Japon: les svastikas seront effacées pour ne pas perturber les Occidentaux

S’il était besoin d’une ultime preuve sur les ravages du tourisme de masse, cette information – que l’on croit tout droit sortie du Gorafi mais qui vient du journal étasunien The Telegraph – achèvera de nous convaincre.

Les svastikas indiquant la présence de temples bouddhistes sur les cartes et les guides touristiques japonais, seront désormais remplacées par des pictogrammes en forme de pagode à trois niveaux.

Le décret a été pris par le Ministère japonais du Tourisme. Les hôtels et agences touristiques se sont vus distribuer de nouvelles cartes (les seules à être autorisées) qu’elles donnent aux touristes. Le Ministère a invoqué un « principe de précaution graphique », arguant que les touristes occidentaux – de plus en plus nombreux au Japon – font une « confusion » entre ce signe venu du fond des âges et la croix gammée, symbole du Troisième Reich et de ses crimes.

Beaucoup de vacanciers seraient revenus choqués de leur escapade au pays du Soleil levant, ne s’en remettant pas d’y avoir vu ces affreux pictogrammes sur les cartes touristiques. Les plus farouches antifascistes ayant même juré de ne plus remettre les pieds chez ces fachos de Nippons. On peut alors se poser la question : pourquoi ces ignares vont-ils dans un pays sans s’être informés au préalable sur les us et coutumes locales ? Et comment se fait-il que la vue d’un simple signe éclipse tout un séjour de plusieurs semaines et en rende amer le souvenir ? On serait tenté d’y voir la lobotomisation des cervelles qu’instillent manuels scolaires, media et culture ambiante dès le berceau afin de créer en nous des réflexes pavloviens.

Quoi qu’il en soit, pour pallier d’éventuels problèmes de mauvaise réputation, les autorités ont préféré se départir d’un symbole millénaire gravé dans leur histoire, afin de ne plus « perturber » ces touristes mal-informés…

En effet, si pour l’Occidental de base cette croix aux branches à angles droits évoque le régime qui régna outre-Rhin de 1933 à 1945 et les crimes dont ses zélateurs se sont à jamais rendus coupables, tel n’est pas le cas dans d’autres contrées où la svastika est un symbole positif.

Le terme « svastika » est un mot sanskrit qui se traduirait par « bonne santé, bonne fortune ». L’injonction « svasti! » dans l’Inde ancienne équivaut à notre « vive… » Ainsi, en terme d’étymologie, le terme est positivement connoté.

Mais il serait faux de penser que le symbole lui-même vient de la vallée de l’Indus. Il s’agit d’un des plus anciens symboles de l’humanité ; on le retrouve, sous différentes formes, dans la plupart des civilisations aussi bien sur les bas-reliefs que sur les céramiques et les objets religieux. On citera entre autres les civilisations chinoise, indienne, japonaise, crétoise, étrusque, maya, navajo, inca, persane, sarmate, hittite, scythe, ouralienne, basque et thrace.

Des svastikas a trois, cinq ou sept branches ont également été vues en Asie Centrale, en Grèce ou encore chez les Celtes dont le célèbre triscèle est toujours un symbole de contrées telles que la Bretagne. La svastika caucasienne à sept branches a également été un symbole préchrétien fort dans la Géorgie et l’Arménie antique.

L’Occident s’est intéressé dès le XIXème siècle à ce signe mystérieux. Helena Blavatsky, René Guénon ou encore Georges Dumézil ont étudié en détail la symbolique de ce signe ésotérique. Les plupart des experts s’accordent à dire qu’il s’agit d’un signe représentant le cours cyclique du Soleil.

C’est en 1920 que l’autrichien Adolf Hitler a repris ce symbole, « aryen » selon lui, en l’inversant et en l’inclinant sur 45 degrés, pour en faire le symbole du « Reich millénaire » qu’il souhaitait bâtir. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce signe est (avec le chat noir et le 66) l’un des plus impopulaires en Occident. Il est même interdit dans nombre de pays, au regret des Hindous qui vivent en Europe et ont parfois des problèmes avec les autorités qui confisquent et profanent leurs objets religieux au prétexte que « c’est mal« . En effet, le renouveau de l’intérêt pour les cultures de l’Asie n’a pas suffi à réhabiliter la svastika aux yeux de ces Occidentaux biberonnés à la pensée unique dont le cœur défaille à la simple vue d’une croix avec des branches.

Ce n’est pas la première fois que l’on assiste à une offensive contre ce symbole qui donne la colique aux antifas et aux fragiles. Après l’avènement des communistes au Vietnam, des sépultures de familles bouddhistes comportant ce signe ont été vandalisées par les Rouges qui ne supportaient pas la vue de ce qui pour eux était symbole du « fascisme ».

Au début des années 2000, une polémique avait éclaté à propos de cartes pokemon sur lesquelles était imprimée une svastika. Ces cartes furent rapidement retirées du marché, ce qui en fait des objets rarissimes que les collectionneurs s’arrachent.

C’est à présent les cartes touristiques qui doivent se plier à la nouvelle doxa.

Une telle mesure interroge sur la pertinence du tourisme de masse : ne va-t-on pas à l’étranger pour se dépayser et connaître les mœurs locales? Si l’on veut retrouver les mêmes mentalités et ne pas être « choqué » pourquoi ne pas rester chez soi au lieu de métastaser ses frustrations occidentales à des pays qui y sont totalement étrangers?

Ce n’est pas sans rappeler les conquistadors qui, voyant les dieux cornus et zoomorphes des Amérindiens, les assimilèrent bien vite à un « Diable » dont lesdits peuples n’avaient jamais entendu parler ; persécutant ces peuples jusqu’à leur faire abandonner ces dieux ancestraux pour se conformer au nouvel ordre des choses. Pareillement, ces touristes, voudraient non seulement bannir ce signe chez eux, mais aussi amener les autres cultures à faire de même. Car, « c’est mal » vous dit-on…

On ne peut que sourire amèrement de la tartuferie d’une société qui encense la « diversité » et le relativisme culturel mais ne peut souffrir que d’autres cultures aient un point de vue différent sur des symboles que notre culture connote négativement. Toutes les cultures se valent… pourvu qu’elles se ressemblent toutes ; voilà comment on pourrait résumer le rapport que les belles âmes entretiennent avec l’Autre. Le relativisme culturel, c’est bien, mais on ne plaisante pas avec « les heures les plus sombres de l’Histoire« .

Nicolas Kirkitadze

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20 Commentaires

  1. Il ira loin, le petit Kiki. Tel un Sarközy hongrois voulant se faire plus gaulois que les gaulois, le petit Kiki, avec sa gueule de chef d’Einsatzgruppen, défend les pauvres japonais qui n’osent plus sortir leurs svastikas, après avoir défendu le droit des artisans qui viennent faire des réparations chez vous de vous harceler grâce aux informations qu’ils ont eu dans le cadre professionnel.
    Bravo ! Peut-être n’est pas nécessaire que Riposte Laïque lui serve de marchepied, non ?

  2. Merci pour cette article, très intéressant. J’espère que les mentalités changeront en Occident…

  3. venum,
    N’allez pas au japon pour semer la merde comme ces touristes bas du front, ignares et prétentieux.
    Regardez plutôt ce qui se passe en France avec l’islam : ça ne vous dérange pas?
    Alors foutons la paix aux japonnais qui ne demandent rien à personne.
    Et profitez de la leçon qui vous est proposée, si toutefois c’est à votre portée.

  4. Le sujet est intéressant, mais il y a quelques erreurs, et quelques oublis sur une question complexe. Par exemple, le swastika est un symbole hindou, passé au Bouddhisme et au Jaïnisme, et dont le sens est, en gros, celui de « bien ». Mais le « manji » (j’utilise le nom japonais) est un caractère chinois, dont le sens signifie « 10000 mots ». Comme 10000 veut dire « tout », cela veut dire « tous les mots ». En tout cas, cela n’a rien à voir avec son utilisation par les nazis. Le Rav Ron Chaya a bien insisté sur le fait que cela n’a rien à voir, dans l’un de ses cours. Il faut ajouter que l’utilisation antisémite du swastika aurait commencé dès le 19ème siècle ou le début du 20ème siècle, notamment en Russie.
    Il est normal que les Japonais évitent de choquer les touristes, parce que cela fait partie de la politesse japonaise.

  5. Le svastika (masculin) est effectivement un symbole solaire, de vie, que l’on trouve dans de très nombreux pays asiatiques, mais aussi dans les frises grecques. Il est d’ailleurs orienté indifféremment à gauche ou à droite (tournant dans le sens des aiguilles d’une montre ou inversement). Les nazis n’ont donc pas « inversé » le svastika. La première fois que j’ai vu ce signe sur un temple hindou en Inde, j’en ai simplement demandé l’explication, me doutant bien que, vu l’âge du temple en question, ce ne pouvait absolument pas être un symbole nazi!
    Les Japonais ont vraiment tort de se soumettre au politiquement correct qui est en train de dévaster les esprits décérébrés de trop nombreux occidentaux qui ne savent plus penser par eux-mêmes.

  6. Petit détail important : la svastika nazie, inclinée à 45°, est dextre, le gamma étant orienté à droite, soit en rotation solaire négative . La svastika bouddhiste verticale, est senestre , le gamma étant orienté à gauche, soit en rotation solaire positive. Dans la symbolique des croix, dites latines, on peut aussi gloser.

  7. article exact totalement idiot ce que font les japonais pour plaire a des cretins ignares et pour le pentagramme idem je preconise d interdire le cercle present dans le drapeau japonais symbole de la seconde guerre mondiale menee par le japon comme la swastika symbole du nazisme

  8. La Sicile et l’île de Man devront-elles amener leurs couleurs afin de sauver leur tourisme ? ? ?

  9. Non seulement cet article est intéressant, mais il nous fait entrevoir aussi ce qui risque de se produire si (ce qu’à Dieu ne plaise !) les muzz venaient à faire la loi chez nous. Et là, ce n’est pas du délire, rappelons-nous simplement des Bouddhas de Bamiyan, de Palmyre, du musée de Mossoul. C’est tout récent, même les plus décérébrés des gauchiards peuvent s’en souvenir. Effacer les traces d’une ancienne culture est toujours un mauvais signe.

  10. la svastika pour commencer n’est pas la croix gammée,la croix gammée est une version plus contemporaine de la croix carolingienne,alors que la svastika à des origines multi-millénaires védiques,d’ailleurs ses pales sont inversées, c’est aussi le symbole comme mentionné ci dessus du bouddhisme et le sigle de l’art martial militaire Japonais ( le Kempo).il est vrai qu’a la source cette croix tournante à droite comme à gauche provient des civilisations indo -aryennes quand au symbole des roms : c’est aussi une version plus solaire de la svastika appelée kolovrat. Et ce qu’il faut retenir de cet article mr spéculum venum: c’est qu’un peuple aussi attaché à ses traditions que le sont les Japonais ,vient de remettre en cause un symbole fort de de sa culture pour encore une fois faire plaisir à des trouducs bien pensant qui trouvait que cela rappelait les heures sombres de la guerre.Et le Japon concède, c’est avec des choses aussi insignifiantes que l’on se retrouve avec une situation comme la nôtre à ce jour! Pas de compromis avec les extérieurs!

  11. Le PIRE dans vos débats « pour » ou « contre », c’est que personne n’a relevé que ces symboles N’ETAIENT PAS des croix gammées (ou svastikas) : la croix gammée a des branches tournées dans le sens des aiguilles d’une montre, formée de 2 S croisés (d’ailleurs le IIIe Reich jouait de son sigle SS avec sa croix gammée) ; ici, le symbole incriminé a les branches orientées dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, formé de 2 Z croisés…
    Demain, peut-être, les cons confondront pareillement l’étoile de David israélite avec un pentagramme diabolique… À suivre…

  12. Ce genre d’article sans intérêt, peut-être pour vous, Venum, mais beaucoup de lecteurs de Riposte Laique aime se cultiver et apprendre sur d’autres cultures.
    C’est cela la magie RL tout le monde a droit de s’exprimer.
    Pour ma part j ai trouvé l article intéressant.
    Et l auteur pose la bonne question : Pourquoi aller voir ailleurs si c’est pour critiquer?
    Et si on est incapable de comprendre la culture des autres CHEZ EUX autant rester chez soi.
    Merci Nicolas

  13. Si on interdisait tous les sigles utilisés dans différentes guerres il ne resterait plus grand chose.Quid de la faucille et du marteau? Quid des sigles islamiques ( 300 millions de morts) etc…

  14. Venum, je ne trouve pas que cet article soit sans intérêt. Bien au contraire, il met à mon avis le doigt sur un symptôme grave de la mentalité occidentale.

    Et pour l’anecdote, sachez que la svastika est un symbole ancestral chez l’un des peuples qui ont été victimes des nazis, à savoir le peuple rom. Pour autant que je sache, les roms n’ont pas banni la svastika de leur symbolique…

  15. Quel est votre probleme Nicolas Kirkitadze ?!
    Vous aimez tant les Croix gammees ?
    RL prend une mauvaise pente avec ce genre d’ article sans interet et plus que douteux !

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