« J’ai infiltré le milieu asiatique », de Mohamed Sifaoui

Mohamed Sifaoui est un journaliste très apprécié par toutes celles et de tous ceux qui luttent contre l’intégrisme et détesté par les islamistes…
C’est avant tout un journaliste d’investigation qui n’hésite pas à prendre des risques afin d’en savoir plus sur certains agissements
Il bâtit ainsi des reportages qui s’appuient sur des documents écrits et filmés.

Aujourd’hui, il a laissé son sujet de prédilection pour s’intéresser à un communautarisme particulier et son volet criminel : le milieu asiatique…
Alors que la grande majorité de la population asiatique est pacifique, une mafia puissante et organisée sévit en plein Paris et en Ile de France. Elle organise le racket, la prostitution, le trafic de stupéfiants, les filières d’immigration clandestine et le travail au noir, dissimulé et particulièrement lucratif.

Mohamed Sifaoui n’a pas hésité à infiltré le milieu, filmant à l’ insu de ses nouveaux « amis » un certain nombre de rencontres et de « confessions ».
Les victimes de ces méfaits et crimes ne portent pratiquement jamais plainte, parce que cela ne se fait pas et surtout par peur des représailles toujours terribles et sans faiblesse.

« … les différends sont réglés à l’intérieur de la communauté par des personnes habilitées à jouer le rôle de juge de paix »
Pour blanchir de l’argent sale, il suffit bien souvent d’ouvrir un restaurant et s’il a peu de clients, qu’importe ! L’essentiel étant de se doter d’ une couverture crédible!
Chaque restaurant japonais ou chinois ne cache pas des pratiques mafieuses, mais il en est certains qui servent de plaque tournante.

Que fait la police?

Elle chasse les sans papiers et semble fort peu active quand il s’agit de rechercher et d’arrêter ceux qui les exploitent en les faisant venir clandestinement en France moyennant un engagement à rembourser des frais s’élevant à des milliers et milliers d’euros.

L’écrivain-journaliste n’hésite pas à tout raconter, y compris comment la mafia asiatique réussit à s’acheter les bons offices de certains fonctionnaires comme celui de la direction départementale du travail de Seine et Marne.
Tout se paye, tout se monnaye et les « ripoux » ne se rencontrent pas uniquement dans les fictions policières: « J’ai filmé des séquences qui montrent que les fonctionnaires mangent à l’oeil dans les restaurants contrôlés par ces gens du milieu. Mieux, certains viennent avec les femmes et enfants pour ne pas à avoir à payer la note »…

La paix sociale a un prix, celui ci est élevé, il consiste à ne pas faire de vagues et à laisser se constituer une police et une justice propres à la communauté asiatique.
Le mérite de l’auteur de ce livre est de lever le voile sur des pratiques et des silences.

Jean-François Chalot

Edition: le cherche midi
novembre 2007
249 pages
9,50 €

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