J’applaudis les Femen quand elles osent s’en prendre à l’islam

Publié le 8 avril 2013 - par - 1 234 vues

Je me suis abstenue jusqu’à présent de donner mon avis sur les Femen. Je n’appréciais guère leur interventions attendues contre les catholiques. Ca sentait le gauchisme réchauffé. J’observais comment ça tournait. Je notais surtout la hargne de plusieurs contributeurs de RL à leur propos. Mais rien d’étonnant à cela : ceux-ci professent un féminisme minimaliste, l’égalité et basta. A leur décharge, les inadmissibles lâchetés de la plupart des féministe sur l’islam. Mais le féminisme ne saurait se circonscrire au petit cercle que pourfend RL : Caroline Fourest, une poignée de rescapées des années 70, et quelques lesbiennes plus préoccupées de devenir des hétéros comme les autres que de faire avancer la cause des femmes. Je n’appartiens pas à cette troika et pourtant je me crois féministe, c’est-à-dire libre de pensée et d’action. La preuve : je fais partie d’une rédaction dont certaines positions me donnent des boutons ! On ne peut coïncider sur tout, telle est notre devise à RL.
Ce qui me fait sortir du bois, c’est la dissidence qu’a occasionnée au sein des Femen, l’action devant la mosquée de Paris. Enfin elles s’en prenaient à l’islam ! Elles étaient seulement trois à avoir osé le faire. Le symbole était fort : dénoncer le sort des sœurs arabes tout en pointant l’islam. Les dissidentes ont trouvé que ça allait trop loin, pour justifier leur retrait. Face à ceux qui vont trop loin, on ne va jamais assez loin. En fait elles se sont débinées par peur. Peur du danger, ça on peut comprendre et peur du politiquement correct. Et là on comprend qu’il n’y a rien à y faire : la plupart des féministes continuent à être la voix de leur maître-es-gauchisme. Le féminisme est dans son ensemble gangrené par l’idéologie gauchiste, qui fait obstacle à la spontanéité et l’audace foncières de sa démarche. Dès qu’un groupe se forme et prend son vol, hors des barbelés du bien penser, il se coupe lui-même les ailes et retombe, pitoyable. C’est dans la ligne de la domination : pas besoin que le maître vous le demande, vous pensez comme lui, même si vous n’en pensez pas moins.
Les Femen ont renoué avec cet esprit de provocation propre au féminisme radical. Rappelons que la dernière vague féministe , celle des années 70, a organisé sa réflexion et son action autour du corps. Il s’agissait de le libérer. A deux niveaux : le ventre « j’aurai les enfants que je veux, quand je veux » et le sexe « Je veux jouir comme je veux, quand je veux ». Formidable cri qui a secoué sec les fondations de notre vieux patriarcat, installé sur la main mise des femmes et de leurs ventres. Les Femen s’inscrivent dans cette lignée. Elles utilisent une partie de leur corps, particulièrement connotée, les seins, pour revendiquer la liberté d’en user comme elles veulent. Elles reprennent à leur compte la symbolique attachée aux seins pour la subvertir. Et en faire une arme de contestation. Le message est clair pour qui fait l’effort de le décrypter.
Bon vent aux trois filles Courage. Vous avez ressorti le drapeau de l’audace. Normal que vous vous retrouviez seulettes.

Anne Zelensky

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