J’attends du futur maire de Colmar un geste fort en direction des harkis

Publié le 22 septembre 2013 - par

Lettre ouverte à M. Pierre OUADI ainsi qu’à tout(e) futur(e) candidat(e) au poste de maire de Colmar.

Permettez-moi de m’adresser à vous symboliquement, qui êtes le fils d’Ahmed OUDAI, mais aussi à tous ceux ou celles qui ambitionnent de diriger la mairie de Colmar. Cela afin de vous interroger sur un sujet à la fois de politique générale et qui touche à la mémoire collective.

Depuis le 25 septembre 2001, se déroule tous les ans la cérémonie d’hommage aux harkis. A cette occasion, aucune vraie surprise n’est réservée à l’assistance qui se réunit aux environs du cimetière militaire : devant les représentants d’anciens combattants est lu un message présidentiel, gouvernemental ou ministériel, puis plusieurs gerbes sont déposées et parfois des décorations remises.

A certains, qui ont en tête la tragédie vécue en 1962, cela apparaîtra dérisoire.

Dominique SCHNAPPER n’écrit-elle pas dans la préface du livre « Et ils sont devenus harkis » : « L’épisode des harkis constitue une des pages honteuses de l’histoire de France, comme l’ont été la question du statut des juifs, le 3 octobre 1940, ou la rafle du Vel’ d’Hiv’ le 16 juillet 1942 ». Cette tragédie s’inscrit-elle vraiment dans notre mémoire collective ?

Il est permis d’en douter lorsque l’on sait que deux présidents de la République n’ont toujours pas honoré leur promesse de candidats.

Rappelons donc la substance des engagements de 2007 et de 2012, successivement de Nicolas SARKOZY et de François HOLLANDE : Reconnaître solennellement l’abandon par l’Etat français des harkis en Algérie, les massacres qui s’ensuivirent et l’enfermement de ceux qui en 1962 furent « rapatriés ».

N’est-il pas temps avant que le dernier harki ne disparaisse de rendre enfin justice au moins devant l’Histoire, à une communauté déshéritée ?

L’auteur de ces quelques lignes s’honore de lutter depuis près d’un demi-siècle, outre pour la Francophonie, pour la mémoire et la préservation de la plus grande France (pieds-noirs, harkis, Mayotte et Anjouan).

Aussi, dans la continuité de son combat et avec quelques autres compatriotes qui n’ont pas la mémoire courte, se déclare-t-il prêt à soutenir tout candidat aux prochaines municipales, quelle que soit sa couleur politique :

– qui s’engage résolument pour l’abrogation de la loi du 6 décembre 2012 officialisant la commémoration du 19 mars 1962, loi constituant pour toutes les associations de harkis, un manque de respect envers la communauté harkie (ce manque de respect rejaillissant sur l’ensemble des Français).

– qui promet sincèrement qu’une rue de notre ville (ou une place ou une allée ou un square) soit dédiée à une personnalité éminente de la communauté harkie.

Ali CHEKKAL, bâtonnier et homme politique de l’Algérie, terre française, assassiné par un militant se réclamant du FLN au stade de Colombes devant le président COTY en 1957.

Bougherra EL OUAFFI, ancien tirailleur algérien, champion olympique du marathon en 1928, assassiné en 1959, parce qu’il refusait de cotiser au FLN.

Alain MIMOUN, ancien tirailleur algérien, héros de Monte Cassino, champion olympique de marathon en 1956, disparu récemment.

Slimane AZEM, icône de la musique kabyle, à la fois très critique envers certains aspects de la colonisation française et pourtant auteur du « Chant des harkis ».

Son frère Ouadi AZEM, ancien député du groupe « Unité de la République », luttant jusqu’au bout pour l’Algérie française.

Cette liste est loin d’être exhaustive.

Jean-Michel WEISSGERBER

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