Italie : le référendum qui peut tout changer…

Publié le 3 décembre 2016 - par - 13 commentaires - 1 738 vues
Share

drapeau-italien-déchiré

Le 4 décembre 2016 les italiens pourront décider de changer ou non leur constitution. Le 4 décembre on votera « oui » ou « non » au référendum qui pose la question suivante :

« Approuvez-vous le texte de la Loi constitutionnelle sur les ‘dispositions pour dépasser le bicamérisme parfait, pour réduire le nombre de sénateurs, pour la limitation des coûts de fonctionnement des institutions, la suppression du CNEL et la révision du titre V de la partie II de la Constitution’, approuvé par le Parlement et publié au Journal officiel n. 88 du 15 avril 2016 ? »
[« Approvate il testo della legge costituzionale concernente ‘disposizioni per il superamento del bicameralismo paritario, la riduzione del numero dei parlamentari, il contenimento dei costi di funzionamento delle istituzioni, la soppressione del Cnel e la revisione del Titolo V della parte II della Costituzione’, approvato dal parlamento e pubblicato nella Gazzetta ufficiale n. 88 del 15 aprile 2016 ?”]

Ce référendum n’a pas besoin d’un minimum de participation, qu’importe combien de citoyens iront voter : La majorité de ceux qui ont voté décidera de cette réforme. Des mauvaises langues affirment que la date du 4 décembre a été choisie sous les festivités de Noël justement pour que les gens désertent les urnes où il n’y aura que la présence des souteneurs de la réforme. Encore une autre polémique a été ouverte sur le thème des Italiens résidents à l’étranger : apparemment il serait très facile de voter à la place de quelqu’un d’autre, faute de contrôles. En tout cas la possibilité de voter, pour les Italiens résidents à l’étranger, s’est terminé aujourd’hui.

La façon de poser la question a été aussi critiquée parce que incompréhensible, ou peu compréhensible pour beaucoup de citoyens. De plus, il y a un objet « mystérieux » dans la question, c’est le CNEL qu’on vient de citer. La plupart des gens ne sait pas ce que c’est. À nos lecteurs nous rappelons que CNEL signifie « Consiglio Nazionale dell’Economia e del Lavoro » (Conseil Nation de l’Économie et du Travail). C’est un groupe de représentants (24 membres) des syndicats, des entrepreneurs et de la société qui a la tâche d’agir en tant que conseiller du gouvernement et de proposer des projets de loi.

La reforme réduit le nombre des sénateurs, mais surtout abolit l’élection des sénateurs qui seraient donc nommés et non élus. Une partie de ces sénateurs serait constituée par des maires qui jouiraient donc comme ça de l’immunité parlementaire dans leur fonction de maire aussi.
Le gouvernement soutient la réforme, l’opposition de droite et de gauche et même une partie du parti au gouvernement (Partito Democratico) la conteste.

Pour cela le référendum parait un référendum sur le gouvernement actuel, alors qu’il porte sur autre chose, mais qui en effet pourrait renforcer le pouvoir du Président du Conseil actuellement en charge.

Le gouvernement demande aux citoyens de voter « oui » et un résultat positif signifierait pour le gouvernement actuel un élargissement de ses pouvoirs.

Qu’est-ce qu’il se passera au contraire si le « non » a la majorité des votes ? Théoriquement rien du tout, la constitution restera telle quelle est et les prochaines élections resteraient fixées pour 2018. Mais cela est la théorie. C’est le Président du Conseil lui-même qui a annoncé vouloir se retirer si les citoyens se prononcent contre cette réforme, ensuite il a dit qu’il resterait quand même à son poste de Président du Conseil parce que les élections sont prévues pour 2018 et récemment il a affirmé que, si la réforme ne passait pas, il ne continuerait pas à guider un gouvernement qui n’a plus la confiance des citoyens. Donc, on ne sait pas vraiment et c’est probablement pour cela que la bourse a eu des baisses très fortes. Il est aussi vrai que les médias soutiennent ouvertement la réforme, jusqu’à donner l’impression de vouloir manipuler l’opinion publique.

Les groupes qui soutiennent le « non » expliquent que la réforme réduira la démocratie et le pouvoir décisionnel des citoyens et qu’elle cédera encore un morceau de la souveraineté italienne à Bruxelles. En effet les interventions des banques d’affaires, de Juncker et de Schäuble pour pousser les italiens à accepter la reforme devraient nous faire réfléchir….

Ici les articles de la Constitution et les modifications proposées :
http://media.wix.com/ugd/14a30c_9dd527489fa24d648ca3b33c6913e1db.pdf

Ici le bulletin de vote :
http://media.wix.com/ugd/14a30c_9dd527489fa24d648ca3b33c6913e1db.pdf

Marinella Colombo

Correspondant d’Italie

Print Friendly, PDF & Email
Share

13 réponses à “Italie : le référendum qui peut tout changer…”

  1. Romanin dit :

    Dites-moi Madame, ici nous avons une belle brochette de voyous en cols blancs, mais je m’aperçois que chez vous, c’est pire ?? Seriez-vous en train de vivre vos plus sombres heures ??? j’espère que votre ministre de l’intérieur a une chemise « brune » de rechange, sacré Benito ! Dommage pour la démocratie.
    Chapeau Madame, correspondante Riposte Laïque Italie, comment êtes-vous perçue par vos concitoyens ???

  2. Wika dit :

    J’ai entendu dire que Renzi veut modifier la constitution pour imposer entre autre l’obligation aux citoyens de laisser les migrants occuper leur résidence secondaire.
    Est-ce vrai ?

  3. a souhaiter que la pourriture de Renzi ; soit en minorité , il n’aura plus qu’a la fermer même s’il reste au gouvernement.

  4. Laurent Barre dit :

    Matteo Renzi dit en gros : C’est moi ou le déluge. Merci pour votre article Marinella.

  5. BALT dit :

    Je crois que Renzi a changé d’avis (il resterait au gouvernement même en cas d’échec )
    lorsqu’il a vu, tout simplement, que le non pourrait l’emporter. C’est un politicien, c’est à dire un menteur.

  6. Conophobique dit :

    Quand les banques d’affaires et les médias soutiennent une réforme, il est préférable de se méfier et faire confiance au non. Je ne connais pas les institutions Italiennes ni Autrichiennes par ailleurs. Mais il semblerait que tout ça aille dans le même sens. Aprés en Italie tout est toujours truqué. Ce sont les rois des magouilles. Voir comment ils sont rentrés dans l’Europe… Les Grecs ont été démasqués, les Italiens parce-qu’ils pèsent davantage financièrement n’ont pas trop été inquiétés.

  7. Guérin Michel dit :

    Des sénateurs nommés et pas élus avec l’immunité qui va avec .. Tsss ..Rien que ça ne semble pas très démocratique ..
    Petits arrangements entre eux du moment que le peuple ne vient pas se mêler de leurs affaires et de ce qui ne les regarde pas..
    Rien que la gestion des migrants en Italie (voir la réquisition des résidences secondaires qui pointe à l’horizon) est un scandale.
    Pauvre Italie, Pauvre France

  8. DEGUELDRE dit :

    Coluche dirait : une fois que tu as donné la réponse tu ne te rappelle plus de la question ….
    Encore un référendum à la CON qui ne servira que ceux qui ont décidés de le faire , histoire de faire croire que le peuple est consulté ….
    Pauvres italiens, aussi manipulés que les autres peuples de l’UE !!!

  9. Colantonio dit :

    Le référendum ne sera qu’un prétexte pour rejeter ou plébisciter Renzi. les italiens savent que les réformes sont « téléguidées » de Bruxelles…et le rejet de l’Europe est très violent en Italie en ce moment.

  10. montecristo dit :

    « Il est aussi vrai que les médias soutiennent ouvertement la réforme, jusqu’à donner l’impression de vouloir manipuler l’opinion publique »
    Vraiment … ??? Vous y croyez … ??? Personnellement je suis sceptique !
    (Afin d’éviter les pouces en bas, je précise, pour ceux qui n’en ont pas, que c’est de l’humour)

    • Romanin dit :

      Prudence est mère de sûreté, compagnon Montecristo, j’ai failli mettre un ?. Les italiens sont « très » mal barrés, surtout avec leur ministre A. Alfano, qui a déjà prévu quelques petits »gâteries » aux propriétaires de biens immobiliers. Les dernières dispositions seront appliquées(impôts, jugements en cas de refus, prisons et peut-être expropriation), malgré le résultat. Ce référendum ne changera rien.
      Amitiés, http://www.marine2017.fr

  11. UltraLucide dit :

    Derrière des pouvoirs élargis à l’éxécutif se cache selon Jacques Sapir un projet de réforme bancaire qui soumettrait les multiples banques privées italiennes à l’union Bancaire de l’UE. Et donc soumettrait encore un peu plus l’Italie aux diktats économiques de l’UE et de l’Allemagne neo-bismarckienne de Shauble-Merkel.
    http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/12/02/31002-20161202ARTFIG00248-jacques-sapir-le-referendum-en-italie-peut-provoquer-l-implosion-de-l-euro-12.php
    C’est ce que les milieux européistes cherchent à faire passer, et le peuple est contre. Quitte à entrer dans une vraie crise de l’Euro, et enfin crever l’abcès. Une fois pour toutes. UExit pour tous!