Islam de France : réponses aux phrases creuses de Manuel Valls

Publié le 7 mars 2015 - par - 2 086 vues
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VallsinsecuriteMonsieur le Premier ministre,

Quand j’étais élève de terminale, mon professeur de philosophie disait qu’il fallait toujours se demander dans quelle mesure le contraire d’une affirmation n’aurait pas quelque chance d’être vrai. C’est en appliquant ce conseil que je réponds à votre discours du 3 mars dernier, consacré à « l’islam de France ».

L’extrémisme islamiste et l’extrême droite – déclarez-vous – sont deux « dangers majeurs pour la République ».

Oui, pour l’extrémisme islamiste, dont chacun peut constater la barbarie ; non pour l’extrême droite, qui, faute d’égorgeurs ou de tueurs à la kalachnikov, n’a d’extrême que le nom.

A ces « deux dangers », « la seule réponse, la seule, c’est la République ».

La République – et c’est fort regrettable ! – n’est pas « la » réponse, car elle n’est pas un danger pour l’extrémisme islamiste. Par contre, elle serait « la » réponse si elle décidait de terroriser les terroristes islamistes.

Quant à l’extrême droite, ou bien elle est à mettre sur le même plan que l’extrémisme islamiste (mais alors pourquoi en permettre l’expression ?), ou bien elle est un parti politique « comme un autre », qui peut effectivement apparaître dangereux… « comme un autre » !

« La seule réponse précisez-vous c’est la laïcité, c’est l’éducation, c’est l’université, c’est le savoir, c’est l’intelligence, c’est la capacité de vivre ensemble ».

« La laïcité » ?

En autorisant les « accommodements raisonnables » et les discours anti-laïques qui retentissent dans la plupart de nos mosquées ?

« L’éducation » ?

Mais que faire contre l’éducation familiale, lorsque la famille enseigne ce que combat la République ?

« L’université » ?

Avec le voile, qui offense l’universel ?

« Le savoir » ?

Le savoir – hélas ! – ne favorise que les esprits préparés.

« L’intelligence » ?

Mais la plupart des dignitaires nazis étaient intelligents !

« La capacité de vivre ensemble » ?

Parler de « la capacité de vivre ensemble » dans la France actuelle, c’est parler d’air pur derrière un masque antipollution : avec les extrêmes, aucun vivre-ensemble n’est possible !

Vous apportez votre soutien aux cursus consacrés à la laïcité et à l’islamologie.

Mais en quoi ces deux notions ont-elles besoin l’une de l’autre ? La laïcité ne s’est-elle pas toujours passée de l’islamologie ? L’islamologie ne cherche-t-elle pas à se passer de la laïcité ? « Islam » signifie « soumission » à la parole d’Allah, non à la laïcité !

Vous voulez vous attaquer à tout ce qui « retarde » l’islam de France, alors que c’est l’islam qui « retarde » la France ! S’il existait un islam progressiste, ne serait-il pas la France ? Et dans ce cas, qui parlerait d’ « islam de France » ? Qui parlerait même d’ « islam » ?

Il faut donc former « des imams français, francophones », qui « aiment la France ».

Je n’insisterai pas sur le devoir de francophonie inhérent à tout Français digne de ce nom, tant cette exigence va de soi. Par contre, l’expression « qui aiment la France » mérite qu’on s’y arrête : ou bien les imams que nous devons former aiment déjà la France, et n’ont besoin, de ce fait, d’aucune formation ; ou bien ils n’aiment pas la France, et dans ce cas, aucun « il faut !» ne saurait suffire, car « aimer » relève d’un sentiment, et un sentiment n’obéit à aucune injonction.

Cependant – concluez-vous – « il faut être très clair : l’Etat ne s’occupera pas de théologie ».

Mais la théologie islamique s’occupe de plus en plus de l’Etat !

« Il n’y aura pas de loi, il n’y aura pas de décret, pas de circulaire pour dire ce que doit être l’islam ».

Mais l’islam dit de plus en plus ce que doit être la République !

« Il n’y aura pas de tutelle, pas de privilège particulier ».

Mais la dhimmitude traverse toute la classe politique !

« Jamais l’Etat ne prendra le contrôle d’une religion, d’un culte ».

Certes, puisque c’est l’inverse qui est en train de se produire sous nos yeux !

Aussi comprendrez-vous, Monsieur le Premier ministre, que je sois « étonné, indigné, par le fait qu’on n’en prenne pas suffisamment conscience » en haut lieu.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de ma très haute considération.

Maurice Vidal

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