Islam et antisémitisme : un lien de causalité inévitable ?

Publié le 12 avril 2020 - par - 23 commentaires - 1 430 vues
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Les Juifs et les Américains sont responsables de la pandémie Covid-19 !

Dans une vidéo, Abd Al-Wahhab Al-Mahbashi, membre du Bureau politique Houthi, a déclaré dans son sermon du vendredi 20 mars 2020 que les musulmans devraient s’unir sur le chemin de Jérusalem et dans le djihad contre les Juifs et que l’inimitié envers les Juifs est l’une des caractéristiques identitaires des musulmans. Pour lui, les Juifs et les Américains sont responsables de la pandémie Covid-19. Il a déclaré que le Coronavirus, qu’il a décrit comme une « agression américaine », a été transformé en virus mortel dans les laboratoires américains et que le Yémen et la bande de Gaza sont deux lieux où aucun cas d’infection par des Coronavirus n’a encore été recensé. Dans sa logique, le Covid est une punition de Dieu [1] . La retranscription du sermon figure en fin d’article.

Tout le monde le sait : il n’y a pas d’antisémitisme en France. D’ailleurs en 2009 c’est Jacques Attali qui le dit : « Zéro : absolument aucun. C’est un mensonge. Un pur mensonge. Il y a quelques antisémites bien connus. Mais cela ne constitue pas un problème au niveau national (…) la France a la communauté juive la plus moderne, et la plus moderne communauté arabe et musulmane. Il est absolument crucial que les relations entre les Juifs et les Arabes en France soient un succès » [2]. Mais c’est aussi un fervent admirateur et défenseur de l’Islam : « L’islam, en soi, n’est pas une menace pour la France ; il en est une composante depuis le VIIIe siècle. C’est même par lui, et par les philosophes juifs, que la pensée grecque est arrivée en France au tournant du premier millénaire. Et jamais le monde ne s’est mieux porté que quand Judaïsme, Chrétienté et Islam travaillaient ensemble à faire triompher la raison sur l’obscurantisme » [3]. Il est sur son petit nuage… et ne voit aucun problème d’antisémitisme au sein de la communauté musulmane de France. Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre !

La vérité, c’est qu’il est devenu impossible de parler librement de l’islam sur le continent européen. L’état d’esprit actuel de l’élite implique d’éviter tout débat par peur d’offenser les musulmans, et conduit à satisfaire les exigences des islamistes. [Ayaan Hirsi Ali]

Une récente étude intitulée « Radiographie de l’antisémitisme en France », réalisée par l’Ifop pour l’American Jewish Committee et publiée mardi 21 janvier 2020, montre qu’il y a un réel malaise chez les Juifs de France [4]. Dans cette enquête de 123 pages, il est à noter que le mot « Islam » est totalement absent. « Islamisme » est utilisé deux fois et le mot « musulmans » deux fois pour faire référence à un livre. Le rapport a été totalement aseptisé et ne s’intéresse pas aux auteurs des actes antisémites, mais uniquement aux données quantitatives du phénomène… il ne faut surtout pas stigmatiser une partie de la population française, il vaut mieux jeter l’opprobre sur son ensemble ! Il est à noter que cette étude est passée totalement inaperçue, certainement en raison de l’épidémie du Coronavirus et de la focalisation des médias sur ce dernier.

Si Molière avait lu ce document, il aurait pu écrire : « Couvrez ce musulman que je ne saurais voir : — par de pareilles statistiques les âmes sont blessées, — et cela fait venir de coupables pensées ».

Selon l’étude menée par l’Ifop, « Les préjugés sur les Juifs apparaissent aux yeux du grand public comme étant la principale cause de l’antisémitisme en France (58 %), devant l’islamisme (36 %), qui est revanche davantage cité par les Français de confession ou de culture juive (45 %). Ces derniers placent les préjugés en deuxième position (42 %) (…) ».

Dans l’étude on peut aussi lire que pour échapper à l’antisémitisme, les Français juifs évitent certains territoires (44 %). Rien dans le rapport n’indique la localisation de ces territoires. Mais il est fort probable qu’il s’agisse des nombreuses zones de non-droit, ces territoires perdus de la République.
L’enquête montre aussi que les deux principaux lieux où des incidents antisémites se produisent sont la rue (54 %), mais bizarrement aussi à l’école (55 %). Il y a seize ans, M. Jean-Pierre Obin remettait à M. François Fillon, alors ministre de l’Éducation nationale, un rapport sur « les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires » [5]. À l’époque, ce qui avait le plus choqué le rapporteur était la violence de l’antisémitisme musulman, obligeant les parents à déscolariser leurs enfants de l’enseignement public… « Nous ne pouvons rien faire, c’est les Juifs contre les Arabes », avaient déploré certains chefs d’établissement.
Extrait du rapport Obin (juin 2004 — page 22) : « D’une part on observe la banalisation, parfois dès le plus jeune âge, des insultes à caractère antisémite. Le mot “juif” lui-même et son équivalent “feuj” semblent être devenus chez nombre d’enfants et d’adolescents une insulte indifférenciée, pouvant être émise par quiconque à l’endroit de quiconque. (…) D’autre part les insultes, les menaces, les agressions, bien ciblées cette fois-ci, se multiplient à l’encontre d’élèves juifs ou présumés tels, à l’intérieur comme à l’extérieur des établissements ; elles sont généralement le fait de condisciples d’origine maghrébine. Dans les témoignages que nous avons recueillis, les événements du Proche-Orient ainsi qu’une sourate du Coran sont fréquemment invoqués par les élèves pour légitimer leurs propos et leurs agressions. Ces justifications peuvent aller jusqu’à assumer les persécutions ou l’extermination des Juifs. ».

Dans l’enquête de l’Ifop, on peut aussi lire « qu’un quart des Français juifs ont déclaré avoir déjà évité de révéler leur appartenance à la communauté juive sur leur lieu de travail ». Cette situation avait aussi été évoquée dans le rapport Obin — page23 : « Dans d’autres établissements, comme dans ce collège d’un bourg de la vallée du Rhône, nous avons constaté que la scolarisation d’élèves juifs ne se faisait plus que grâce à sa dissimulation, seul le principal en ayant été informé par les parents et assurant discrétion et vigilance ; mais le patronyme des élèves ne le permet pas toujours. Cette situation existe également s’agissant de personnels ». À l’époque le rédacteur avait encore le courage d’indiquer les racines du mal.
Rapidement enterré, ce document montre clairement que tout le monde savait, mais aussi que personne n’a rien fait ! Ce rapport est encore cruellement d’actualité et surtout depuis rien ne s’est amélioré !

L’étude montre aussi que « plus d’un Français de confession ou de culture juive sur deux a déjà envisagé de quitter la France ». Que les Juifs quittent la France n’est pas un fait nouveau, mais depuis 2012, ces départs sont en nette augmentation. Les juifs partent… les musulmans arrivent…

Il n’est pas possible de passer sous silence que « depuis 2006, dans l’Union européenne, seize personnes ont été assassinées parce que juives. Onze l’ont été en France. Toutes l’ont été par des musulmans ». Ce n’est pas l’islam qui tue, mais l’islamisme…

« Nous ne devons faire aucun amalgame (…). Ceux qui ont commis ces actes, ces terroristes, ces illuminés, ces fanatiques, n’ont rien à voir avec la religion musulmane » [François Hollande — le 09 janvier 2015]

Des Juifs ont vécu dans les pays arabes durant des millénaires. Nombre de communautés juives y ont même précédé l’arrivée de l’islam. Le nombre de juifs qui vivent dans des pays à population majoritairement musulmane n’a cessé de baisser. On comptait par exemple au Maroc 286 000 juifs en 1948, leur nombre est passé à 50 000 en 1968. Début 2015, ils n’étaient plus que 2 500. En Algérie, ils étaient 130 000 en 1948 contre 1 500 en 1968, de même qu’en Égypte, ils sont passés de 75 000 à moins de 1 000 durant la même période. On estime en revanche qu’il n’y a plus de personnes de confession juive en Arabie saoudite, si ce n’est sur les bases américaines.
Sans être les seules causes, la discrimination, les expulsions, les spoliations et les pogroms ont été décisifs dans cet exode : « Ils ont tout abandonné pour sauver leur vie. Leurs demeures, leurs usines, leurs immeubles communautaires, leurs synagogues, tout a été saisi, confisqué, un patrimoine s’élevant à des centaines de milliards de dollars », indique Edy Cohen (professeur israélien spécialiste du monde arabe).

Les mouvements islamistes et la coopération avec les nazis au milieu du XXe siècle ont contribué de manière essentielle à la montée de l’antisémitisme chez les musulmans. À titre d’exemple, le grand mufti de Jérusalem diffusait à partir de Berlin en 1944 de la propagande pro-nazie en arabe et incitait les musulmans à tuer des juifs : « Arabes, levez-vous comme un seul homme et battez-vous pour vos droits sacrés. Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, l’histoire et la religion. Cela sauvegarde votre honneur. Dieu est avec vous ».
Le Parlement israélien a décrété le 30 novembre « Journée annuelle de commémoration de l’exil des réfugiés juifs du monde arabe » [6] provenant notamment : d’Algérie, d’Irak, du Liban, de Libye, du Maroc, de Syrie, de Tunisie, du Yémen… Il est à noter que l’Assemblée générale des Nations unies a statué à 197 reprises entre 1946 et 2014 sur le statut des « réfugiés palestiniens », alors qu’elle ne mentionne pas une seule fois le sort des « réfugiés juifs des pays arabes ».

De nombreux sondages montrent pourtant que dans les pays marqués par l’islam, les opinions antisémites sont répandues et en forte expansion chez une grande majorité de la population. En France, de nombreux immigrés musulmans sont originaires de ces pays et on peut légitimement se demander s’il n’y a pas une relation de cause à effet dans la recrudescence de l’antisémitisme ?
Un site Internet recense les actes antisémites à travers le monde [6]. La carte interactive montre par exemple qu’au Moyen-Orient et en Afrique du Nord 74 % des habitants ont une mauvaise perception des Juifs. Après la vue d’ensemble, il est possible de faire une sélection pays par pays. En sélectionnant la Palestine et Gaza, on constate que 93 % de la population nourrit des sentiments antisémites. En Égypte ce sont 74 %. On peut constater qu’il y a peu de musulmans… mais beaucoup d’islamistes dans ces pays.


 

Retranscription des sous-titres de la vidéo :

Abd Al-Wahhab Al-Mahbashi : « Nous devrions laisser derrière nous le fractionnement de notre religion, et nous unir pour nous opposer directement à nos ennemis, les Juifs.

Le seul chemin est celui qui mène à Jérusalem, le chemin du djihad contre les Juifs. C’est la voie qui permettra de regrouper tous les autres mouvements et de les orienter dans une seule direction — celle de l’inimitié envers les Juifs. L’inimitié envers eux est le principal critère pour les croyants [musulmans]. Dites-moi qui est votre ennemi et je vous dirai qui vous êtes. Si les Juifs sont votre ennemi numéro un, alors vous êtes un croyant [musulman]. S’ils ne sont pas vos ennemis, alors cela change ce que vous êtes. Allah dit : quiconque considère les Juifs comme des amis ne peut pas se considérer comme un croyant.

Ce virus qui s’est répandu partout dans le monde — les Juifs en sont la cause. Les Américains sont derrière tout ça. Ce n’est pas nous qui le disons. Ce sont les personnes qui ont été les premières à être touchées par ce fléau qui le disent : les Chinois. Les Chinois ne l’ont pas dit quand la catastrophe a ravagé leur pays. Ils se sont mobilisés comme de vrais hommes et ont persévéré face à cette agression américaine jusqu’à ce qu’ils aient vaincu le fléau. Ce n’est qu’alors qu’ils ont annoncé que leur adversaire était l’Amérique. Trump, pour sa part, a rejeté l’accusation, et a déclaré que ce virus est chinois. Non, le virus est américain. Des instructeurs américains sont venus dans un laboratoire de recherche dans la ville chinoise de Wuhan. Dès que ces instructeurs ont quitté Wuhan, le virus s’est propagé. Le virus est venu d’Amérique. Il a été développé là-bas. Dans la nature ce virus n’est pas mortel, mais il a été développé dans des laboratoires américains pour devenir mortel à une grande échelle.

Le monde a vu nos hôpitaux se remplir de blessés et de malades, sans traitement médical et sans médecins. Aujourd’hui, tous leurs hôpitaux sont remplis de malades, et ils n’ont ni traitement, ni médecins, ni rien d’autre. N’est-ce pas là la justice divine ? Aujourd’hui, le monde entier est atteint par le Coronavirus, à l’exception du Yémen et de Gaza. Le Yémen et la bande de Gaza sont en état de siège, ils n’y a donc pas de Coronavirus. Si Allah le veut, ils n’en auront pas. »


 

Abd Al-Wahhab Al-Mahbashi  n’est certainement pas musulman… car un musulman n’aurait pas pu dire ça…

Après ça, il ne faut pas s’étonner que de fausses nouvelles (fakenews) circulent en France. Dans les quartiers repliés sur eux-mêmes, où l’on peut recevoir par le satellite ou les bouquets télévision n’importe quel programme du pays natal, et ce vingt-quatre heures sur vingt-quatre, de nombreuses familles ne regardent souvent que ces chaînes qui diffusent fréquemment ce genre de prêche haineux.

« Le plus grand outrage que l’on puisse faire à la vérité est de la connaître et, en même temps, de l’abandonner ou de l’affaiblir ». [Jacques-Bénigne Bossuet — livre IV de l’Histoire des variations des églises protestantes — 1688]

Johan Zweitakter


 

[1] https://www.youtube.com/watch?v=LKA7nOW-oKs
[2] Interview accordée au quotidien israélien/magazine hebdomadaire Haaretz.com du 16/10/2009.
[3] Derrière le souverainisme, se cache trop souvent la haine des musulmans. — le 4 octobre 2019 sur www.attali.com.
[4] Radiographie de l’antisémitisme en France
[5] Rapport Obin – 2014
[6] Une loi a été adoptée par la Knesset en 2014 pour faire du 30 novembre la date officielle de la commémoration annuelle de l’expulsion des Juifs de terre d’islam.

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