IVG : « désinformation numérique » et liberté d’expression

Publié le 5 décembre 2016 - par - 11 commentaires - 389 vues
Traduire la page en :

avortement-clavier-d-ordinateur-rouge-un-vert-montrant-oui-ou-nonSi l’hirondelle ne fait pas le printemps, le rossignol peut faire l’hiver.

Nous venons d’assister à un coup de Trafalgar mené par les socialistes en fin de règne : par le biais d’une nouvelle loi, baptisée « loi d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse » et élargie sous l’appellation « loi contre la désinformation numérique », la liberté d’expression reçoit un coup mortel. Ceux qui risquent d’être bientôt virés du pouvoir se pressent pour laisser aux générations futures une trace ultime (hélas odieuse) de leur passage.

Au premier abord, je croyais (je suis parfois de niveau primaire) qu’il s’agissait de punir nos instits quand ils se trompent dans les calculs en additionnant 4 plus 3 ou en divisant 10 par 2. Eh bien non, je me suis fait avoir. Il s’agit plutôt d’un sujet de loin plus sérieux que des erreurs dans le calcul du nombre de vaches dans un pré au passage du train. Moi, le numérique, ça me scie ma petite cervelle.

La loi sur l’interruption volontaire de grossesse, dite Loi Veil, ne tient compte dans ce « volontariat » que de l’avis de la femme, certes éminemment concernée. Or, trois personnes, et même quatre, sont impliquées dans ce problème qui a un double aspect : individuel (et même intime) et collectif. Nulle interrogation d’abord sur le géniteur « fuyard », pour ne pas dire « irresponsable », nulle question sur la « volonté » de vivre de l’embryon lui-même qui ne peut se manifester. Nul questionnement sur la position des médecins.

La loi Veil est en application et malgré les quelque 25 ans de sa promulgation, se pratiquent toujours en France 200.000 à 250.000 IVG. Cette loi a eu le mérite de supprimer les avortements clandestins et d’empêcher le recours aux « faiseuses d’anges » d’autrefois. On constate pourtant que l’IVG est considérée comme un contraceptif dans bien des cas.

Il semble donc que le gouvernement cherche, par cette nouvelle « loi de désinformation numérique », à museler ceux qui sont opposés à l’avortement et qui ne peuvent s’exprimer que par internet (donc par voie numérique) pour exposer les conséquences médicales et psychologiques de l’avortement. Les décideurs de cette loi veulent accaparer et couvrir le champ médiatique par une vérité unique (la leur) et éliminer ceux qui n’acceptent pas de se souscrire aux injonctions des teneurs de la pensée unique. Une loi doit être respectée par tous mais elle peut être critiquée par tous et amendée par le législateur lui-même. Sinon, point de débat.

Qu’en sera-t-il demain si cette loi inique est appliquée ?

Sur le plan médical, l’Etat pourrait étendre ses prérogatives dans les cabinets des gynécologues et des médecins de famille et s’assurer des conseils « fiables et objectifs » que ces médecins sont tenus, de dispenser aux femmes dans la détresse. L’IVG n’est pas un acte chirurgical banal. La banaliser, c’est d’abord manquer de respect envers la femme et méconnaître ses conséquences médicales et psychologiques, même si elles ne concernent pas toutes les femmes.

L’étape suivante serait d’obliger tout chirurgien-gynécologue à pratiquer les IVG sans prendre en considération la clause de conscience, au risque de voir ce médecin radié du corps médical et exclu du service hospitalier. On sait que, dans le choix des chefs de service dans les établissements publics, les nominations tiennent déjà compte, en catimini, de ce critère : le candidat est-il  pour  ou  contre  l’avortement ?

Le risque le plus grave de ce type de loi est son extension à tout ce qui gênerait un Etat en passe de devenir totalitaire :

Par exemple : ceux qui critiquent l’islam, même à juste titre, arguments à l’appui, seront considérés comme des désinformateurs. Pourquoi l’Etat n’irait-il pas jusqu’à aider l’islam dans sa conquête de notre pays ? Il faudrait donc créer un délit ou un crime de désinformation numérique sur l’islam. Que l’Etat boucle donc aussi ces sites et se soumette aux diktats des 57 Etats de l’OCI (Organisation de la Coopération Islamique) qui veulent imposer à l’échelle mondiale que la critique de l’islam soit considérée comme un crime. Nos gouvernants semblent avoir hâte d’exhiber leur servilité.

Autre exemple : toute critique de lois à caractère sociétal sera déclarée un délit. Critiquer le « mariage pour tous » sera de la désinformation. Les responsables seront traduits devant la juridiction compétente.

S’opposer au déferlement migratoire et au remplacement de notre population deviendra un crime. Les tenants de ce discours seront considérés comme racistes. Les lois sont là pour les sanctionner.

Refuser l’euthanasie sera peut-être tenu aussi comme une autre « désinformation ». Une loi viendra sanctionner les familles et les médecins récalcitrants.

La liste des dangers sur nos libertés fondamentales est longue. En fin de compte, que restera-t-il de ces libertés fondamentales que nous verrons se rétrécir comme peau de chagrin ? Comme le héros de Balzac, nous mourrons. Car une liberté fondamentale et universelle ne saurait être battue en brèche par une loi conjoncturelle, historiquement et géographiquement limitée.

Bernard Dick

 

Au 5/12/2016 : nombre d’attaques terroristes islamiques mortelles :

terrorisme-29851-04122016

Print Friendly, PDF & Email

Riposte Laïque vous offre la possibilité de réagir à ses articles sur une période de 7 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires injurieux ou diffamants envers les auteurs d'articles ou les autres commentateurs.
  • La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de langage ordurier ou scatologique, y compris dans les pseudos
  • Pas de commentaires en majuscules uniquement.
  • Il est rappelé que le contenu d'un commentaire peut engager la responsabilité civile ou pénale de son auteur

Les commentaires sont fermés.

Lire Aussi