Jacob Kaplan, un rabbin dans l’enfer de Verdun

Publié le 12 novembre 2018 - par - 12 commentaires - 823 vues

Chers amis de Riposte Laïque,

Au lendemain de la commémoration du centième anniversaire de l’armistice de 1918 et de son traitement inadmissible, imposé par l’ordure polluant l’Élysée, voici ci-dessous, en copier-coller, ce texte édifiant paru sur le magazine en ligne “JForum”. Le lien direct vers cet article, illustré de photos est :

 https://www.jforum.fr/jacob-kaplan-un-rabbin-dans-lenfer-de-verdun.html

L’excellent article est signé  Marc GRANAT. Je ne le connais pas.

Bien entendu, mon amitié, mon estime et ma confiance pour Riposte laïque sont inaltérables. Ainsi que désormais celles d’une majorité de mes coreligionnaires. Néanmoins, parmi les articles publiés, on trouve parfois quelques considérations ou arrière-pensées douteuses en matière d’antisémitisme. Nous sommes bien d’accord, cela n’engage que les auteurs des articles en question. D’ailleurs, je vous félicite pour les mises au point spontanées de nombreux contributeurs réguliers de RL sur ce sujet délicat, avec une mention d’excellence pour Gérard BRAZON.

Jacob KAPLAN a visité l’Algérie avant 1962 et j’ai eu l’occasion de l’entendre pendant mon enfance à Alger. Puis, dans sa vieillesse, je le rencontrais régulièrement à la synagogue d’Antibes, durant le mois d’août. Mais parce qu’il était d’une grande modestie, ce n’est qu’en lisant cet article que j’ai découvert son admirable engagement patriotique français.

Avec mes amitiés,

Charles DALGER

Jacob Kaplan, un rabbin dans l’enfer de Verdun

Jacob Kaplan, un rabbin dans l’enfer de Verdun

En 1914, les juifs de France se mobilisent pour la défense de leur patrie. Sur 180 000 citoyens français juifs, 36 000 (dont 14 000 venus d’Algérie) combattront sur le front, rejoints par 8 500 juifs étrangers.

Parmi ces soldats, un jeune séminariste dont le nom reste indissociable de l’Histoire de la communauté juive française du XXe siècle, Jacob Kaplan.

jacob kaplan

Entré au séminaire israélite de la rue Vauquelin en 1913, Jacob Kaplan, né à Paris le 7 novembre 1895 dans une famille originaire de Minsk, en Lituanie, est mobilisé en décembre 1914, alors qu’il vient d’avoir 19 ans.

Affecté au 128e régiment d’infanterie, il est désigné pour un régiment de marche, le 411e, formé en Bretagne et composé de Parisiens, Bretons et Nordistes, au sein duquel il restera pratiquement toute la guerre.

Dans « Justice pour la foi juive », un livre d’entretien avec Pierre Pierrard (Le Centurion, 1977), le Grand rabbin de France Jacob Kaplan raconte son expérience de Poilu.

« J’étais parti comme fantassin et simple soldat. Au front, je me suis lié avec les hommes de mon escouade ; il s’était créé entre nous une véritable camaraderie que connaissent tous ceux qui ont fait la guerre. On a parlé, à ce propos, de la fraternité des tranchées : le mot n’est pas exagéré. Cette fraternité des tranchées, je l’ai connue », explique le Grand rabbin de France.

« En septembre 1915, à la veille de l’offensive de Champagne, à ma grande surprise, je reçus une lettre du Grand rabbin de France, Albert Lévy, qui me proposait un poste d’aumônier israélite sur un navire-hôpital (ndlr : les aumôniers militaires étant assimilés au grade de capitaine).
Nous manquions d’aumôniers israélites », poursuit Jacob Kaplan. « J’avais cependant une réponse à donner : réponse extrêmement grave, parce qu’elle engageait l’avenir, ma vie même. Il ne faisait pas l’ombre d’un doute que si j’acceptais, je serais beaucoup moins exposé qu’en restant au front comme combattant… »

Face à cette proposition, le jeune soldat-séminariste se trouve confronté à un « véritable conflit de devoirs », selon ses propres termes.

« D’un côté, comme aumônier, je savais que je pourrais rendre bien des services ; d’un autre côté, des considérations d’ordre moral m’obligeaient à rester au front. Je sentais profondément que, parce que juif, je devais rester avec mes camarades : je ne voulais pas donner l’impression que je cherchais à me planquer », raconte Jacob Kaplan, qui décide alors de ne pas quitter le 411e RI.

Blessé par un éclat d’obus en avril 1916 dans les tranchées de Champagne, il vivra l’enfer de Verdun avec ses camarades pendant seize mois, de mai 1916 à août 1917, au sein de ce régiment quatre fois cité à l’ordre de l’armée, tandis que lui-même recevra la croix de guerre et une citation à l’ordre du régiment pour ses actes de bravoure.

L’histoire de ce jeune soldat juif s’arrêterait là si une question fondamentale – et sa réponse particulièrement extraordinaire en ces circonstances – n’était posée par Pierre Pierrard, professeur d’Histoire contemporaine à l’Institut catholique de Paris : « Compte tenu de votre qualité de juif religieux, est-ce que vous avez été dans la nécessité de tuer ? »

Le Grand rabbin de France explique : « À un certain moment, je suis devenu agent de liaison, et je préférais le rester. Car, en courant les mêmes risques que mes camarades, je n’avais pas à tirer, je n’avais pas à causer la mort. Je ne pouvais pas supporter l’idée que moi, futur rabbin, je sois responsable de la mort d’un homme, fût-il mon ennemi ».

La suite de l’extraordinaire parcours de Jacob Kaplan est connue. Figure emblématique du judaïsme français du XXe siècle, il accepta avec courage la charge de Grand rabbin de France par intérim pendant l’Occupation.

La croix de guerre lui fut attribuée le 15 mai 1946, une décision motivée ainsi par le général Alphonse Juin, futur maréchal de France : « A participé pendant toute l’Occupation à un grand nombre d’actions contre l’ennemi.
A été pour tous les Résistants un modèle de courage et d’abnégation », le titre officiel de « Combattant volontaire de la Résistance » lui étant décerné en 1976.

Il eut par la suite un rôle essentiel dans l’amélioration des relations judéo-chrétiennes, veilla à l’intégration des rapatriés juifs d’Afrique du Nord en France, intervint publiquement avec force chaque fois que la communauté juive ou l’image d’Israël fut mise en cause et, surtout, réalisa autour de sa personne l’unanimité des différentes tendances du judaïsme français, sans exclusion aucune et dans le respect de toutes les diversités.

Son expérience de la Grande Guerre, comme la suite de sa vie, reste exemplaire de ce que signifie « être juif et français ».

Alain Granat

Print Friendly, PDF & Email
Notifiez de
Spipou

Article très intéressant, et émouvant.

Merci.

Dubreuil

Jacob Kaplan, mais aussi Pierre Mendes-France, René Cassin, Joseph Kessel, Romain Gary : des Juifs avec pour seule et unique passion: servir la France !

DeRodin

Dans l’horreur des tranchées le sentiment le plus partagé, et dominant tous les autres de très haut, devait être la peur. L’engagement spirituel de Jacob Kaplan lui a peut-être permis d’avoir un peu moins peur que ses camarades. Ils ont eu le soulagement pour les mourants, la chance pour les survivants, d’approcher un homme exceptionnel. L’antisémitisme est la marque indélébile de l’ignorance ou de la bêtise. Quand l’antisémitisme a pour source la religion alors c’est ignorance + bêtise.

DUFAITREZ

Quitte à me faire injurier, je mets tous les combattants sur un pied d’égalité !
La France d’abord, la Religion ensuite !
La singularité juive, comme les autres, n’a pas lieu d’être.

Lucie

A Charles Dalger, c’est vrai qu’il peut y avoir de l’agacement vis à vis de certains juifs médiatiques ou politiques qui promeuvent l’immigration massive. C’est d’ailleurs votre cas aussi puisque vous êtes anticrif.

Garde Suisse

Je crois que C’est ce rabbin qui est resté célèbre parmi les poilus car il restait auprès des mourants sur le champ de bataille et leur donnait l’extrême-onction comme les curés en leur faisant le signe de Croix sur le front.

JEF

Non pas tout à fait. Il était brancardier et a terminé adjudant. Celui qui aurait tendu un crucifix à un mourant catholique était le Grand Rabbin BLOCH, Grand Rabbin de Lyon, mort pour la France.

JEF

Additif à mon précédent commentaire. Le fait de rejoindre le service de Santé permettait à l’homme de Dieu de partager les souffrances et les risques de ses camarades sans le mettre en position de tuer ses semblables. Les brancardiers et infirmiers et pas mal de médecins étaient en première ligne et leur taux de perte n’est pas loin de celui de l’infanterie

FCC Cercle Légitimiste de France

Si cela se trouve, Jacob KAPLAN n’ était pas le seul rabbin ou futur rabbin dans les tranchées ou sur le front… à comparer au dénommé Jacques Duclos qui, dans ses mémoires d’ alors pâtissier avant de devenir un ponte du pcf, déclarait recherchait la bonne blessure à peu de risque et de douleur (comme se tirer une balle dans le pied…???) pour être démobilisé et quitter le front et la tranchée.
Question: est-il possible de trouver dans une tranchée ou sur le front un iman ou futur iman? Vous avez un siècle pour répondre jusqu’ au prochain centenaire en 2118!
Merci à mon Ami Charles DALGER d’ avoir effectué ce sain rappel de la participation active des Français juifs à la défense de la France.

Paskal

C’était une guerre absurde dont l’Europe, la civilisation, ne se sont jamais vraiment relevées. La Franc Maçonnerie entendait bien en profiter pour porter le coup de grâce au catholicisme. Même si ce n’était pas sans arrières pensées, les bolcheviks avaient raison d’appeler à la fraternisation entre soldats “ennemis”.
Dans les années vingt, des “communistes” reprocheront (à tort ou à raison) à Salengro d’avoir déserté.
Il y avait beaucoup de musulmans, volontaires ou recrutés de force, parmi les auxiliaires nord-africains, noirs ou indiens. Comme en islam n’importe qui peut se proclamer imam, il n’est pas impossible qu’il y ait eu de futurs imams parmi eux.

Allonzimollo

En somme, “juif et français toujours…” Voilà ce qui distingue nos compatriotes de confession juive des français de papier !
Voilà pourquoi il faut les protéger comme nos frères et pas seulement comme des citoyens ordinaires de ceux qui ne rêvent que de les voir (et même de les faire) disparaître…

🇫🇷 ANCIEN COMBATTANT AFN 🇫🇷

Enfin, un article qui nous éloigne de la doxa selon laquelle les muzs ont permis de vaincre l’Allemagne. Et tant pis pour les muzs et leurs collabos qui vont encore pêter une durite voire avaler leur dentier: il y avait sur le front les Français Catholiques, Protestants, etc. et également les Français Juifs.

Lire Aussi