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J’ai eu envie de comparer les engagements de Victor Hugo et ceux d’Éric Zemmour

Nous avons rencontré une femme qui a eu l’audace de comparer les combat de Victor Hugo et Éric Zemmour. Forcément intéressant…
Amazon.fr – VICTOR HUGO, ÉRIC ZEMMOUR: Leurs combats contre le fondamentalisme religieux et la propagande idéologique – ARTIO, EVE – Livres
Riposte Laïque : Vous avez été candidate de Reconquête en Alsace, et vous êtes enseignante. Que peut-on dire de vous, en plus, pour que nos lecteurs vous connaissent mieux ?
Eve Artio : J’ai plusieurs vies dont il faudrait que je vous parle. Mais cela prendrait trop de temps.
Riposte Laïque : Votre candidature pour Reconquête a été votre premier engagement politique. Pourquoi ce déclic ?
Eve Artio : Je ne trouvais aucun autre parti capable de parler avec autant de franchise de sujets rendus « tabous » par la bien-pensance. Je ne connaissais pas vraiment Éric Zemmour avant, mais j’ai trouvé dans le livre « Le suicide Français » tout ce que je pouvais observer autour de moi. Et rentrer dans un parti qui n’existait pas me paraissait logique. On partait de « rien », avec des gens dynamiques qui voulaient tous sauver la France.

Riposte Laïque : Vous n’avez pas eu trop de souci avec certains de vos collègues, suite à votre candidature ?

Eve Artio: Ils ont eu la délicatesse de ne jamais rien laisser paraître directement. La direction m’a toutefois confié que ma campagne avait « perturbé » tout le monde, y compris le fonctionnement des cours et j’ai eu droit à quelques critiques rapportées. Après la campagne, j’ai eu beaucoup de pression du fait que n’ayant pas gagné, il était bien plus aisé de me faire sentir que j’avais eu tort de m’investir, surtout dans un parti « d’extrême droite ». Comme je le dis dans mon livre, une de mes collègues m’a démontré par tous les moyens que Zemmour était un être dangereux pour la société, et que j’avais dû être influencée pour céder à un tel « endoctrinement ». Les gens assimilant tous ceux qui suivent Zemmour à des racistes ou des nazis, je me suis rendu compte que parler ne servait à rien dans ce milieu. La bien-pensance y est trop puissante. Ils avaient subi aussi le matraquage dont je parle dans le livre. Malgré tout, j’aime tous les collègues avec qui je travaille et ils ont autant de respect pour moi, même s’ils ne partagent pas mes idées. Je pense que j’ai beaucoup de chance !

Riposte Laïque : Et 6 mois plus tard, avec le recul, quel bilan tirez-vous de cette première expérience ?

Eve Artio : C’est beaucoup d’énergie pour un résultat honorable, mais bien insuffisant. Sans député élu, nous continuons de construire notre programme et de défendre les intérêts de tous les Français sur le terrain, notamment en luttant contre l’entrisme islamiste à l’école. Résister à la novlangue et à la facilité demande de la force de caractère. Il faut réunir tous les Français et pas seulement faire l’union des droites. Depuis deux ans, toutes nos libertés ont été attaquées. Plusieurs dangers nous guettent et cette campagne m’a permis de mieux comprendre la géopolitique. Le mondialisme et sa perversité détruisent tout, la nature comme le cœur des hommes.

Riposte Laïque : Vous nous proposez donc un livre au titre accrocheur : « Victor Hugo, Éric Zemmour, leurs combats contre le fondamentalisme religieux et la propagande idéologique« . D’où vous est venue cette idée de nous proposer un tel livre ?

Eve Artio : J’en ai déjà écrit un sur son combat contre celui qu’il appelait « l’usurpateur » en parlant du neveu de Napoléon. J’avais compris qui était vraiment Hugo, un homme entier, fougueux, critiqué, jalousé, moqué à l’Assemblée nationale. On disait de lui qu’il aurait mieux fait de continuer à écrire des romans plutôt que de faire de la politique. On lui a reproché les mêmes choses qu’à Zemmour, sauf bien sûr qu’il n’était pas confronté aux mêmes problèmes. Sa tête était mise à prix et il a dû s’exiler pour survivre. J’ai trouvé beaucoup de similitude avec Zemmour dans la violence de ses propos, alors que les journalistes reprochaient sans arrêt à leur ex-collègue d’être trop « radical ».

Riposte Laïque : Comment expliquez-vous que tout le monde se réfère à Victor Hugo, qu’il est intouchable, alors qu’Éric Zemmour est classé à l’extrême droite ?

Eve Artio : On ne veut prendre chez Hugo que ce qui « nous » arrange. Je ne veux pas faire cela, mais je dois signaler ce qu’il a dit lui-même au moment où il est passé à gauche :  » l’an dernier, je défendais l’ordre en péril, comme je défends aujourd’hui la liberté menacée ! Comme je défendrai l’ordre demain, si le danger revient de ce côté-là.  » Victor Hugo cherchait l’influence mais pas le pouvoir. En cela, Zemmour lui ressemble (j’espère !). Il avait cette honnêteté qui lui a coûté si cher, celle que les Français n’ont hélas pas comprise. Quand il y a un danger, on crie, on ne roucoule pas ! C’était plus facile pour Hugo qui critiquait une institution religieuse déjà renversée à la Révolution. Il s’opposait à son retour en force, mais respectait Dieu et le fait de croire. Il se méfiait des hommes fanatiques et des hypocrites. Il reprochait ce qui était juste, mais n’allait pas aussi loin que les radicaux de son temps qui voulait « tuer » l’Église.

Riposte Laïque : Considérez-vous que le combat de Victor Hugo contre l’emprise du catholicisme au XIXe siècle était aussi légitime que celui d’Éric Zemmour contre l’islamisation de la France au XXIe siècle ?

Eve Artio : En suivant une certaine logique, Hugo critiquait sa religion qui était la culture de la France depuis plus d’un millénaire. Il en dessinait les abus et parlait clairement des risques à accepter un enseignement clérical en France. Il rappelait l’objectif d’éviter les guerres de religion (protestantisme/catholicisme). En suivant cette logique, et vu ses critiques envers notre Église, je n’ose imaginer la façon dont il parlerait de l’islam aujourd’hui ! Je dirais plutôt qu’il est plus légitime d’être radicalement opposé à l’avancé de l’islam en France étant donné ce qu’on en observe dans les pays où il est roi. Trop de gens oublient que l’islam ne fait pas de différence entre le religieux et le civil ! L’islam, tel qu’il se revendique actuellement, est incompatible avec nos valeurs républicaines et laïques. Je ne vois pas pourquoi la gauche continue de le nier ou de traiter de fachos ceux qui le savent. Cela montre leur ignorance sur bien des sujets… Cependant, l’esprit clérical s’étend au fondamentalisme qu’on peut retrouver dans d’autres sphères, ce dont je parle dans ce livre.

Riposte Laïque : Êtes-vous prête à tenir des conférences sur le thème de votre livre ? Et comment se procurer votre ouvrage ?

Eve Artio : Oui, ce serait un honneur d’expliquer ce que tant de musulmans savent déjà, à ceux qui continuent de parler de racisme. Je pense à Adonis, un poète syrien qui dénonce lui-même le caractère violent de l’islam. Comme beaucoup d’autres hommes de renom, il déclare « qu’il n’y a pas deux islams ». Je trouve cela stupéfiant qu’en France on puisse accuser quelqu’un de racisme parce qu’il critique une religion ! Dans ce cas Victor Hugo le serait aussi, ce qui est inconcevable. Pourtant, je décris dans mon livre tous les discours où il parle de la grandeur occidentale, de sa lumière qui devrait irradier le monde, de Paris qui devrait être le phare de l’Europe, de la barbarie des pays africains. Bien sûr, j’explique le contexte, mais Hugo aimait son pays et ne mélangeait pas tout. Nos émotions et la perte de vocabulaire profond, remplacé par des discours impulsifs et répétitifs rendent la vie impossible aux intellectuels ! On se coupe la parole, on n’a pas le temps d’expliquer, les gens veulent des réponses courtes et « gentilles », mais la vie est complexe et profonde.
Mon ouvrage se trouve sur Amazon pour l’instant.
Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
Eve Artio : La superficialité des critiques qui pleuvent pour empêcher les gens de savoir ce qui se passe  réellement m’a donné envie d’écrire ou d’imaginer ce qu’un auteur comme Hugo aurait pu dire. Je ne reconnais plus mon pays et j’ai mal quand on me reproche de le défendre ! Et je ne suis pas prête à accepter n’importe quel changement. Être responsable, c’est construire son avenir, pas le subir bêtement !
Propos recueillis par Pierre Cassen