Invité sur une télévision marocaine, j’ai essayé de démontrer que Mahomet est l’abcès purulent des musulmans

Le dimanche 23 septembre 2012, j’ai été invité à un débat télévisé par la chaîne marocaine Médi1 TV. L’émission  de grand format (70 minutes) était consacrée aux Prolongements des atteintes au sacré des musulmans (à l’islam et à Mahomet) . Il s’agissait bien de Mahomet, caricaturé, une nouvelle fois, par  Charlie Hebdo le mercredi 19 septembre. Le massacre et les exactions commises par des Libyens dans la nuit du 11 septembre étaient une aubaine que Charlie Hebdo aurait eu tort de ne pas exploiter. Motif invoqué par les fous de Benghazi : une vidéo postée sur Youtube. Elle n’avait pourtant enregistré, à cette date-là, que 100 visites et annonçait la sortie d’un film américain intitulé « L’innocence des musulmans ».

L’émission de Médi1-TV à laquelle j’ai été convié avait bien commencé. Les comptes-rendus de l’affaire étaient objectifs et posaient bien le problème : les musulmans ne veulent pas qu’on touche au prophète Mahomet – qu’ils vénèrent – et leurs adversaires tenaient absolument à leur liberté de critiquer et de caricaturer aussi bien les religions que leurs fondateurs. Par conséquent, le conflit et l’incompréhension sont inévitables.

Stéphane Charbonnier, dit Charb, directeur de publication à Charlie Hebdo fut mis à contribution pour expliquer sa position. Je dois avouer que les extraits que les téléspectateurs maghrébins eurent à regarder sont d’une honnêteté journalistique exemplaire : sobres, bien traduits et sans aucun effet visuel ou acoustique venant perturber les déclarations de « l’accusé » par qui le scandale fut relayé en France.

Les quatre intervenants sur le plateau qui m’étaient opposés(1) étaient tous dans le rôle convenu et attendu des intellectuels et esthètes marocains qui se doivent d’adhérer aux fondements sacrés du Maroc et de l’identité marocaine. Ils les savent aussi friables que le pisé des remparts marocains. C’est pour cela qu’ils ne s’aventurent jamais à sonder ces fondations, piolets en main. Nos intervenants étaient donc d’accord pour vilipender les différents pays occidentaux qui censureraient, soi-disant, les productions artistiques qui touchent au christianisme et au judaïsme, mais invoqueraient opportunément la sacro-sainte « liberté d’expression » dès qu’il s’agit d’affaires où l’on s’attaque au Coran et à Mahomet. Rien donc que du classique puisqu’ils savaient que bien des Occidentaux adorent qu’on leur disent qu’ils sont vilains, expansionnistes, racistes et qu’on les accusent de tous les maux de la planète ! Le  judéo-christianisme est passé par là et le mea culpa à tout va n’est jamais loin.

Dans leur critique éculée de l’Occident, la dame et les messieurs présents sur le plateau, faisaient semblant de ne pas savoir faire la différence entre la négation de faits historiques (de la Shoah, du génocide des Arméniens, de Sabra et Chatila, du Darfour…) et la caricature d’un Jésus, d’un Moïse, d’un Mahomet ou de leurs enseignements bibliques et coraniques.

D’emblée, j’ai tout de même pu rappeler à mes contradicteurs que le conflit entre

  • les musulmans, d’une part et
  • Israël, les chrétiens et les Occidentaux, d’autre part,

ne datait pas de Huntington, de Bush, de la création de l’état d’Israël, de la publication de ces caricatures et vidéos peu révérencieuses envers l’islam…, mais que le conflit datait bel et bien de la déclaration faite par Mahomet il y a 14 siècles : « J’ai ordre de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’y a pas d’autres dieux en dehors d’Allah et que Mahomet est son prophète ».

La modératrice de l’émission, Mme Jawhara Lak’hal, m’ayant demandé si je n’estimais pas que les musulmans étaient profondément blessés et agressés, j’ai répondu qu’en effet, la vérité blessait et que les musulmans savaient très bien qu’il ne faut surtout pas toucher à leur abcès purulent (الدمالة) qui a 14 siècles d’âge.

Les quatre invités ont beau essayé de se proclamer débatteurs ouverts à l’analyse académique et à la réponse civilisée, ils ne m’ont jamais laissé expliciter mes idées pour expliquer aux téléspectateurs que tous les musulmans avaient peur que la caricature ne mette à nu leur sacré qui n’est pas beau à voir :

  • Polygamie à outrance de Mahomet,
  • Pédophilie avérée du prophète lorsqu’il demande en mariage une fillette de six ans (Aïcha) et la déflore à l’âge de neuf ans,
  • Ignominie consistant à interdire ses neuf veuves de remariage. Aïcha n’avait que 18 ans ; la fleur de l’âge !

Voilà la honte dont tous les musulmans ont bel et bien conscience et qu’ils veulent toujours voiler, sous couvert de « sacré ». Dès que j’ai prononcé les mots « interdiction de remariage », des cris et des vociférations ont retenti dans le studio où étaient installés des personnes qui, juste quelques minutes auparavant, se disaient « civilisés ». Impossible donc de mentionner des vérités historiques telles que racontées par Ibn Hicham, un des premiers biographes de Mahomet.

Mes contradicteurs ayant à chaque fois couvert mon intervention téléphonique de leurs vociférations groupées, ils ont réussi à m’interdire de mettre à nu leur abcès nommé Mahomet. La modératrice de l’émission, Mme Jawhara Lak’hal, a tout de même réussi à calmer mes contradicteurs pour qu’ils me laissent un peu parler. J’ai fini par en placer une et par les accuser tous d’un consensus autour de l’hypocrisie. Et voilà M. Loukili, prédicateur de son état, qui jette dans la balance le milliard et demi de musulmans que j’aurais ainsi accusés d’hypocrisie ! Et voici Averroès ramené sur la scène pour me convaincre que l’Occident doit beaucoup aux musulmans. Ma réponse à M. Loukili fut simple et sans appel :

–        Voulez-vous que je vous réponde  ?

–        Allez-y !

–        Ce n’est pas Averroès qui a fait tourner la terre, alors que les Grecs le lui avaient appris. Les musulmans n’ont compris ce phénomène que lorsque d’autres Européens leur ont expliqué, une deuxième fois, que la terre tournait !

–        Ce n’est pas vrai, c’est faux !

C’est comme si mes ancêtres arabes n’avaient jamais traduit et étudié l’œuvre majeure d’Aristarque de Samos où il avait démontré que le soleil était autrement plus grand que notre planète. Averroès mentionne cette donnée physique mais n’en tire pas la même conclusion que Aristarque : il était plus logique pour lui que les petits corps tournent autour des grands. Mais Averroès, tout autant que l’Eglise, s’accrochait vainement à la logique d’Aristote qui fixait la terre et ses prétentieux habitants au centre de l’Univers. Et comme les musulmans se prennent pour « La meilleure nation (oumma) suscitée  au monde » (Coran III, 110), ils n’arrivent pas à avaler le fait que Copernic-Galilée-Kepler les aient remis à leur place.

Voilà comment de prétentieux intellectuels musulmans ont pu m’offrir, sur un plateau,  le cadeau qui confirme leur hypocrisie et leur sérieux problème avec la vérité historique. C’est la caractéristique par excellence de tous les totalitarismes, comme Hanna Arendt l’a si bien démontré.

Pascal Hilout

———

(1) L’émission « Milaff li n-niqâch » (Dossier à débattre) est présentée et modérée par

Mme Jawhara Lak’hal  السيدة جوهرة لكحل

Les reportages sont signés et présentés par

M. Mohamed Bourouis  السيد محمد بورويس

Et voici les participants au débat :

1 – Mme Raja Naji Mekkaoui السيدة رجاء ناجي مكاوي

2 – M. Abdelmajid Loukili السيد عبد المجيد لوكيلي

3 – M. Mohamed BenTalha Doukkali السيد محمد بنطلحة الدكالي

4 – M. Saad Chraïbi السيد سعد الشرايبي

5 – M. Pascal Hilout (par téléphone) باسكال حيلوط

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