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Islam : le père de Schiappa dénonce le maccarthysme du gouvernement

Les dîners de famille doivent être animés en ce moment, dans la famille Schiappa. Les invectives doivent voler bas, entre le figatellu, le brocciu et le tiramisu, surtout depuis que le père de Marlène est sorti du bois en terme médiatique. Jean-Marc Schiappa, historien et président de l’Institut de recherche et d’études de la libre pensée, s’est fendu jeudi dernier d’une tribune sur le site Mediapart, intitulée « Pourquoi je suis avec la Vigie de la laïcité ». Dans cette tribune publiée certainement avec délectation par Edwy Plenel, fondateur du site d’information et islamolâtre bien connu, Jean-Marc Schiappa explique que la laïcité, en France, est en train de servir de matraque tournée contre la religion musulmane. Une religion qu’il considère comme française, en citant une phrase prononcée par un député de la première Assemblée nationale révolutionnaire en 1789, François Joseph Antoine Hell, qui dans la foulée du débat sur l’octroi de la citoyenneté aux Juifs, parla également des « Mahométans, en particulier les sujets de la Sublime Porte (comprendre l’Empire ottoman), à qui il faut donner tous les droits de cité en France. » Et le député alsacien d’ajouter qu' »en suppliant le Roi de signer ce décret, il ne fera que renouveler une Convention faite il y a plus d’un siècle par Louis XIV ».

La citation se veut, pour Jean-Marc Schiappa, la preuve formelle que l’islam est bien une religion française, et que ceux qui nient cela le font par pure islamophobie : un peu court, comme démonstration, quand on sait que, depuis François 1er et Louis XIV, il est arrivé plusieurs fois que le roi de France cherche à s’allier avec l’Empire ottoman pour défier des adversaires plus puissants, Charles Quint ou l’Empire d’Autriche, entre autres… Craignant une coalition des souverains européens contre la jeune révolution, le député alsacien a juste voulu s’octroyer les bonnes grâces d’un puissant empire pour aider à les repousser. La présence musulmane en France était à l’époque marginale, et d’ailleurs, en 1900, l’examen de l’état civil démontre que les prénoms d’origine musulmane étaient quasi inexistants.

Jean-Marc Schiappa se sert d’un argument d’autorité, son statut d’historien, pour nous faire passer les vessies pour des lanternes, en l’occurrence ce mythe d’un islam de France ancestral. La laïcité serait aujourd’hui dévoyée par le pouvoir, non plus pour protéger la liberté de conscience, mais pour exercer une pression sur les musulmans, les empêcher d’exercer leur culte librement : curieusement, on n’a jamais vu une religion occuper à ce point l’espace public et médiatique que l’islam ces dernières années. La ministre a dû bondir quand, à la fin de la tribune, son père parle d’un climat qui rappelle le maccarthysme. La phrase de conclusion est un véritable camouflet pour le gouvernement, donc pour sa fille qui en est l’une des figures les plus en vue. Pas de quoi détendre l’ambiance familiale en ce moment, surtout avec la tension grandissante entre la gauche mélenchoniste et le pouvoir LREM…

Olivier Piacentini