J’ai écouté Assouline et Hammadi nous vanter le prochain vote des immigrés

Publié le 21 mai 2013 - par - 2 392 vues
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Jeudi dernier, j’ai participé à un débat organisé par le PS de Bagnolet sur le vote des étrangers, juste après la conférence de Hollande.
Les sbires locaux savaient forcément qu’il allait remettre ça sur la table, puisque le débat portant là-dessus était programmé depuis des jours.

David Assouline et Razzy Hammadi sont arrivés de l’Elysée tout ragaillardis, assez en retard.

Ca se passait dans un troquet, une quarantaine de personnes était là : une bonne moitié de maghrébins, pas mal d’africains, les Français d’origine n’étant représentés que par les élus socialistes, ma pomme et un ou deux autres maximum.

Le “débat” a commencé avec un exposé de la part des trois intervenants, Corinne Bord, conseillère régionale IDF et municipale de Noisy le Sec ouvrant le feu, en remontant à 1793 (“vous vous rendez compte? Ca date pas d’hier, hein!!!”) la première fois où le sujet a été abordé.

Je commençais déjà à faire des bonds sur ma chaise, mais suis resté bien sage jusqu’à la fin de leurs exposés.

(Sûr qu’en 1793, la France accueillait 15 à 20% d’immigrants de 1ère ou 2éme génération, et que les carrosses brûlaient par paquets de 30 chaque nuit.)

Ca a continué… 1h comme ça.

L’argument massue, c’est la différenciation citoyenneté/nationalité.

Ils s’engouffrent également dans la brèche ouverte par le droit de vote aux communautaires UE, fussent-ils sur notre territoire depuis peu, alors que le Malien qui est là depuis 15 ans n’y a pas droit, bien qu’il vote aux élections syndicales, aux parents d’élèves, etc…

On a eu droit à tout : Razzy Hammadi n’aurait jamais été élu il y a 20 ans, la société n’était pas prête (surtout, les maghrébins n’étaient pas aussi nombreux sur la circonscription, mais là, chuuuut!!!!).

La société n’est pas encore complètement mûre pour le droit de vote des étrangers, mais il y a des frémissements, les sondages fluctuent.

C’est maintenant, faut mettre le paquet, on va y arriver !

C’est avant tout la faute à la droite qui instrumentalisme, qui organise les crispations autour de ces sujets, comme le mariage gay (!).

LA phrase lâchée par le sénateur Assouline, “ça suffit, on arrête de jouer avec l’immigration à des fins politiques!”

Je ne pouvais plus étouffer mes éclats de rire, seul dans mon coin, tellement il était faux-cul face à tous les pigeons qu’il avait en face de lui.
Gigantesque numéro de bonimenteur.

Bref, s’en suivit 1/2h de débat. Pas 35 minutes, 1/2h.

J’ouvrais le bal, en demandant pourquoi ne pas simplement prendre la nationalité française.

Ma question prit 10 secondes.

Tollé de l’assistance, suivi d’un tir de barrage de 12 bonnes minutes des intervenants.

Impossible d’en placer une, j’avais pourtant de quoi reprendre un par un leurs arguments, je bouillais, pas moyen.

(“Attendez monsieur, d’autres veulent la parole, mais avant cela laissez-moi terminer….”)

Suivirent quelques prises de parole dans le public, pour expliquer que la nationalité ne s’obtient pas facilement, lamentations collectives.

Impossible de leur expliquer mon point de vue de français d’origine, les classiques, “toute la misère du monde”, tout ça… I
Etant le seul contradicteur de la salle, j’avais quand même l’impression de représenter les 2/3 des français qui sont contre, non, impossible d’en placer une.

Une illuminée, bobo de service, se leva et dit sur un ton habité, quasi mystique, qu’elle souhaitait, qu’il fallait le droit de vote à toutes les élections, même présidentielles.

Rappel solennel de ses gourous que là, on touchait à la souveraineté nationale et qu’il n’en était pas question .

Je demandais à Assouline s’il ne l’avait pas quand même en réserve, bien caché dans un petit recoin derrière l’oreille, pour dans 10 ou 15 ans…

Particulièrement chafouin, m’ayant calculé un peu vite à mon goût, avec force gestes en ma direction en parlant de “ces gens-là”, le porte-parole du PS est revenu à un tas de généralités, sur le vivre ensemble (n’en pouvant plus, je lui coupai la chique et évoquai le brillant et récent exemple du Trocadéro), insulta les électeurs du FN, s’offusquant ensuite que celui-ci surfe sur la misère des gens.

Là, comme on a pas élevé les cochons ensemble, je l’ai chopé en off après, lui demandant si par hasard c’est pas ce qu’il serait exactement en train de faire, à aller chercher les immigrés pour remplacer son électorat ouvrier disparu.

Lui rappelant aussi qu’il était gentil de m’afficher de la sorte, mais qu’on se connaissait pas, et que je me sentais ni de droite ni de gauche.

Magnifique réponse (“je sais d’où proviennent ces arguments”), sa tronche tordue par des années de contorsions hypocrites fuyant systématiquement mon regard, puis glissement salutaire sur un autre sujet avec ses petits copains.

Il était là pour débattre, mais pas avec des gens qui ne seraient pas d’accord avec lui, faut pas déconner!

En off toujours, à Razzy Hammadi, député 9.3 d’origine tunisienne, je demandai si les 30% d’Ennahda en France ne le faisaient pas flipper.

Il me répondit que seuls 15% des Tunisiens sont allés voter, et comme il n’y avait que les mosquées où les choses étaient un peu organisées, il a donc fait un carton.

Donc, 30% de 15%.

J’avoue ne pas avoir les chiffres en main.

Le gars m’a paru plus franc du collier, malgré son exaspérant et éternel sourire d’auto-contentement.
Je mets ça sur le compte de son obligation d’être encore sur le terrain, qu’il n’est pas encore déconnecté du monde à force de traîner dans les luxueux salons parisiens.

Pendant tout ce temps, à 25 mètres, bien visible de notre salle, une dizaine de représentants de l’avenir de notre pays fumait pétard sur pétard, balançant des bouteilles consommées et tout un tas de saloperies sur la pelouse  qu’elle occupait.

J’ai terminé en discutant 1 h dans la rue avec la suppléante du député, je me demande encore pourquoi elle a échoué au PS, puisqu’elle est d’accord avec moi sur 97% de ce qu’on a abordé, essentiellement immigration et sécurité !!!

Bref, ça donne envie de remettre ça, et d’aller au baston plus franchement dans le débat, tout en restant courtois et souriant, limite jovial. A chacun sa taqyyia.

Faites-le, sur les marchés, dans leurs réunions du soir, ne leur laissez pas un moment de répit, qu’ils rentrent chez eux systématiquement avec le doute, ou un truc pas bon à l’intérieur!

Qu’ils réfléchissent au désastre dont ils sont responsables depuis 30 ans et qu’ils veulent encore aggraver.

A l’offensive, citoyens !

Noël Moussais

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