Irak : la faillite des faucons américains et de la destitution de Saddam Hussein

Publié le 17 octobre 2014 - par - 1 037 vues
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Mission-accomplished-Bush-IraqKobané va donc tomber, question de jours sans doute, puisque ni les Occidentaux, ni les Arabes, ni les Turcs n’ont pu ou n’ont voulu porter secours aux Kurdes, qui se battent seuls contre des djihadistes toujours plus nombreux. Ainsi commence la guerre engagée par la “coalition” pour détruire l’Etat islamique, par une sinistre défaite, laissant un goût d’amertume chez les Kurdes qui se sentent abandonnés de tous et un sentiment d’impuissance chez les Occidentaux, incapables de renverser la situation malgré les deux mille raids américains lancés dans la bataille en deux mois de guerre contre Daech.

Cet échec de l’arme aérienne a un air de déjà vu, puisque les trois millions de tonnes de bombes déversées sur le Nord Vietnam de 1964 à 1975 par une armada de B52 n’ont servi à rien. La chute de Kobané devant une coalition impuissante ne présage rien de bon. Entre les Occidentaux qui refusent un engagement au sol, fort compréhensible après les fiascos afghan et irakien, les Arabes pour qui le fait de combattre les sunnites de Daech ne peut que renforcer l’éternel ennemi chiite iranien et les Turcs qui préfèrent les djihadistes aux Kurdes, la coalition a tout d’un attelage bancal prêt à se disloquer au premier durcissement d’un conflit bien parti pour s’enliser. Auréolés de leurs succès rapides, les djihadistes quant à eux, n’ont aucun mal à susciter de nouvelles vocations, leurs effectifs étant passés de 20000 à 30000 combattants en quelques semaines.

Cette troisième guerre contre le terrorisme, dans laquelle l’Occident s’engage à reculons, est vraiment mal partie. Quelle sera la stratégie adoptée par la coalition après cette défaite ? Mystère. Mais au vu de la situation globale du Moyen Orient aujourd’hui, on ne peut que déplorer l’aventurisme des faucons du Pentagone qui ont lancé la deuxième guerre d’Irak il y a douze ans. Sous la pression des lobbies du pétrole et de l’armement, et en usant d’un odieux mensonge d’Etat, ils ont allumé un brasier qui n’est pas près de s’éteindre.

La destitution de Saddam Hussein valait-elle le prix qu’en paie aujourd’hui le peuple irakien, qu’il soit sunnite, chiite ou kurde ? Il est permis d’en douter.

Jacques Guillemain

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