Iran, 11-12 janvier 2020 : le week-end de la colère


Janvier 2020 : effigie de Qassem Soleimani à Téhéran, « Soleil Mani » éteint le 3 janvier
L’élimination de Soleimani avait semblé ressouder une partie du peuple iranien contre le Grand Satan USA et sa progéniture le Petit Satan Israël. Mais après la gaffe monstrueuse ciblant le Boeing 737-800 ukrainien, la belle solidarité médiatiquement nationale s’effrite.
Les étudiants ont commencé à manifester le samedi 11 janvier à Téhéran et dans les grandes villes comme Ispahan et Chiraz (capitale culturelle de la Perse). Certains s’écrièrent « Bi-szaraf ! Bi-szaraf ! », insulte suprême qualifiant une personne dénuée d’honneur, cependant que d’autres évitèrent de manière ostentatoire les drapeaux américains et israéliens peints sur les trottoirs et destinés à être piétinés, préférant arracher les effigies de feu Soleimani. Tout cela est acté sur les réseaux sociaux.
Ces manifestants ont hurlé : « Soleimani était un assassin, tout comme son chef ! » ou « Notre ennemi est ici et non aux États-Unis » ou encore « Les Gardiens de la Révolution commettent des meurtres et le Guide les soutient ! », ce qui est audacieux quand on sait qu’en Iran, une telle injure envers l’ayatollah est passible de deux ans de prison. D’autres s’échangèrent le tweet de Donald Trump en persan : « Je suis de votre côté »

Trump aux autorités iraniennes : NE TUEZ PAS VOS CONTESTATAIRES
Ces étudiants ont été rejoints par des célébrités et divers opposants iraniens s’insurgeant contre la parfaite hypocrisie des autorités qui prétendirent que l’erreur humaine avait été induite en partie « par le climat de guerre psychologique imposé par les USA ». La mise à mort du Boeing se solde par 82 tués iraniens et si la tragédie n’avait comporté des Canadiens et Suédois, on se demande si les autorités n’auraient pas simplement étouffé les soubassements de l’affaire.
L’Association des journalistes de Téhéran parle de « deuil de la confiance publique » et le rédacteur en chef de l’agence Tasnim, pourtant liée aux Gardiens de la Révolution, a affirmé que les mensonges des autorités sont une catastrophe identique à sa version aérienne.

11 janvier 2020 : étudiants de l’université Amri Kabir de Téhéran
Hommage aux victimes du Boeing
La contestation est souvent féminine, bravo les filles !
L’actrice iranienne Taraneh Alidoosti sur Instagram : « Nous ne sommes pas des citoyens. Nous ne l’avons jamais été. Nous sommes des esclaves ». Pour les autorités, c’est une vérité de destruction massive du pouvoir. En Iran, Instagram reste en « circulation libre » et son post compte plus de 6 millions de vues.

Taraneh Alidoosti
La sportive iranienne Kimia Alizade, médaillée de bronze en taekwondo aux JO 2016 de Rio de Janeiro, a carrément mis les voiles, quel tollé pour le régime ! Elle souhaite maintenant briller aux JO 2020 de Tokyo sous une autre bannière…

Kimia Alizade
Allah recherche d’une nouvelle vie non voilée en Allemagne
Et maintenant ?
Indépendamment des agitations anti-américaines, le peuple iranien est descendu dans la rue en 2009 et en 2017 en signe de protestation contre les élections falsifiées, procédé que beaucoup d’Iraniens ressentent comme une humiliation. Il a remis le couvert en novembre 2019 suite aux hausses drastiques du carburant. Le régime des Gardiens de la Révolution islamique semble en panne : crise économique aiguë + relations tendues avec les States = avenir rien moins qu’assuré.
Il n’est pas certain que le « réformateur » Rouhani puisse conserver le pouvoir après les prochaines élections législatives du 21 février 2020. Dixit les paroles d’Ebrahim Raisi, à la tête de la justice iranienne et successeur présumé de l’ayatollah Khamenei : « Les agents américains veulent user du peuple iranien pour mettre en péril la sécurité de la nation ». Et quand on sait que le supposé Futur Guide Suprême est un ultra-conservateur bourré jusqu’à l’os d’islamisme chiite, il y a de quoi être pessimiste !
On ne naît pas musulman. On le devient par instrumentalisation pédagogique de la part des autorités islamiques et c’est un constat particulièrement médiocre. Curieusement, les supranationalités telles que l’UE ou l’Onu, censées guider l’humanité vers des jours meilleurs, n’ont toujours pas ledit constat à l’ordre du jour.
Richard Mil

Une fois n’est pas coutume : la gauche surclasse la droite
 

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4 Commentaires

  1. L’Iran des Mollahs n’en a plus pour longtemps.
    On retrouve le syndrome de Berlin Est.

  2. il est de fait qu’en islam il est INTERDIT de faire des représentations humaines ou animales et non seulement du maohmé.
    il n’y’a aucune sculptures de ce genre et l’art et la décoration se limitent à des mosaïques de petits carrés (forts belles parfois)…
    Alors POURQUOI ces portraits géants d’hommes affichés partout en Iran et d’autres pays mahométans ?
    Musulmans : vous faîtes de l’idolâtrie comme ceux que vous condamnez dans votre coran. Vous êtes tous des apostats !

  3. On ne nait pas musulman on le devient ? A voir. Ce qui est commun aux peuplades musulmanes est leur extrème consanguinité, ce qui en fait des abrutis violents avec une faible empathie. Le vieux dilemme de l’acquis et de l’inné. Suffit de voir les musulmans de France, pourquoi se tournent-ils massivement vers le salafisme ? On peut blâmer le cadre familial, mais même les rejetons des familles les plus progressistes deviennent des égorgeurs. Tant que les états officiellement musulmans n’appliqueront pas des politiques eugénistes, ou au moins n’interdiront pas les unions consanguines, il n’y aura jamais d’évolution. Les protestataires sont majoritairement des classes supérieures. La masse musulmane vote massivement pour plus d’islam, le régime qui suivra les mollahs sera pire encore.

  4. le courage devient féminin partout dans le monde
    dire la vérité tout haut voilà ce qu’osent ces jeunes iraniennes … comme mila …

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