Introduire le délit de blasphème, rendre obligatoire le vote des étrangers, c'est la dernière du conseil de l'Europe !

Le Conseil de l’Europe commence à s’inquiéter des méfaits de l’intégrisme islamique ; aussi, lors de sa séance du 28 mars 2008, l’assemblée parlementaire a-t-elle proposé une analyse et des conseils destinés aux Etats membres afin d’intégrer les musulmans et les empêcher de verser dans les excès (1). Or, à côté de remarques d’une lucidité remarquable sur les dangers du terrorisme, sur les atteintes aux droits de l’homme dans certains pays musulmans, où le recours à la peine de mort, à la torture et aux traitements inhumains et dégradants tels que la lapidation et la mutilation physique sont tout autant légaux que moralement acceptables, ce qui est choquant dans l’esprit des Européens, d’autres, comme certaines de ses préconisations, sont carrément incompatibles avec le respect des principes républicains français, comme une simple explication de texte peut le montrer :
Il faut se garder de toute confusion entre l’Islam en tant que foi religieuse et l’intégrisme islamique en tant qu’idéologie qui promeut un modèle de société incompatible avec les valeurs des droits de l’homme et les normes de la démocratie.
Premier problème : l’islam ce n’est pas qu’une « foi religieuse », c’est un mode de pensée et, plus encore, un texte prescriptif qui induit un mode de vie et un modèle de société qui légitime l’inégalité homme-femme et proclame la suprématie du religieux sur la loi républicaine.
Les communautés musulmanes européennes et les pays membres du Conseil de l’Europe devraient travailler de concert pour réduire le potentiel d’attraction que l’intégrisme islamique exerce indéniablement sur les Musulmans européens. Une série de mesures concrètes devraient être prises afin de prévenir la discrimination, condamner et combattre l’Islamophobie, agir contre le discours haineux et assurer le respect des droits de l’homme et du principe de la primauté du droit dans l’exécution des mesures anti-terroristes, tout en évitant que les musulmans ordinaires qui professent leur religion de manière pacifique en pâtissent
Combien de fois encore, combien de temps encore devrons-nous donner des cours de français ? Une phobie, par son étymologie grecque, c’est une peur. Il ne saurait être question d’interdire d’avoir peur. On peut avoir peur d’une religion comme d’un système politique, de l’islam comme de l’extrême droite ; en quoi et pourquoi devrions-nous être condamnés ??? Assurer que voir des jeunes filles obligées de se voiler, interdites de fréquentations masculines, ça fait peur. Faut-il rappeler que cela n’a rien à voir avec un discours haineux ?
De plus, affirmer que c’est l’islamophobie qui créerait « le potentiel d’attraction que l’intégrisme islamique exerce indéniablement sur les Musulmans européens » est assez fort ! Ainsi, parce que le Français moyen, voyant les attentats, le nombre de femmes voilées et les revendications communautaristes (repas halal à la cantine, construction de mosquées…) augmenter, les routes barrées par des musulmans en prière devant celles-ci, la Marseilllaise sifflée, les drapeaux algériens ou marocains lors de manifestations de lycéens français, les mariages forcés, les réfections d’hymen etc. se mettrait à craindre l’emprise de l’islam, les musulmans modérés se fanatiseraient ??? Voici le Conseil de l’Europe métamorphosé en Ubu !
On remarquera enfin que les mesures anti-terroristes elles-mêmes sont soupçonnées de susciter le fanatisme, tant il est vrai que les services de police devraient espionner et arrêter les évangélistes pour déjouer les attentats islamistes !!!
Cerise sur le gâteau : que signifie « professer sa religion de manière pacifique » ??? Professer signifie soit « proclamer », « manifester haut et fort » soit « enseigner »; dans les deux cas, dans un pays laïque comme la France, il s’agit de faire du prosélytisme et de ne pas respecter la neutralité de la citoyenneté française qui permet le vivre ensemble ; il s’agit de ne pas respecter les autres religions, les autres croyances ni même, facteur aggravant, l’égalité républicaine homme-femme. La religion est et doit demeurer dans la sphère privée. Elle ne doit pas être un drapeau identificateur, ce qui, précisément, crée l’islamophobie qui fait si peur à nos censeurs.
Parallèlement à ces efforts, il appartient aux gouvernements européens en particulier de s’attaquer aux causes qui forment le terreau fertile de l’extrémisme – pauvreté, discrimination et exclusion sociale ; de garantir le plein respect de la liberté de pensée, d’expression et de religion, telle qu’énoncée dans la Convention européenne des droits de l’homme, et de contribuer à instaurer un climat de respect de toutes les religions quelles qu’elles soient, ou de l’absence de religion. A cet égard, les Etats membres du Conseil de l’Europe doivent continuer à être vigilants dans leur action de prévention et de lutte contre le phénomène de l’islamophobie.
Il est grave d’affirmer sans rire que le terreau fertile de l’extrémisme naît de la discrimination et de l’exclusion sociale : les attentats les plus sanglants perpétrés depuis vingt ans par ces extrémistes ont toujours été commandités à l’étranger et rarement exécutés par des terroristes vivant depuis leur enfance sur le territoire européen ; par ailleurs, comme pour les attentats de Londres ceux-ci sont souvent socialement favorisés. Le terrorisme se nourrit de la haine, beaucoup plus que des conditions sociales. Le terrorisme fait payer à des victimes innocentes les décisions de gouvernements, le terrorisme veut générer un climat de haine entre Occident et musulmans, le terrorisme ne justifie jamais ses actes par la situation quotidienne des musulmans dans le monde. Le Conseil de l’Europe confond allègrement terrorisme et délinquance.
On remarquera encore que, comme en passant, le Conseil de l’Europe rappelle que l’on doit « garantir le plein respect de liberté de religion » : celle-ci est inscrite dans notre constitution effectivement, mais je crains que l’on ne confonde la liberté de croire et l’obligation d’imposer des préceptes et contraintes religieux à l’ensemble d’une population.
J’ai déjà parlé de l’islamophobie, on notera simplement combien ce mot est récurrent (et je ne vous donne que des extraits ) et cela n’est pas anodin.
De même, comme l’Assemblée l’a déjà recommandé, les gouvernements européens, dans le but de créer une citoyenneté qui soit inclusive et participative, devraient remédier au fait que les immigrés et les citoyens issus de l’immigration jouissent actuellement de possibilités limitées de participer activement à la vie publique et politique. Sur le long terme, cette situation, due à des obstacles législatifs mais aussi sociaux, ne peut que renforcer les griefs et le sentiment d’injustice d’une partie de la population. Il faudrait accorder « aux immigrés en situation régulière le droit de vote et d’éligibilité, au moins aux élections locales et régionales, afin qu’ils puissent avoir une influence sur l’administration publique et les autorités au niveau local.
Va-t-on créer, spécialement pour et à cause des terroristes musulmans, un statut à part qui permettrait à un non-citoyen d’avoir les droits de celui-ci ?
Si un immigré veut voter, il doit demander la nationalité française, c’est simple. Le droit de vote donné aux ressortissants européens est déjà une aberration, au nom de quoi l’étendre et la développer, remettant ainsi en cause le fondement même de ce qui constitue une nation ?
Je vous renvoie à un texte que j’avais écrit à ce propos sur mon blog (2) et dont voici un extrait : « Si l’on donne ce droit, symbolique, fût-ce aux élections locales, à un non-citoyen, c’est ouvrir la boîte de Pandore, c’est ouvrir la porte à des pratiques républicanicides et liberticides.
Un seul exemple : on sait que certaines mairies aux mains d’élus socialistes, Sarcelles et Lille (il en est sans doute d’autres aux mains de l’UMP) ont ouvert des horaires réservés aux femmes dans les piscines. Si les communautés immigrées, majoritaires dans certaines villes de la couronne parisienne, par exemple avaient le droit de vote, ne verrait-on pas se généraliser ces pratiques, au risque même qu’elles soient imposées à toutes les femmes ? Et on ne parlera pas des finances municipales, des subventions aux écoles, aux associations … Pas besoin de boule de cristal non plus pour savoir ce qu’il en adviendra des financements de mosquées et, à contrario, d’associations d’aides aux femmes ! »
Les états membres devront prendre toutes les mesures nécessaires afin d’éliminer l’inégalité des chances à laquelle les immigrés sont confrontés, y inclus le chômage et l’instruction inadéquate
Et l’égalité des chances pour le Français de souche, né dans une famille incapable de l’élever, au chômage, vivant dans des ghettos, qui voit sa voiture brûlée, sa femme insultée, qui ne peut s’endormir car des bandes de jeunes occupent bruyamment l’espace la nuit, et dont les enfants ne peuvent accéder à l’ascenseur social car le travail à l’école est impossible à cause de tous ceux qui refusent les valeurs et l’enseignement transmis ??? Voir à ce sujet les lettres écrites par des collégiens à l’Inspecteur, « Le Monde », édition du 19 avril.(3)
Certes, on sait que nos gouvernements, de gauche et de droite, depuis vingt ans, ont laissé se dégrader la situation, ont laissé se constituer des ghettos, ont utilisé l’argent public pour loger à prix d’or des familles de sans papiers dans des hôtels quand le travailleur précaire, à temps partiel imposé, Français de souche ou immigré en règle dort dans sa voiture car il n’a pas d’argent pour payer un loyer… Mettre l’accent sur la communauté immigrée c’est de la discrimination pour les autres, c’est de l’injustice et cela n’a rien de républicain.
Compte tenu de ce qui précède, l’Assemblée invite les Etats membres du Conseil de l’Europe à prendre des mesures fermes contre la discrimination dans tous les domaines ; à condamner et combattre l’islamophobie ; surveiller le rôle joué par les pays étrangers dans le financement des mosquées et la nomination des Imams, afin de s’assurer que ces actions ne servent pas à promouvoir des opinions extrémistes ; soutenir la mise en place de formations, si possible universitaires, afin de former les Imams localement ; encourager la tenue d’un débat public et ouvert à tous sur les répercussions que peut avoir leur politique étrangère sur le phénomène de la radicalisation.[…]aider les communautés musulmanes à avoir des lieux de culte appropriés afin de minimiser le phénomène des dites mosquées de rue, c’est-à-dire les rassemblements de rue durant lesquels les personnes prient sous la conduite d’individus qui se sont autoproclamés Imams
Le grand mot est lâché : les Etats européens doivent légiférer pour que l’islamophobie devienne un délit … Il est interdit d’avoir peur en matière de religion. Les Etats européens doivent prendre en charge les frais inhérents à la pratique de la religion : financement des moquées et formation des imams, en contradiction complète avec la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 en France, ce qui montre à quel point les législations nationales sont le cadet des soucis de ces messieurs du Conseil de l’Europe. Encore plus grave, les Etats européens sont appelés, carrément, à pratiquer une politique étrangère orientée, qui ne lèse ni ne critique les Etats islamiques et, surtout, c’est sous-entendu, qui soutienne les yeux fermés les Palestiniens … Dans ce cas, il n’est pas interdit d’avoir peur, c’est même recommandé, il faut avoir peur des terroristes pour mieux accéder à leurs demandes … jolie conception de la liberté et de l’indépendance nationale !!! On ne devrait pas s’en étonner, on sait que Bruxelles (et Strasbourg, et La Haye …) veulent la mort des nations. L’islam est un moyen très sûr d’y parvenir.
Enfin le rapporteur, M. Mota Amaral, dit textuellement ceci :  » Ainsi, les communautés musulmanes sont pleinement en droit de désapprouver leurs gouvernements si elles estiment que certaines politiques sont discriminatoires envers les musulmans en raison de leur religion. […] Même dans les Etats laïcs, le respect de religion et de la diversité religieuse est essentiel et le signe d’un comportement civique et éduqué. Offenser les croyances religieuses d’autrui peut être perçu comme du harcèlement, de la discrimination voire un crime.
Il est ainsi carrément recommandé aux musulmans de pratiquer la désobéissance civile et de faire passer le respect de la religion avant celui des lois de leur pays. On voit très vite poindre l’incitation à instaurer un délit de blasphème. Il faut oser appeler crime le simple fait « d’offenser les croyances religieuses », surtout quand on sait que rappeler les aspects violents de la vie de Mahomet ou refuser le voile à l’école sont considérés par certains comme des offenses … Faut-il voir un hasard si ce rapport suit de près la signature, le 10/01/2008, par 400 associations islamiques, de la Charte islamique européenne ( signée, en France par l’UOIF), dont certains articles sont sans ambiguïté aucune (4) :
Article 15 : Considérant les principes fondamentaux de l’Islam et les intérêts qu’ils ont en commun, les musulmans d’Europe sont appelés à oeuvrer pour se rencontrer, s’entraider et coordonner les efforts de leurs institutions et leurs organisations.
Ceci n’interdit nullement particularismes et diversités, tant que ces différences restent conformes aux principes immuables de l’Islam et demeurent dans le cadre de la foi et des règles islamiques unanimement admises.

Article 17 : Les musulmans d’Europe respectent les lois et les autorités compétentes chargées de les appliquer. Ceci ne les empêche pas, dans le cadre de ce qui est garanti à tous les citoyens, de défendre leurs droits et d’exprimer leur opinion et leur position, individuellement ou collectivement. Ce droit à l’expression concerne aussi bien les problèmes spécifiques à la communauté musulmane que ceux communs à tous les citoyens. Lorsque les lois en vigueur s’opposent éventuellement aux pratiques et règles islamiques, les musulmans sont en droit de s’adresser aux autorités pour expliquer leurs points de vue et exprimer leurs besoins et ce, dans le but de trouver les solutions les plus adaptées.
Article 18 : Les musulmans respectent le principe de sécularisation fondé sur la neutralité de l’Etat à l’égard du religieux. Ceci implique un traitement équitable avec toutes les religions et garantit aux fidèles d’exprimer leurs convictions et de pratiquer leur culte, individuellement et collectivement, en privé et en public, conformément aux dispositions des droits de l’Homme et des conventions en Europe et à travers le monde. De ce fait, il est du droit des musulmans d’Europe en tant que communauté, de construire leurs mosquées et leurs propres institutions cultuelles, éducatives et sociales.
Il est aussi de leur droit de pratiquer leur culte et de se conformer aux règles de leur religion dans leur vie quotidienne en ce qui concerne les prescriptions alimentaires et vestimentaires entre autre.

Lumineux, non ? Mais très inquiétant. Inquiétant aussi, le fait que le Conseil de l’Europe, les associations musulmanes et le P.S. demandent la même chose : le droit pour les étrangers de participer à la vie de Cité, sans faire l’effort de la naturalisation … (5)
Christine Tasin
http://christinetasin.over-blog.fr
(1)http://assembly.coe.int/Mainf.asp?link=/Documents/WorkingDocs/Doc08/FDOC11540.htm Conseil de l’Europe, les communautés musulmanes européennes face à l’extrémisme
(2) http://christinetasin.over-blog.fr/20-categorie-10030153.html
(3) http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/04/18/des-mots-de-collegiens-sonnent-l-alarme_1035632_3224.html
(4) http://www.uoif-online.com/webspip/spip.php?article246
(5) http://www.libertyvox.com/article.php?id=319

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