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J’ai été bloqué à la douane pendant une heure, parce que fiché S !

Ma puce, c’est le 5e Noël sans toi. Tous les ans, c’est une date que je redoute, car pour moi, Noël, c’est une fête de famille que l’on doit passer avec tous les siens. Et moi je suis tout le temps seul, depuis ce terrible 13/11/2015. Alors, cette année, j’ai décidé de fuir 15 jours, pour ne pas subir cette solitude qui me pèse tant. J’espère que tu ne m’en voudras pas. J’aurais tant aimé passer ce Noël avec toi, ton frère, et ses deux petites filles que tu n’as pas eu la chance de connaître. Voir chacun déballer ses cadeaux, faire un bon repas. Bref, comme n’importe quel papa normal. Mais voilà, depuis ce 13 novembre, plus rien dans ma vie n’est normal !

Ce matin, à l’aéroport, j’ai été bloqué une heure à la douane. C’est désormais ce que me vaut ma qualité de fiché S. S’ils croient que cela va m’empêcher de continuer ma lutte contre l’islamisation ! Toi, tu le sais, ils se trompent très lourdement ! Je ne leur en veux même pas, car je l’ai peut-être mérité. Et puis, ils ne sont surtout pas habitués à voir des gens aussi revanchards que moi. Cela n’est pas grave en soi, mais j’aimerais tant qu’ils mettent juste le même zèle à contrôler les djihadistes et les envahisseurs qui pénètrent chaque jour sur notre territoire ! Car je ne pense pas être un danger pour mon pays. Par contre pour les islamistes ! Alors qu’eux, ils en représentent vraiment un et malheureusement, ils l’ont prouvé à maintes reprises, sinon tu serais encore là en ce jour de Noël !

En ce jour de Noël, je pense à tous les parents de victimes à qui il manquera quelqu’un à chérir et notamment aux parents de ces deux jeunes filles qui ont perdu ce même 13/11/2015 leurs deux seules filles. L’année dernière, je les avais appelés pour essayer de les soutenir autant que je pouvais le faire. Mais bien sûr, tu t’imagines, c’était bien peu de choses par rapport à l’immensité de la peine qui est la leur. Ils sont désormais bien seuls !

Je ne sais pas combien de Noël je dois encore passer sans toi, mais parfois j’aimerais qu’il n’y en ait plus beaucoup, car vraiment c’est hyper- dur. Mais je veux au moins tenir jusqu’au procès de cette pourriture d’Abdeslam… Et s’il doit sortir un jour, jusqu’à sa sortie, j’ai de la monnaie à rendre, comme tu le sais. Ma puce, je ne sais pas si je peux te souhaiter un bon Noël là ou tu es, mais sache que je t’aimerais toujours et que je t’embrasse tendrement.

Bon-papa qui t’adore.

Patrick Jardin