1

ISF : on voit que Macron n’a jamais été entrepreneur, mais investisseur

Pourquoi la théorie du ruissellement préconisée par Macron est trompeuse ?

Dans ses diverses réponses concernant l’ISF, Macron avance toujours la même théorie du ruissellement : récompensons les riches investisseurs en leur diminuant l’impôt sur la fortune. Ils réinvestiront cette manne dans leurs entreprises et ainsi créeront des emplois et augmenteront la part du gâteau à partager.

On voit que Macron n’a jamais été entrepreneur, il a été investisseur avec sa banque mais ne connaît pas les coulisses du métier de patron.

Je l’ai été en France et surtout aux États-Unis où j’ai créé plusieurs sociétés dont l’une est devenue numéro un dans son domaine. Elle avait un chiffre d’affaires qui se comptait dans les millions de dollars dans les années 80.

Or toucher un paquet d’argent d’une façon inopinée (ce fut le cas en France avec la transformation de l’ISF en IFI) va faire réfléchir l’entrepreneur. Comment va-t-il répartir cette somme ? Dans le matériel ? Dans sa dette ? Dans son personnel ?

La priorité sera d’abord de consolider la valeur de son entreprise en diminuant ses dettes. Il mettra au moins 30 % dans l’effacement de ses débits et dans le rachat des actions de façon à augmenter son portefeuille. Puis il dépensera pour améliorer la production, la rendre plus efficace, plus rentable en achetant du matériel plus moderne. Il ira jusqu’à 50 % de la manne.

Enfin et uniquement si son carnet de commandes s’accroît, il pensera à créer des emplois. Car Macron oublie, comme tout bon Français, que ce n’est pas la PRODUCTION qui créé de la richesse mais ce sont les ventes qui apportent du capital nécessaire à une meilleure prospérité. Sans ventes, pas de richesse, les produits manufacturés s’entasseront dans des entrepôts sans partir à l’étranger. C’est ce qui malheureusement se passe dans notre pays avec une balance commerciale déficitaire. L’Allemagne a au contraire un large bénéfice. Les Allemands sont-ils meilleurs «  commerçants »  que nous ? Au moins ils sont plus commerciables que les Français. Les Anglais aussi. La vente, le commerce n’ont jamais au cours des siècles été notre point fort dans les échanges internationaux. Aux siècles précédents, les Anglais nous enterraient. Ils ne se contentaient pas d’accaparer des terres mais aussi de développer des échanges commerciaux.

Revenons à la répartition de cette manne inattendue. Si le chiffre d’affaires est en hausse, le patron pensera à recruter des employés supplémentaires mais prudemment avec des CCD. Sinon des intérimaires. Le tour est joué, il pourra faire face à cette augmentation de commandes. Cela représentera 20 % de la somme perçue.

Mais nos technocrates ultra-intelligents de Bercy ont fait un simple calcul : on donne par exemple 5 millions d’euros à cette entreprise. Comme la création d’un emploi coûte environ 50 000 euros par an, ce patron créera alors 5 millions : 50 000 = 100 emplois. Or le patron n’embauchera que 5 personnes supplémentaires, ce qui est loin des statistiques espérées par Macron.

Des milliers d’emplois nouveaux souhaités et calculés par Bercy, il n’y en aura que quelques centaines, ce qui ne résoudra pas le problème du chômage de masse que nous avons en France.

En réalité, Macron aura aidé les entrepreneurs et les investisseurs à consolider leur position financière mais pas la sortie des classes ouvrières et moyennes de leur état miséreux. Il mérite à ce titre, celui de président des riches. Mais ce n’est pas tout à fait de sa faute, au brave homme, car il a suivi de médiocres cours d’économies qui lui ont fait avaler de fausses notions sur le commerce et l’entreprise.

Depuis un an, il a distribué plus de 5 milliards d’euros de ristournes aux investisseurs et aux patrons, surtout gros patrons et rien n’a encore ruisselé vers le bas : le chômage est aussi élevé, le niveau de vie baisse et le seuil de pauvreté reste le même pour des millions de Français.

Son erreur majeure c’est de s’entêter dans cette politique, et les Gilets jaunes ont eu raison de l’interpeller sur ce sujet. Plus il refusera de revoir l’ISF, plus la situation se dégradera.

Alors que reste-t-il aux électeurs ? C’est de le ramener brutalement sur terre en lui infligeant une humiliation politique aux européennes.

Pourquoi cette différence entre la balance commerciale française et allemande lire :

« Quand le Made in France devient le Mad in France », explication pleine d’humeur et de vérité !

André Girod