Italie : vers l’épreuve de forces avec Bruxelles

Publié le 26 mai 2018 - par - 17 commentaires - 1 689 vues
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Tous ceux qui ont déménagé le savent, il y a un moment où l’harmonie des choses du foyer, trouvée avec le temps, se brise ; lorsque le moment est venu, une rangée de livres dans un carton, une chaise retournée sur une autre, un bibelot emballé, et c’est une coupure, tout semble encore en place et pourtant est dérangé, l’ordre antérieur n’est plus qu’une image, avant même que l’appartement ne se vide, il n’est déjà plus refuge.

Je me suis toujours demandé comment était le moment qui met fin à la paix, avant même les destructions et la violence aveugle mais ces jours-ci ma question est « comment fini la démocratie ? ». L’Italie d’aujourd’hui semble nous le montrer, plus tard nous nous demanderons « quand est-ce arrivé ? ».

Nous l’avons écrit plusieurs fois ici le résultat des élections italiennes a montré sans conteste possible, la prééminence des  sentiments anti-système et euro-critique. Avec des sensibilités et des priorités différentes les deux formations politiques arrivées en tête représentent le désir des italiens d’autres rapports sociaux et d’une autre « Europe ». Malgré diverses tentatives  des milieux qui voient dans l’U.E. actuelle un avenir indépassable, l’arithmétique du nombre d’élus à fini par imposer une alliance entre La Lega et le Movimento Cinque Stelle. Un accord de gouvernement à été négocié et signé entre les deux partis majoritaires, le nom d’un président du conseil, Giuseppe Conte, proche du M5S, à été arrêté et accepté, à contre-cœur, par Sergio Mattarella le président de la république italienne.

Le choix du ministre de l’économie est ce jour ce qui pourrait remettre en cause l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement qualifié de populiste, par les adversaires de la souveraineté des Peuples. Les vainqueurs des élections, qui, selon les sondages, représentent aujourd’hui 60% des Italiens, ont choisi un économiste renommé, Paolo Savona, libéral sans excès, qui a exprimé plusieurs fois son opinion que l’euro, particulièrement tel qu’il est imposé par Frankfort, étranglait l’Italie ; pire encore, il est germanophobe considérant que l’U.E. fonctionne au profit de ce seul pays. Mattarella, très européiste, n’en veux pas, oh bien sur il n’a rien dit de tel, mais tout le monde le sait à Rome … et à Bruxelles.

Ce samedi la presse allemande tient sur l’Italie des propos dénigrants et menaçants qui rappellent ses insultes de 2011 contre la Grèce, lesquelles conduisirent ce pays à devenir un protectorat de l’U.E. ; rappelons aussi la tribune récente de 154 économistes allemands expliquant que la seule possibilité pour garantir l’euro est la poursuite de la rigueur, et qu’il faudrait mettre en place un dispositif de sortie coordonnée de la monnaie unique ;  en attendant l’écart des taux d’emprunts de l’Italie et de l’Allemagne à doublé, à bon entendeur salut ! L’insupportable Günther Hermann Oettinger, qui avait montré son mépris de la France en 2014 et qui est aujourd’hui commissaire européen du Budget – tient un allemand pour les sous ? – n’a pas hésité à déclarer avec sa délicatesse souabe : « En cas de crise de l’Euro le système monétaire européen ne pourra pas sauver une économie aussi grande que celle de l’Italie » ; rien que cela !

Est-ce là que le voile s’est déchiré où à Syracuse lorsque le président du Parlement Européen,  l’italien de passeport, Antonio Tajani, ci-devant néo-aristocrate de l’U.E. dit que le « Président de la république doit décider du nom des ministres […] et que lui revient le dernier mot » ce qui n’est pas l’avis de constitutionalistes italiens et encore moins de nombreux élus y compris appartenant à des partis opposés à l’alliance La Lega/M5S.

C’est que l’enjeu est important, si Salvini ne cède pas, il y aura de nouvelles élections, et la stratégie de l’U.E. n’aura été que de gagner du temps pour qu’elles n’aient pas lieu cet été. Cependant les sondages montrent une légère amélioration de M5S, stable à 32% depuis 15 jours, et une montée continue de La Lega à plus de 25%. Dans le cas où la rupture viendrait de pressions européennes on peut imaginer que cela renforcerait les deux partis ; Massimo D’Alema, ex-membre du Parti Communiste Italien, ancien président du conseil, personnage important aujourd’hui fondateur de Liberi e Eguali (libres et égaux – gauche radicale) n’a pas hésiter à dire  « si on retourne voter à cause d’un véto contre Savona ils prendront 80 % des voix ! ».

Face au blocage un élu de Cinque Stelle s’exprimant publiquement pense que les italiens vont descendre dans la rue, au même moment Salvini n’évoque-t-il pas la fin de la démocratie Italienne en disant « le seul risque que je vois c’est une rupture entre les Italiens et les palais du pouvoir » ?

C’est dans ce contexte que Moscovici, autre commissaire européen, à l’économie, celui qui avec dédain indique que son nom ne doit pas être prononcé à l’italienne (« moscovichi ») et explique qu’il ne se sent pas Français lorsqu’il est à Bruxelles, passe sur Europe 1 ; cet entretien est un modèle du genre qui pourrait faire l’objet d’un article à lui tout seul, ou d’un cours exemplaire sur la putasserie eurocratique, le mensonge et les menaces subliminales.

http://www.europe1.fr/emissions/c-est-arrive-cette-semaine/la-dette-publique-italienne-doit-etre-maitrisee-estime-pierre-moscovici-3663224

En substance, l’Italie est libre de choisir son gouvernement, mais elle doit rester dans l’euro et se plier aux règles et contraintes décidées par les sages de Bruxelles, sinon gare ! Moi je sais,  «j’ai l’expérience des affaires européennes, cela fait 25 ans que je suis dans ce travail » notez au passage l’anglicisme de la tournure.

« Il n’y a pas de psychodrame entre Rome et Bruxelles, en parler attise la flamme europhobe.» j’avoue que l’avis d’un psychanalyste serait le bienvenu…

« il faut garder la tête froide dans les crises, c’est ce que nous avons fait avec la Grèce (en l’assassinant ) » « il va y avoir des … (il met longtemps à lâcher le mot) pressions qui vont s’exercer sur l’Italie […] nous allons trouver un modus vivendi » ; en clair bien sur que l’on fait tout ce que l’on peu pour imposer le gouvernement qui ne changera rien en Italie.

Est-ce là le top-début de la post-démocratie, peut être parce qu’a bien l’écouter on se rend compte que ce zombi cet ersatz d’homme politique, ce coucou régulier, ne lutte pas contre des adversaires politiques qui auraient une autre vision du monde que la sienne, non, il subit des choix démocratiques, qu’il doit s’ingénier à contrer ; ses opposants ne sont pas légitimes à ses yeux, ce sont des fous ou des imbéciles qu’il s’agit de rééduquer ou d’exterminer.

Parmi les fossoyeurs n’oublions-pas le bellâtre Renzi: “Le spread(*) au maximum. La faute à Bruxelles? Non de M5s et de La Lega.

Dans l’histoire de cette folle journée il faudrait parler de l’appel téléphonique de Macron à Giuseppe Conte, à quel titre, de quoi je me mêle ? Mystère. Et puis de l’arrivée sur la scène de Luca Giansanti fonctionnaire et diplomate, francophile et francophone sorti de Sciences Pô, ou de Poutine tout sourire : «l’Italie est fiable et amicale, mais forcée de se subordonner aux choix de l’U.E. »

Je laisserai le mot de la fin –provisoire– à Salvini, qui semble reculer sur Savona mais déclare à 21 heures : « ou le gouvernement est lancé ou non repartons voter et nous prendrons la majorité absolue » ; avec qui Matteo, Berlusconi ou Di Maio ?

Gérard Couvert

(*) Le spread est l’indice qui mesure l’écart entre les taux d’intérêts Italiens et Allemands, en gros c’est l’indicateur de la violence financière mondiale.

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Notifiez de
sitting bull

moi j espère que l Italie se retire de cette Europe nauséabonde et de l euro pour que l Europe éclate comme sa jc juncker va pleurer , lui qui veut nous submerger de migrants musulmans pour détruire les états nations et l Europe in fine avoir tous les pouvoirs

Gérard Couvert

Je vois que nous apprécions tous Moche whisky …

dufaitrez

Valls à Barcelone et Hamon à Rome, comme la coalition, avec son Revenu universel ? (780€/tête) ! Une fortune…
Banques agonisantes, 130 % de dettes, 250 Mds d’effacement demandé ?
Les taux italiens s’affolent..la BCE dit Non ! Merkel ne veut pas, à juste titre, mutualiser les dettes.
Si les Peuples connaissaient un peu plus l’économie… plus que le foot !

Penelope

Forza Italia et pourvu qu’ils tiennent bon face à la ploutocratie bruxelloise !

CLV

Vivement que cette Europe eclate et les connards à la Moscovitchi et toute cette engeance cynique soit éradiquées de cette planète.

Espoir50

Bravo les Italiens ! Souhaitons que votre réveil soit entendu et suivi par vos politiques.
Quant à nous Patriotes Français nous subissons toujours, grâce à une gauche bancale, la collaboration et la dictature d’un minet, inconnu, collabo, lèche babouche, mais surtout incompétent .
Vive l’Italie et les Italiens.

patphil

union de la plèbe contre les bobos, les européistes, les délocalisateurs d’usines, les immigrationnistes, les anti nationalistes etc.
quand les politiques français vont ils se rendre compte que c’est pareil en france?

Gérard Couvert

Ils le savent, mais sont complices.

didile

Voilà deux fois au moins que nos dirigeants bien intentionnés Le Maire et Junker se font envoyer sur les roses par les Italiens . Tellement habitués à diriger des bénis oui oui , ils ont bêtement oublié que la tchatche est dans les gênes des Italiens et que si les carabiniers arrivent toujours en retard ,ils tirent les répliques verbales plus vite que leur ombre . Ne pas oublier, non plus, qu’ils ne faut pas toucher à « la mamma » et que leur mamma à tous c’est l’Italie . Au fait, les féministes ,il serait temps de revendiquer haut et fort… lire la suite

Gérard Couvert

Curiosité sémantique nous disons « mère patrie ».

le Franc

espérons que les nouveaux chefs italiens ne se conduiront pas comme le pouvoir mondialiste anglais aux manettes, lequel (à travers Robinson) se venge de la mauvaise décision du Peuple depuis le Brexit.

ADLER

Les italiens se réveillent. Mais cette pauvre France sommeille. Je n’ai plus trop d’espoir, quand j’entends discuter les collabos gauchos, les naïfs, les imbéciles invertébrés qui croient que MACRON est notre sauveur. Sur un an je ne constate que de nouvelles taxes, imposition en augmentation, pouvoir d’achat qui baisse, diminution de nos retraites, pour le bienêtre des politicards et de la faune migratoire. Ou va-t-il s’arrêter. Personnellement je ne souhaite pas qu’il termine son mandat.

duglimbule

combien de temps va encore tenir cette UE bancale , les paris sont ouvert.

didile

Les gouvernements devraient gouverner soit avec les fables de La Fontaine ,car il a tout prévu dans ses moralités soit avec les dictons de ma grand-mère « il faut se méfier de la goutte qui fait déborder le vase »et » quand on charge trop la mule ,ou elle crève ou elle envoie tout balader  »
L’Europe en est là .

Anne Lauwaert

Bruxelles tremble? Bien sûr: à Visegrad ils sont 4 + Autriche + Catalogne + Italie + si ça bouge , certainement aussi la Grèce, ça fait 8 sur 27 qui commencent à être turbulents ajoutez la Suisse qui résiste, et en 2005 la France et la Hollande ont voté contre la Constitution européenne, ça en fait 11 ce qui signifie 40% de troublions… imaginez les centaines d’eurocrates qui sentent leur strapontin vaciller ! tous ces beaux messieurs au chômage ? bien sûr qu’ils vont s’accrocher bec et ongles. Qu’est-ce qui va être l’élément déclencheur ?

BERNARD

N’oublions pas non plus le commentaire de notre surdoué « Le Maire » dont « son intelligence est un obstacle »… oui, ça on l’a bien vu quant il s’est fait voler dans les plumes par les Italiens suite à son commentaire complètement débile et déplacé, vu sa position au gouvernement, Pour mosquito vi ci, il chie dans son froc il essaye de piquer mais son dard est sans couilles !

Gérard Couvert

Le Maire est germanophone, tout est dit.