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Jamais 2 sans 3 : le nouveau Président se séparera-t-il en plein mandat ?



La question est-elle incongrue ? Certes, sous la Cinquième République (et sans doute avant, se rappeler Felix Faure), la France a toujours eu des présidents volages, à partir de Giscard d’Estaing, dont Le Canard Enchaîné avait raconté les déboires quand, rentrant au petit matin d’une escapade amoureuse, il avait percuté le camion du laitier.

Que dire de Mitterrand, qui nous a fait croire qu’il était toujours en couple avec son épouse Danielle, alors qu’il était avec Anne Pingeot, avait une fille avec elle (qu’il fait élever aux frais de la République), tout en continuant à multiplier les conquêtes, au sein du Parti socialiste et ailleurs. Il se raconte que lors des congrès du Parti socialiste, quatre femmes l’attendaient, chacune à un étage. Quel homme !

Jacques Chirac avait multiplié les conquêtes amoureuses, ce que son épouse Bernadette avait révélé, ne masquant pas la souffrance que la situation lui occasionnait. Il avait été, d’autre part, surnommé cruellement « Atchoum », et « Trois minutes, douche comprise », par quelques persifleuses peu élégantes…

Ces vies privées de nos président se situaient dans la continuité de celles de nos rois, et les Français ne leur en prêtaient pas trop rigueur, cela faisait partie des traditions du pays. Et puis, avec eux, au moins, la boutique France était à peu près tenue.

C’est avec Nicolas Sarkozy que les choses ont commencé à se compliquer. Tout le monde a compris qu’il se passait quelque chose de grave avec Cécilia, à quelques mois de la présidentielle, quand il a dû annuler une émission, un dimanche soir, prétextant une migraine. En fait, lassée des nombreuses infidélités de son mari, la Belle avait pris la poudre d’Escampette avec un nommé Attias, ce qui avait fait la « Une » de Paris-Match, et ridiculisé Sarkozy, qui, une fois élu, aura la peau du rédacteur en chef de l’époque.

On assista au soir de la victoire de Sarkozy à un spectacle étonnant. Cécilia (qui n’avait pas voté) était en larmes, tandis que tout le monde fêtait le triomphe de Nicolas. Elle fit de la figuration, durant quelques semaines. Elle était présente lors du sacre, jouant le jeu, avec un Sarkozy visiblement toujours amoureux, qui disait aux invités : « Hein qu’elle est belle ma Cécilia », comme s’il parlait de sa dernière Rolls Royce. L’ancienne épouse de Jacques Martin fut envoyée dans une mission chez Khadafi pour libérer les infirmières bulgares, ce qu’elle réussit parfaitement. Mais l’amour entre elle et son mari était terminé, et elle quitta définitivement l’Elysée, quelques semaine plus tard. Sarkozy se retrouvant seul, fit la connaissance de Carla Bruni, dans une soirée organisée par le publiciste Séguala. Et la place libre qui existait à l’Elysée fut rapidement occupée, mariage, enfant et tout le tralala. Donc, pour la première fois de la Cinquième République, un président ne finissait pas son mandat avec la même personne que celle avec qui il avait commencé. Exception ?

Que nenni ! Hollande, qui, dans sa tirade « Moi Président » avait annoncé qu’il ferait tout le contraire de Sarkozy, commença son mandat avec la volcanique Valérie Trierweiler, qui se distingua immédiatement en soutenant, dans un tweet devenu célèbre, le rival de Ségolène Royal, Olivier Falorni, alors que le nouveau président soutenait la mère de ses quatre enfants. Cela fit rire naturellement la France entière, qui se tient encore davantage les côtes quand « Closer » annonça que celui que Robert Albarèdes surnomma « le scootériste libidineux » allait rendre des visites, à deux roues, près de l’Elysée, à l’actrice de second plan Julie Gayet.

Valérie prit la porte avec pertes et fracas, et Julie Gayet devint une espèce de maîtresse officielle du président, avec un statut bizarre. Donc, là encore, pour la deuxième fois, un président de la République finissait son mandat avec une nouvelle femme, différente de celle avec qui il avait commencé.

Peut-il y avoir, cette fois, confirmation du célèbre dicton « Jamais deux sans trois ? ». Il y a à ce jour deux candidats potentiels, Marine Le Pen et Emmanuel Macron. La présidente du FN serait la première femme qui occuperait l’Elysée. Marine a eu un premier mariage, avec trois enfants. Elle a divorcé, s’est remarié, et a divorcé une deuxième fois. Puis elle s’est remise en couple avec Louis Aliot, lui aussi divorcé. Bref, elle paraît une femme qui incarne la génération post-68, année de sa naissance. Son couple ne fait jamais la « une » de la presse, et rien n’indique de fragilité. Si elle était élue, on peut penser qu’elle pourrait finir avec la même personne…

Qu’en est-il d’Emmanuel Macron ? Le moins qu’on puisse dire est que sa romance avec Brigitte Trogneux, sa professeur de français, de 25 ans son aînée, a largement contribué à construire son image auprès de l’opinion publique. Certains parlent d’une belle histoire, digne de « Mourir d’Aimer », mais qui finirait un peu mieux. D’autres, plus mal intentionnés, évoquent un détournement de mineur, et considèrent cette situation incongrue. Aujourd’hui, Macron à 39 ans, Brigitte en a 64. A la fin du quinquennat, il en aura donc 44, et Brigitte 69.

Mais une autre histoire a circulé, surtout au début de la campagne. On a évoqué son homosexualité, et une liaison supposée avec le Beau Mathieu Gallet, président controversé de Radio France. En plein meeting, Macron démentira la rumeur, qui s’estompera. Alors, info, ou intox ? Nul ne le sait. Mathieu Gallet est-il le nouveau Anne Pingeot, et le couple tant médiatisé Emmanuel-Brigitte est-il aussi artificiel que ne l’était le couple François-Danielle ?

Le nouveau président, ou la nouvelle présidente, finira-t-il son mandat avec la même personne que celle avec qui il a commencé ? Sarkozy avait fait illusion deux mois, Hollande deux ans…

La France attend la suite avec impatience…

Paul Le Poulpe