Jamal Khashoggi : Trump ne cédera pas devant la tempête médiatique

Publié le 21 octobre 2018 - par - 21 commentaires - 1 674 vues
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Les décideurs occidentaux sont voraces des pétrodollars arabes et pour eux, les droits de l’homme ainsi que la toxicité de l’islam ne sont pas à l’ordre du jour. Tant que le pétrole et le gaz coulent à flot, les apostats de l’islam ainsi que les opposants aux dictatures du monde arabo-musulman ont du souci à se faire pour leur sécurité. Et l’hypocrisie occidentale a encore de beaux jours devant elle.

L’exemple du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné à l’intérieur du consulat de l’Arabie saoudite à Istanbul en Turquie est une preuve supplémentaire du double discours occidental. Sa duplicité n’est plus à démontrer.

Les gesticulations actuelles occidentales suite à la disparition de Jamal Khashoggi à l’intérieur de la mission diplomatique du royaume wahhabite à Istanbul sonnent faux et ne sont qu’un feu de paille pour faire diversion. Ces larmes de crocodile continueront à être versées, en attendant que l’orage médiatique passe.

Mais qui est Jamal Khashoggi ? Il fait partie des intimes de la famille des Al Saoud. Son grand-père était le médecin personnel du fondateur du royaume wahhabite, le roi Abdelaziz Al Saoud. Son oncle paternel fut un grand marchand d’armes, et vénérable correspondant des services spéciaux occidentaux et notamment de la CIA.

Jamal Khashoggi, lui-même, était lié aux services saoudiens, et par déduction américains. Pendant un temps, il fut un collaborateur du chef des renseignements saoudien Faissal Ibn Turki Ibn Faissal Al Saoud. Et à ce titre, il a rencontré à plusieurs reprises le fondateur d’Al Qaïda, Oussama ben Laden. D’ailleurs, il lui a conseillé alors (ordonné est le terme approprié) de ne pas s’attaquer aux intérêts américains. Et avec l’arrivée du prince héritier Mohamed Ben Salmane (MBS), il a commencé à prendre ses distances avec la monarchie wahhabite en critiquant la guerre menée au Yémen qui est un vrai scandale pour le monde libre, dit démocratique. Et en plus, dans ses articles, il a mis en cause la politique de MBS envers le Qatar et les frères musulmans. Avec le temps, il est devenu un défenseur de l’islam politique. Et c’est la goutte de plus qui a fait déborder le vase. Car en islam, on ne discute pas les ordres du prince des croyants, même sous la torture.

Dans la sourate 4 (nissa-les femmes) verset 59, il est écrit : « Ô croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et ceux d’entre qui détiennent le commandement. Puis, si vous vous disputez en quoi que soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation (et aboutissement) ».
Aux yeux de Mohammed Ben Salmane, Jamal Khashoggi a remis en cause sa légitimité, et conformément au verset ci-dessus, il le faut punir parce qu’il a désobéi au Créateur, c’est à dire au prince des croyants.

Jamal Khashoggi ne pouvait pas ignorer le Coran et les hadiths et de ce fait, il savait à quoi il s’exposait en remettant en cause la politique de MBS.
Avait-il sous-estimé la réaction du prince héritier ou se sentait-il protégé par les Américains pour services rendus et en étant éditorialiste au Washington Post ? Et sa proximité avec le président Erdogan lui a-t-elle fait croire qu’il était intouchable sur le sol turc ?

Jamal Khashoggi détenait des dossiers ultra-sensibles concernant la famille des Al Saoud et leur implication dans le jihadisme et le salafisme qui empestent la planète. Dans ses archives, il avait beaucoup de secrets d’État, de quoi inquiéter beaucoup de monde.

En défiant le prince héritier, il a outrepassé la doxa islamique et notamment wahhabite, il savait pertinemment ce qui l’attendait. On ne joue pas à l’apprenti-sorcier chez les bédouins. D’autant plus qu’ils sont protégés par l’oncle depuis 1945 suite au pacte du Quincy signé le 14 février entre le président Franklin Roosevelt et le roi Abdelaziz Al Saoud. Ce pacte stipule que la stabilité de l’Arabie saoudite fait partie des intérêts vitaux des États-Unis d’Amérique. En vertu de cet accord, la protection inconditionnelle de la famille Al Saoud et accessoirement de leur royaume contre toute menace, qu’elle soit intérieure ou extérieure, est assurée par l’oncle Sam.

Ce pacte a été reconduit en avril 2006 pour une durée de 60 ans.
Pour preuve que ce dernier est solide, ancré dans le marbre, c’est que les Al Saoud n’ont pas été inquiétés à la suite du 11 septembre 2001. Et pourtant la planète tout entière est au courant que des 19 terroristes qui ont commis l’horrible attentat, 15 d’entre eux sont de nationalité saoudienne.

L’Occident sait mieux que quiconque que l’Arabie saoudite est le premier idéologue et financier du terrorisme islamique à travers le monde. Les mosquées wahhabites qui poussent comme des champignons en Europe sont financées par l’argent saoudien à travers la Ligue islamique mondiale qui est basée à Djedda et dont le budget annuel avoisine les dix milliards de dollars.
L’assassinat atroce du journaliste Jamal Khashoggi ne changera rien dans les agissements de la monarchie wahhabite qui tient à imposer au monde entier sa doctrine salafiste tant que le parapluie américain lui reste acquis. Et la politique américaine envers l’Arabie saoudite ne bougera pas d’un iota car les enjeux géopolitiques dépassent de loin les incantations journalistiques. Et puis, que pèse l’assassinat de Jamal Khashoggi dans les relations internationales, surtout quand les questions énergétiques s’en mêlent, et au moment où le Moyen-Orient est à feu et sang, avec la guerre sunnite-chiite qui fait rage. Les Américains ne vont sûrement pas  sacrifier MBS pour les beaux yeux des Iraniens. C’est trop leur demander. Et en plus, MBS reste une carte maîtresse entre les mains des Américains pour le règlement du conflit israélo-palestinien.

Toute autre agitation médiatique, c’est du vent dans les filets.
Et pour sortir de cette délicate question, les Saoudiens vont sortir le chéquier comme ils l’ont toujours fait pour acheter le silence des puissants de ce bas-monde.
D’ailleurs, l’islam a prévu le rachat du crime par une compensation financière, appelée la diya ou prix du sang.
Conformément à la sourate 2 verset 178 et à la sourate 4 verset 92, la diya peut être appliquée en ce qui concerne l’assassinat de Jamal Khashoggi et absoudre ainsi la royauté saoudienne de tout crime, puisque la charia permet de le racheter. N’oublions pas que Jamal Khashoggi était musulman et ses assassins le sont aussi. Et dans ce cas, la compensation financière est nécessaire pour dédommager sa famille et se conformer ainsi à la charia.

« Ô les croyants ! On vous a prescrit le talion au sujet des tués : homme libre pour homme libre, esclave pour esclave, femme pour femme. Mais celui à qui son frère aura pardonné en quelque façon doit faire face à une requête convenable doit payer des dommages de bonne grâce.. Ceci est un allégement de la part de votre Seigneur, et une miséricorde. Donc, quiconque après cela transgresse, aura un châtiment douloureux ».
« Il n’appartient pas à un croyant de tuer un autre croyant, si ce n’est par erreur. Quiconque tue par erreur un croyant, qu’il s’affranchisse alors un esclave et remettre à sa famille le prix du sang, à moins que celle-ci y n’y renonce par charité. Si le tué appartenait à un peuple ennemi à vous et qu’il soit croyant, qu’on affranchisse alors un esclave croyant. S’il appartenait à un peuple auquel vous êtes lié par un pacte qu’on verse alors à la famille le prix du sang et qu’on affranchisse un esclave croyant. Celui qui ne trouve pas les moyens, qu’il jeûne deux jours d’affilée pour être pardonné par Allah. Allah est Omniscient et Sage ».

Le gouvernement saoudien vient de déclarer que Jamal Khashoggi est mort accidentellement à l’intérieur de son consulat à Istanbul, lors d’une rixe. Par conséquent, la diya doit être appliquée, sans discussion, afin que la doxa islamo-wahhabite en sorte renforcée.
Quant à l’agitation journalistique, une tempête dans un verre d’eau, elle finira par s’estomper. L’Arabie saoudite est un allié des États-Unis et ce n’est pas demain que Trump va la sacrifier sur l’autel des droits de l’homme. Et la politique du chéquier fera le reste…

Ceux qui jouent aux vierges effarouchées ou qui découvrent le fil à couper le beurre doivent savoir une fois pour toutes qu’en Arabie saoudite, la décapitation et les flagellations publiques sont quotidiennes, conformément à la charia. Et les enseignements de l’islam en sont responsables.

De grâce, que la caste journalistique occidentale, irriguée par le politiquement correct, cesse de prendre ses élucubrations pour la réalité car l’islam est un système politico-religieux de terreur voulu par Allah et son Messager.
Toute autre explication n’est que fourberie, mensonge, taqîya et manipulation pour noyer le poisson.

Hamdane Ammar

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21 réponses à “Jamal Khashoggi : Trump ne cédera pas devant la tempête médiatique”

  1. Marnie dit :

    Trump a cela de bon : il a de la suite dans ses idées. Seule l’Amérique compte pour lui et il y a lieu de l’admirer pour cela.

  2. UltraLucide dit :

    Je me fiche comme d’une guigne que le Royaume d’Arabie Saoudite soit sous le joug sanglant des Wahhabites et qu’ils règlent leurs comptes entre eux comme les mafias, mais ceci tant qu’ils ne poussent pas à ce que leur régime médiéval s’installe chez nous. Malheureusement ils en rêvent et entretiennent des agents chargés de réaliser ce projet, comme le CCIF et des politiciens véreux qu’ils payent pour les y aider. Et là on a un problème. Casus belli…

  3. Kader Oussel dit :

    Trump ne se couche devant personne. Il fait des affaires. C’est le roi de la négociation. 110 milliards de contrat d’armement, ce n’est pas assez pour lui. Il essaie de se débarrasser des invendus.

    • Yohann le debattant dit :

      Trump a tort de faire confiance aux saoudiens. Il n’y a pas que les « affaires » dans la gestion d’un état. On n’en peut pas dénoncer à juste titre l’islamisation du monde occidental et défendre la position de Trump face aux saoudiens digne d’un Macron.

  4. Yohann le debattant dit :

    Ooops Trump (pas Truman). Joli lapsus..

  5. Yohann le debattant dit :

    Pas d’accord avec Truman pour une fois. Ce pays est avec l’Iran à l’origine de l’islamisme politique dans le monde. Les kamikazes du 11/09 et leur mentor Ben Laden étaient tous saoudiens. Sans parler de l’ideologie wahhabiste qui pollue tout le monde occidental.

  6. Paskal dit :

    Je ne sais trop que penser (je ne dois pas être le seul).
    http://www.dedefensa.org/article/notes-sur-une-danse-des-sables

  7. Jill. dit :

    C’est un incident qui ne justifie pas ce raout
    international.

  8. Vrai Patriote dit :

    Soutien total à Donald Trump qui ne se laisse pas impressionner par la propagande gauchisto-féministe visant à attaquer l’Arabie Saoudite. Si l’Arabie Saoudite veut interdire que les femmes se déplacent seules dans le Royaume, c’est son droit elle est chez elle.

    Si un journaliste faisandé provoque une bagarre dans le consulat de son pays et se fait tabasser par 15 touristes saoudiens qui étaient là par hasard, c’est bien fait pour lui.

    Je suis fier que le héros de Riposte Laïque, le Président Trump, ne cède pas face à la meute hurlante des médias vendus.

    • Paskal dit :

      « Si l’Arabie Saoudite veut interdire que les femmes se déplacent seules dans le Royaume, c’est son droit elle est chez elle. »
      Tiens donc ! L’islam serait acceptable en Arabie ? Peut être ailleurs ausi, qui sait ?

    • Yohann le debattant dit :

      Vous défendez l’Arabie Saoudite, ce pays source de notre’ malheur qui exporte l’islam politique en Europe?

      • Guy Millière, auteur sur Riposte Laïque dit :

        Il faut toujours défendre celui qui nous nourrit (en l’occurrence, celui qui nous transporte grâce à son bienfaisant pétrole)

  9. Antikon dit :

    Je ne sais plus qui a dit que les traités se jettent comme des chiffons de papier, mais je crois qu il a raison. Et que la loi du plus fort est toujours la meilleure. A ce titre il serait tres facile aux Americains de faire main basse sur less puits de petrole saoudiens, de geler ou confisquer leurs avoirs et de leur imposer le « printemps arabe » comme autres avec tout ce que cela comporte de democratie ( laîcité, metissage, migrants,droidlommisme etc ) On en aurait enfin termine avec le terrorisme

  10. BERNARD dit :

    Un grand merci pour votre billet, j’ai appris plein de choses qu’il est inutile de rechercher sur les merdia vendus. ça serait trop difficile à trouver. Belle synthèse !

  11. Allonzenfan dit :

    La véritable et seule question qui se pose dans cette affaire est : où se trouve l’intérêt de l’Amérique ? Personnellement j’ai le sentiment d’avoir la réponse, ce qui ne semble pas être le cas du commentateur précédent…