J’ai agacé Antoine Sfeir, en posant trois questions sur la réalité de l’islam…

Publié le 7 février 2011 - par - 1 commentaire - 11 249 vues
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J’ai assisté récemment à une conférence de M. Antoine Sfeir, éminent spécialiste de l’Orient, sur le thème « Guerres aux pays des monothéismes. La poudrière de la Méditerrané »
Je tiens à préciser en préambule que j’apprécie M. Antoine Sfeir, c’est un homme très érudit, bien instruit sur le sujet et en plus, très modéré (un peu trop, même) sur ses prises de position.

Je comprends aussi que, en raison de son origine, de ses déboires passés (otage au Liban, possédant encore peut-être de la famille dans son pays d’origine) et sous la pression du politiquement correct, il ne peut pas exprimer clairement sa réelle vision des choses. Mais je n’ai pas pu rester muet devant des affirmations qui m’ont semblé de toute évidence en totale contradiction avec des réalités incontournables.
Je lui ai posé trois questions ; je décris notre dialogue dans l’ordre, sujet après sujet, tel qu’il me l’a demandé.

Premier sujet concernant son exposé sur la polygamie chez les musulmans : d’après la démonstration de M. Sfeir, le Prophète a fixé la limite à 4 épouses, sous condition de ressources, d’où il résulterait qu’il a prôné la solution de se limiter à une seule ! Je lui ai précisé que l’interprétation me parait « forcée ». Même en adoubant l’idée de quatre épouses, lui-même ayant eu 11 épouses (dont Aïcha qui avait 9 ans), ce ne fut pas un bon exemple pour les fidèles.

En manque d’arguments, M. Sfeir a expliqué que pendant le mariage avec la première, Khadîdja, il fut monogame (c’aurait été bien imprudent autrement, vu que c’est elle qui lui finançait les activités !) et d’autre part, le mariage à 9 ans ne veut pas dire consommation ! Dommage que j’ai appris ultérieurement qu’Aïcha fut épousée à 6 ans et la consommation a eu lieu à 9 ans ! Sans compter que dans ce cas de figure, utilisation du mot « consommation » quand il s’agit d’une fillette me révulse, me fait penser à la consommation de viande …

Ma deuxième question était basée sur la position de M. Sfeir, quant au caractère pacifique de la religion du Prophète, basée sur certains versets du Coran. A mon questionnement sur le comportement personnel de Mohamed qui, réfugié à la Médine, a commencé a dépouiller des caravanes, avec l’argent récolté il a attaqué et soumis des tribus environnants, sans omettre de tuer ceux qui lui opposaient la moindre résistance ; tout ceci pour engranger suffisamment d’argent afin de payer une armée de mercenaires et finir par le massacre de sa propre tribu, les Qurraichi de Mecque. Comme exemple de pacifisme…

M. Sfeir, déjà un peu irrité par mes arguments (« décidemment vous n’aimez pas Mohamed… ») Il nous explique doctement que les mœurs de l’époque étaient différentes. Je n’ai pas pu m’empêcher de lui rétorquer qu’a une époque pas très éloignée et avec des mœurs aussi barbares, l’autre créateur d’une religion monothéiste, Jésus a transmis un message de paix. J’ai eu droit à l’argument absolument véridique mais totalement hors contexte : les croisades, l’inquisition, la chasse aux hérétiques, etc. Comme si Jésus était responsable des crimes perpétrés des siècles après sa mort!

La troisième question n’en était pas une… : il avait émis l’idée de remplacer le mot « tolérance » par « respect » concernant les immigrés et leurs descendants. Tout en lui exprimant ma totale adhésion à son discours sur les valeurs républicaines, j’ai exprimé mon point de vue, le point de vue d’un immigrant : pour que nous soyons respectés, il faut commencer par respecter nous-mêmes le pays d’accueil, ses mœurs, ses règles de vie en société, ses lois. J’ai immédiatement senti que la coupe était pleine, M. Sfeir était agacé ; il m’interrompe, en qualifiant mon discours de populiste. Je n’ai pas pu continuer, pour dire que j’assume le mot populiste comme étant, à mon avis, le fait d’exprimer les préoccupations du peuple, quand les élites les ignorent.

Pour adoucir la fin du dialogue, M. Sfeir a conclu que nous deux, des immigrants, avons le souhait d’intégrer les valeurs républicaines ; soit, mais il ajouta en ce qui me concerne, que j’étais « plus Français que les Français ». Je l’attendais celle-ci, (l’idée que les convertis sont plus catholiques que le Pape) mais ce fut la première fois qu’on me la servit. Merci, M. Sfeir!

J’aurais eu encore maints points à polémiquer avec M. Sfeir, mais je ne pouvais pas monopoliser la discussion et probablement j’aurais été empêché.

PS. Les indications concernant la vie du Prophète je les détiens d’une biographie, « Mahomet, un homme, un destin » écrite par M. Wahib ATALLAH, éminent arabisant. Ce livre fait suite à la traduction par M. Atallah d’une biographie bien connu dans le monde arabo-musulman sous le nom de son auteur, Ibn Hichâm, qui fait référence dans la Sunna.
En discutant avec M. Atallah, il m’a précisé qu’il a écrit cette biographie de telle façon qu’il ne court aucun danger d’une fatwa ! Plus clair que ca …
Sorel ZISSU

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Une réponse à “J’ai agacé Antoine Sfeir, en posant trois questions sur la réalité de l’islam…”

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