour Mr Sécurité Routière et le directeur de la santé publique, et oubliant qu’il était président de la France et des français.
    Consternant ! 12 ans de Présidence ! 12 ans de perdus pour la France !

  7. c’est en armant son fils et d’autres chefs de guerre afghans que les talibans seront chassés du pouvoir
    les dollars qui se sont déversés sur les 300.000 soldats de l’armée afghanes les a fait déserter en moins d’une semaine
    il est vrai que les ramener en France est plus sympa, les mâles virils vont pouvoir faire remonter la courbe de la natalité car ils viennent sans leurs femmes, filles, nièces, cousines ou tantes

    • bien sûr oui mais peut être faisant alors parti de ceux qui auraient été capable d’en changer enfin le destin funeste

    • Il était musulman mais aussi occidentalisé, le seul à l’être et à ce titre le seul qu’il aurait fallu soutenir quand c’était encore possible – nous étions encore en Aghanistan à ce moment-là.
      Au lieu de cela, on l’a laissé se faire flinguer !

      • Nous avions déjà oublié de soutenir le Shah d’Iran et l’enc(bip)de Giscard lui a foutu khomeini dans les pattes.
        Et nous sommes aussi pourris avec la Syrie.

    • Merci à ceux qui m’ont répondu ! Mais sans doute n’avez vous pas de réelle connaissance de l’Islam ? Occidentalisé ou pas … présence française ou pas … quels que soient les arguments … l’Islam est l’Islam et Massoud était un musulman comme les autres en qui je reconnais sa résistance aux Talibans mais pas au Coran !

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