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Israël : une Riposte laïque est en marche

Le combat pour la laïcité est-il perdu en Israël ?

Plusieurs éléments semblent en témoigner. Les partis religieux ultra-orthodoxes continuent de se servir de leur poids électoral pour refuser toute évolution laïque, tandis qu’ils font pression sur l’avenir du pays. D’autres se plaignent du renforcement des sionistes religieux au sein des institutions de l’État, des officiers intermédiaires au sein de Tsahal, ou de la montée du parti de Naftali Bennett ‘Foyer juif’. D’autres encore estiment que le Likoud, parti de droite nationale traditionnellement laïque, dont les dirigeants sont à peu près tous des laïcs, a perdu son militantisme laïc sous l’effet de sa base, peuplée de juifs semi-orthodoxes originaires d’Afrique du nord et du Moyen-Orient, résidant essentiellement dans les villes périphériques d’Israël, et que son alliance politique récurrente avec les partis ultra-orthodoxes, étouffe la cause laïque.

La laïcité en somme ne serait-elle plus que l’apanage de la caste laïque de gauche, l’élite européanisée, de plus en plus anti-patriote, post-sioniste, post-moderniste, voire d’un antisionisme sectaire, qui capitule devant les revendications du panarabisme musulman palestiniste et de leurs acolytes arabistes palestinistes de nationalité israélienne qui font avancer leur agenda jusqu’au sein de la Knesset, le parlement israélien, les derniers exemples en date ayant vu d’une part un député de la « Liste arabe unie » être poussé à la démission pour avoir porté atteinte à la sécurité de l’État en livrant des appareils électroniques à des terroristes emprisonnés tandis que, autre exemple, ses collègues du parti menaçait l’État d’Israël d’émeutes et de ne pas respecter la loi si la Knesset s’obstinait à voter une loi d’interdiction des incantations du muezzin (qui ne serait pourtant interdit que de 23h à 7h du matin de façon à ne pas non plus se mettre à dos les orthodoxes juifs et leur ‘sonnerie de shabbat’, ce qui empêcherait une majorité pour voter la loi) ? Le nom même d’Israël aujourd’hui en outre, est perçu (de façon erronée) comme à connotation essentiellement religieuse.

Y a-t-il donc encore quelqu’un en Israël pour défendre à la fois la laïcité et l’État ? A la fois un Etat hébreu et le patriotisme ? Quelqu’un pour défendre l’histoire des Hébreux sans se coucher devant la propagande arabo-palestiniste ? Quelqu’un qui sache critiquer intelligemment le judaïsme sans se jeter dans les bras de l’islam ? Y a-t-il quelqu’un qui veuille promouvoir l’identité hébraïque sans tomber dans une forme de « sionisme culturel » à la Ehad Ha’am (Asher Gingsberg), un vide étatique où le multiculturalisme devient la seule identité appréciable, l’hébreu une langue parmi d’autres en Israël, et où toute idée de culture ethnique autochtone est niée et rejetée ? Y a-t-il quelqu’un encore prêt à défendre les valeurs laïques en Israël sans faire d’absurdes compromis à la liberté de penser et d’agir, ni avec les théocrates ultra-orthodoxes judaïques et leur ségrégation homme-femme, ni avec les dhimmis prétendument laïques prêts à donner sur un plateau d’argent la moitié du pays aux envahisseurs pan-arabistes islamiques palestinistes, violents, colonialistes, liberticides et non moins théocratiques ?

Nous avons décidé de répondre par l’affirmative.

Oui Israël n’est pas perdu. Oui, le pays des Hébreux a sa propre identité autochtone. 

Non, le judaïsme rabbinique aliénateur et sectaire n’est pas la seule voie possible, pas plus que ne l’est l’escroquerie du slogan « deux Etats pour deux peuples » qui cumule à la fois l’octroi de légitimité à une invasion islamique par étapes et la régression pour les Hébreux judaïsés à une forme de pensée dhimmitique et diasporique.

C’est pour cela que nous avons re-créé le Mouvement hébreu de libération.

Mouvement laïque né en Israël, il s’inscrit dans l’histoire générale du Mouvement hébreu politico-culturel identitaire de retour des Hébreux sur leur terre historique et ancestrale, généralement confondue ou réduite au sionisme (ou sionismes), et entend plus précisément faire renaître le mouvement d’idées hébreu-cananéen révolutionnaire développé par Adyah Horon et Yonatan Ratosh entre les années 1930 et 1950.

Considérant que l’idéologie sioniste judaïque, telle qu’elle est perçue par la doxa israélienne a échoué, et avec elle le concept erroné de « nationalisme juif », terme  hybride et qui prête à confusion entre deux notions contradictoires : l’une ethnique, donc innée ; et l’autre confessionnelle, donc acquise, nous appelons à la refondation de l’État d’Israël en un véritable Etat hébreu laïc, et non ‘juif’, souverain, libre et indépendant. Un Etat fier de ses valeurs en accord avec les idéaux des précurseurs du Mouvement Hébreu de Libération aux XIXe et XXE siècles, tels que Yossef Berdichevsky ou Shaoul Tchernikhovsky, et des rédempteurs sionistes authentiques tels que Sarah et Aharon Aharonson, Abshalom Feinberg, Yossef Lishinsky, Aharon Gordon, Haïm Brenner etc, qui se considéraient tous comme des Hébreux libérateurs du Pays des Hébreux.

Le Mouvement hébreu de libération se veut politique et culturel : il entend lutter contre l’aliénation historique et identitaire des Hébreux et prône leur désaliénation à partir d’une réflexion historique et intellectuelle sur leur identité profonde d’Hébreux.

Conscients de l’impossibilité de faire comprendre le fond de notre pensée en un seul article, nous vous invitons à découvrir notre mouvement d’idées politiques sur notre site : mouvement-hebreu.com.

David Belhassen – Président et fondateur du Mouvement hébreu de libération

Méïr Ronen – Directeur et co-fondateur du Mouvement hébreu de libération