Interview TV-Libertés : Enormes divergences avec notre ami Gardères, avocat de RL et militant Vert

Publié le 24 avril 2014 - par - 1 914 vues
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[youtube]UbUs8kawtGE[/youtube]

https://www.youtube.com/watch?v=UbUs8kawtGE

Je viens d’écouter l’interview (22′) de Maître Nicolas Gardères, par Martial Bild, rédacteur en chef de TV-Libertés. Je pensais qu’on se contenterait de parler de la liberté d’expression, mais j’ai entendu l’avocat de la mouvance de Riposte Laïque (tâche qu’il partage avec Maître Ouchikh, Maître Scipilitti, Maître Sebag, Maître Claudine Trnka et Maître Haddad) défendre son programme politique.

Il nous a servi le discours libéral-libertaire que la gauche post-soixante-huitarde nous vend, depuis quarante ans, avec des conséquences quotidiennes dramatiques pour nos compatriotes. Mais dans la bouche de Nicolas Gardères, ce cauchemar devient une belle planante, digne du monde des Bisounours qu’on aime idéaliser à la sortie d’une salle de shoot. Je résume les points les plus marquants de son interview.

– Notre ami, avec une belle fougue, défend les malheureux roms, victimes de graves persécutions et même de propos malveillants de Manuel Valls. Emporté par sa passion, il va même jusqu’à souhaiter la libre circulation, puis la libre installation, de chaque citoyen du monde, dans un monde merveilleux, débarrassé de frontières.

– Mais l’amour immodéré de la liberté et des droits (sans devoirs) s’arrête à ces salauds d’automobilistes qui osent venir polluer l’air des gentils Parisiens, même pour y travailler ! Et là, le gentil bobo libertaire sort les crocs ! Sus aux automobilistes ! Au nom de Sainte Ecologie, vive les villes sans pollueurs, sans activité économique, et donc sans travailleurs. Vive les transports en commun parisiens, leurs retards, leurs grèves, leurs tags, leurs banquettes éventrées, leurs vitres rayées, leurs mendiants agressifs, leurs signaux d’alarme tirés par jeu, leurs voyageurs qui hurlent dans leur portable, leurs jeunes qui mettent les pieds sur le siège d’en face, leurs resquilleurs qui ne paient jamais leur transport, et sautent allègrement au-dessus des barrières, sous les yeux de contrôleurs résignés… Vive les transports en commun où de sympathiques Roumains profitent de Schengen pour vous faire les poches pendant que des enfants de clandestins africains vous arrachent vos portables, créant ainsi ce fameux « sentiment d’insécurité » totalement fantasmé, créé ex nihilo par le discours haineux des salauds d’extrême droite forcément racistes dont parlent les amis politiques de Nicolas.

Notre avocat essaie par ailleurs de nous vendre une belle histoire. Valls serait le représentant d’une gauche autoritaire (les racailles ne l’ont pas remarqué), et les écolos seraient les derniers disciples d’une gauche libérale, qu’il préfère, ensuite, qualifier de libertaire. Nous avouons notre perplexité. Cohn Bendit, qui insultait les électeurs suisses, coupables d’avoir mal voté sur les minarets en 2009, et sur l’immigration en 2013, un libertaire ? Pourquoi ces grands amoureux des libertés publiques manifestaient-ils pour obtenir l’interdiction de l’apéro saucisson-pinard et des Assises sur l’islamisation ? Pourquoi le seul maire écolo de Paris, Jacques Boutault, a-t-il demandé l’interdiction d’un rassemblement de Résistance républicaine place de la Bourse ? Pourquoi les Verts ne disent-ils rien quand Valls menace de mettre internet sous le contrôle du CSA ? Pourquoi ne demandent-ils pas l’abrogation des lois libertidices Pleven-Gayssot-Taubira ? Pourquoi s’opposent-ils aux référendums, notamment sur le nucléaire ? Tout simplement parce qu’il n’y a que Nicolas Gardères qui les pense libertaires, alors qu’ils ne sont, Duflot en tête, que des politiciens carriéristes déguisés en écologistes.

Notre ami, d’autre part, justifie, comme s’il devait se trouver des excuses, son engagement auprès de Serge Ayoub, de Richard Roudier ou de Riposte Laïque et Josiane Filio, par une défense illimitée des libertés, et renvoie ses clients dos-à-dos avec les clandestins qu’il défend également dans les prétoires. Je ne vois vraiment pas le rapport entre la défense de la liberté d’expression, qui est un droit universel dans les démocraties dignes de ce nom (aux Etats-Unis, c’est même l’article un de la constitution) avec celle de personnes qui, quelles qu’en soient les raisons, ont violé la loi. Sauf en Europe, à cause de la politique libérale-libertaire de Bruxelles, dans tous les pays au monde, on expulse les personnes en situation irrégulière, et c’est parce qu’on agit ainsi qu’on permet aux étrangers venus s’intégrer et travailler de réussir leur assimilation.

– Enfin, la dernière tirade sur le préfet de police Boucault résume l’ensemble de l’interview de notre ami Nicolas Gardères. Au bout de 20 minutes, il est excellent, quand il dénonce les plaintes grotesques du préfet de Valls contre Josiane Filio et Richard Roudier. Il est parfait quand il évoque le fait, scandaleux, qu’un procureur de la République ose instruire un tel dossier, et démontre brillamment le côté inique du verdict. Mais ensuite cela se gâte. Il se sent obligé d’amalgamer le préfet Boucault à l’ensemble de la police, et de faire une diatribe anti-flics, pour nous faire une nouvelle planante sur le fait qu’une société digne de ce nom ne devrait pas avoir de police !

Sans doute que les grands enfants que sont Nicolas Gardères et sa copine Duflot  rêvent d’une société sans délinquants, sans policiers, sans violence, sans conflits, sans instinct de propriété, sans jalousie entre amants, et sans  injustice, –société d’ailleurs qui mettrait Nicolas Gardères au chômage, puisqu’il n’y aurait plus de raison de traîner les gens au tribunal. Mais comme ils mettent la charrue avant les bœufs, ils encouragent tous ceux qui ne connaissent pas nos lois, nos coutumes, nos valeurs, à venir s’installer et vivre chez nous selon leur bon plaisir… ce qui nécessite donc policiers, juges et prison…  Vous avez dit cohérence, messieurs les libertaires ?

D’ailleurs, il est sans doute plus facile de contester le rôle de la police, quand on vit dans les quartiers chics de Paris, avec trois digicodes pour arriver chez soi, et qu’on peut envoyer ses enfants dans les écoles privées, moyennant finances, à moins de bénéficier d’une école publique à Neuilly. La majorité de nos compatriotes, et notamment ceux qui prennent les transports en commun tant chéris par Nicolas Gardères, sont souvent soulagés quand une patrouille de police traverse leur wagon. Quant aux parents d’origine modeste, qui mettent leurs enfants dans des écoles publiques pas toujours très bien fréquentées, ils sont en général ravis de savoir que la police est présente à la sortie de l’école.

C’est curieux, mais je vois dans la défense du droit à la sécurité (toutes les sécurités) pour les plus modestes un axe émancipateur, républicain, et dans le discours libéral-libertaire de notre avocat, un discours conservateur, au service du système mondialiste. Car bien évidemment, les écologistes étant les curés du 21e siècle, il faut bien culpabiliser nos compatriotes en tenant des propos moralisateurs aux classes populaires, qui osent vouloir rester Français, ne veulent pas de l’islam, ni d’une immigration massive en période de chômage de masse. Pire, ces salauds de Français racistes préféraient l’époque où il y avait des frontières, qui les protégeaient de la venue massive des roms et des soldats d’Allah, malgré le lavage de cerveau dont ils sont l’objet depuis quarante ans ! « Puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut le dissoudre pour en élire un autre », disait Bertold Brecht. Militer pour la libre installation de tous est une autre façon de dissoudre un peuple qui dérange.

Martial Bild, qui a su garder un remarquable sens de l’humour, tout au long de l’entretien, conclut, en synthétisant le discours de notre ami avocat : « il défend les libertés, mais ne veut plus de voitures, ni de policiers. On est bien barrés ! »

Nous aimons beaucoup, malgré tout, le courage de Nicolas Gardères, sa liberté d’esprit et de parole, et le fait que ce sympathique militant, plutôt atypique, accepte de défendre des accusés qui sont fort éloignés de sa pensée. Nous espérons simplement que cela ne lui vaudra pas l’excommunication de cette grande amoureuse de toutes les libertés qu’il a cru remarquer chez Cécile Duflot.

Devons-nous donc nous séparer de notre avocat, sous prétexte que nous sommes aux antipodes de lui ? C’est bien mal connaître l’esprit de Riposte Laïque. Nous allons le garder comme défenseur – et hélas il va y avoir du travail – malgré l’ampleur de nos divergences. Tout simplement parce que nous apprécions l’avocat, combattons ses propos politiques, mais partageons avec lui l’amour de la liberté d’expression telle que la conçoit Noam Chomsky.

Cela ne nous empêchera pas, autour d’une bonne table, de poursuivre amicalement cette discussion avec lui, dans le meilleur esprit français…

Pierre Cassen

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