Irak : sans milices armées, les chrétiens seront exterminés

Publié le 28 juin 2014 - par - 1 555 vues
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En s’emparant de Mossoul en Irak les djihadistes menacent désormais directement les enclaves chrétiennes de la région des plaines de Ninive dont la grande ville de Qaraqosh.

Pris en tenaille entre sunnites et chiites dès la chute de Saddam Hussein les Chrétiens sont les seuls à n’avoir pu constituer leur zone autonome à la différence des sunnites, chiites et Kurdes. Cela tient à une  raison principale (en dehors de leurs divisions religieuses et politiques) : l’absence d’une force de défense chrétienne seule susceptible de les protéger efficacement et loyalement (il est impensable de compter sur la bienveillance des milices ennemies, musulmanes en l’espèce, ni même sur la police corrompue et infiltrée par les terroristes). Or, au tournant des années 2003-2005, ce manque a eu pour conséquence de les livrer à une insécurité dramatique (attentats, enlèvements, viols, rançons, etc ) qui a conduit des dizaines de milliers d’entre eux à fuir à l’étranger vidant encore davantage les zones chrétiennes de leur potentiel démographique et de défense (conditions de leur maintien), les forces de polices musulmanes étant peu enclines à prendre des risques pour les défendre lorsqu’elles n’étaient pas purement et simplement complices de tueurs, je reviens là-dessus mais nous n’insisterons jamais assez sur ce point capital.

Le point culminant de la terreur a été atteint, le 31 octobre 2010, la veille de la Toussaint, quand les terroristes sunnites ont assassiné 42 personnes en pleine messe dans la Cathédrale de Bagdad. Au nombre de ces 42 martyrs comptaient des enfants, les terroristes ayant pris un malin plaisir à les tuer devant leurs parents. Il faut imaginer l’effet de balles à ogives lourdes de 7.62mm kalashnikov tirées de près et déchiquetant leurs petits membres sous le regard des familles dont le tour a suivi. Le témoignage des blessés survivants est terrifiant.

Au Kurdistan irakien, la situation est différente et  les Chrétiens y sont désormais davantage en sécurité. Les relations avec les Kurdes, autrefois très dures comme en témoigne le génocide chaldéen perpétré par des Kurdes, sont désormais aplanies pourvu que les Chrétiens acceptent la prédominance kurde….une dhimmitude soft, encore et toujours.

Néanmoins, dans la région de Ninive les soldats kurdes surpris par l’avance sunnite se sont repliés au Kurdistan utile pour prioritairement défendre leur réduit vital loin de ce qu’ils perçoivent comme un conflit sectaire arabe et irakien, abandonnant de fait Qaraqosh à sa maigre police intérieure chrétienne. Dans l’angoisse, la ville attend l’assaut des hordes sauvages. Dans le même temps, à Mossoul, les miliciens sunnites de l’Etat islamique en Irak et au Levant imposent l’impôt de la Djiza aux Chrétiens restés sur place (15 000 d’entre eux ont pu fuir à temps).Pire encore dans cette dhimmitude sauvage : les femmes et les filles de ceux qui ne s’acquittent pas assez vite de cet impôt punitif sont violées à titre de représailles. Privés de milices efficaces pour n’avoir pas pu les constituer dans le temps, les Chrétiens subissent l’horreur et sont contraints de financer l’armement de leur esclavage.

Dans le même registre sordidissime, je rappelle que les tarés djihadistes ont édicté une de leurs lois morales dont ils ont la spécialité : toutes les femmes célibataires doivent accomplir le djihad du sexe à savoir servir d’esclave sexuelles aux pourceaux enturbannés, cela inclut les religieuses chrétiennes….et ne manque pas de rappeler le Nigeria où Boko Haram a enlevé des centaines de lycéennes chrétiennes pour les vendre comme esclaves au nord Centrafrique (sous contrôle de la Seleka islamique) et au Soudan. De même, le 25 juin dernier  60 femmes et filles y ont été enlevées, quoi d’étonnant à un tel niveau d’insécurité quand on sait que la police et l’armée sont dirigées par des musulmans plus ou moins radicaux.

Les évêques irakiens et occidentaux en charge de l’église orientale avaient interdit aux chrétiens de se constituer en milices, ces derniers en paient aujourd’hui le prix du sang dans des conditions abominables. La responsabilité des prélats islamophiles et ‘humanistes’ est immense. Il convient de bien garder cela en mémoire à l’heure où les tenant de la droite faussement dure, encore moins virile, des sortes de Boutinistes et autres dhimmis prônent ici, dans le confort d’une société où tout reste pourtant possible (avant qu’il ne soit trop tard),  un suicidaire dialogue inter religieux que les islamistes identifient eux-mêmes comme un pacte de dhimmitude et soumission comme le précise Bernard Antony. Ce même dialogue islamo-chrétien dont Bachir Gemayel disait que les Orientaux devaient cesser d’en être les cobayes sacrifiés par les cathos progressistes et protestants cartériens, et  il savait de quoi il parlait, lui qui par son courage et son organisation devait permettre leur maintien sur le seul territoire viable pour eux : le Liban.

Le contre-exemple du Liban

Ce maintien a été acquis au prix du sang et du courage, à  1 contre 14 et pendant 15 ans les Maronites, les Grecs catholiques aidés de quelques Arméniens catholiques et de plus rares Orthodoxes (les Orthodoxes au Liban étaient majoritairement –pas tous heureusement- des tenants de l’arabisme marxisant, dhimmitude d’idiot utile, une sorte de soralisme avant l’heure) ont fusionné leurs petits groupes miliciens pour créer une armée (Kataeb, Noumour, et gardiens du Cèdre).Personne n’aurait parié un dollar sur eux, sans arme lourde (un seul et antique canon), peu d’armes modernes, là où les palestiniens avaient tanks, artillerie lourde et mortiers, appuyé par l’URSS, le pacte de Varsovie, les pétromonarchies, et même l’Amérique du benêt Carter au début,  quelle disproportion des forces ! Et pourtant ils ont tenu car ils refusaient la dhimmitude, ils refusaient de s’en remettre sécuritairement d’abord aux Druzes, Sunnites et Chiites pour mieux se laisser évincer ensuite.

En effet, l’ensemble de la racaille de gauche libanaise comptait sur les Palestiniens pour enfin ne plus partager le pouvoir avec les Chrétiens selon la formule du Pacte national (ce Pacte organisait partage du pouvoir entre les différentes communautés religieuse afin de maintenir l’équilibre). Quelle honte pour les libanais musulmans, censés représenter  la meilleure des communautés, d’être les seuls de cet Orient arabe à partager le pouvoir avec des Chrétiens qui ne pouvaient être que des dhimmis, des soumis. Ils avaient déjà tenté, en 1958, de s’emparer du pouvoir par la force sur le fondement d’un putsch nassérien, ils avaient échoué. L’arrivée des Palestiniens, chassés de Jordanie après septembre noir , devait enfin inverser le rapport de force. Par les accords du Caire, le Liban s’était vu imposer par les autres’ pays frères’ arabe le fardeau de la présence palestinienne. Cet arrivée massive était assortie de l’extra territorialité : dans des zones de non droits les Palestiniens avaient l’autorisation d’entretenir un Etat dans l’Etat avec leurs percepteurs d’impôts, leur ‘administration’, leur prétendue ‘police’, et leur milice armée (bien équipée). Dès lors, les Libanais chrétiens devinrent des étrangers sur leur propre sol subissant brimades, enlèvement contre rançon, contrôle d’identité dans les zones islamo-palestiniennes, assassinats. Ils auraient pu écouter les prélats occidentaux et même l’occident tout entier qui ne rêvait que de les lâcher à bon compte et subir le sort que subissent aujourd’hui les Chrétiens d’Irak et de Syrie, mais ils avaient choisi d’être des hommes debout, libres et armés, pour eux ni valise ni cercueil : la Patrie et un fusil ! Ils sont encore là, et leur réduit sert désormais de refuge aux autres.

En 1895 lors des premiers massacres d’Arméniens par les Turcs, ceux des Arméniens qui avaient pu survivre furent ceux qui avaient refusé d’obéir à l’injonction de rendre les armes, notamment dans la ville de Zeitoun où ils s’étaient organisés en défense citoyenne. Là encore, les mêmes causes produisant les mêmes effets,  ils ont tenu, localement dans un rapport de force favorable.

Sans’ cantonisation’ ou autonomie locale vis-à-vis d’un pouvoir ennemi ou hostile et sans organisation de défense autonome toute tentative de résistance était, est et restera vouée à l’échec.

Les évènements tragiques d’Irak et de Syrie consacrent le retour du droit du plus fort, les lois et règlements, le droit international sont impuissants, sinon complices lorsqu’ils nous désarment moralement et physiquement. Les procédures de ‘Suédois’ ne marchent pas avec des primaires, là ne s’applique que le droit du plus fort alors même qu’en Occident on se vautre dans la faiblesse, il n’y a qu’une solution contre la force : la force ! Soyons les plus forts !

Stan Yaroch

 

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