J’avoue faire la promotion d’un état d’esprit juif : est-ce une trahison laïque ?

Publié le 16 juillet 2012 - par - 1 465 vues
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Le dernier numéro de la Riposte Laïque témoigne de ce que ce média est devenu un incontournable outil de réflexion, qu’il est un organe de réflexion inséparable des conditions d’une action consciente et sérieuse, à savoir : l’échange d’arguments contradictoires sur un même sujet, sans que personne ne s’étripe.

En disant cela, je me situerai au cœur de ma réponse à ce lecteur qui m’a reproché de faire « la promotion de la religion juive ».

J’aurai même expliqué « qu’elle lave plus blanc que blanc »

Je résumerai ma réponse en disant amicalement à ce contradicteur : ami, vous ne m’avez lu qu’en diagonale, ou n’avez pas retenu mes arguments.

Evoquant Moïse (Moshé rabénou, dans la Bible juive ; traduction : Moïse, notre instructeur, Moïse notre Maître à réfléchir par nous mêmes), je disais que sa figure n’y apparaît pas comme celle d’un despote oriental ou d’un tyran, même si, à un moment ou un autre, certains de ses actes se traduisent par une violence contre un groupe d’hébreux ou contre les Amalécites. Les Amalécites étaient un groupe de nomades du Sinaï qui voulurent exterminer les Hébreux.

L’hébreu ou l’égyptien Moïse, n’invitera pas à tendre la joue gauche. Il ne préconisera pas non plus d’imposer aux autres ce à quoi l’on croit. Il invitera, -lui ou ceux qui parleront en son nom- à être exemplaire, à servir d’élément de référence et de comparaison.

Pour moi, la question n’était pas de savoir si Moïse a écrit ou non la partie de la Bible se concluant par sa mort ou si cela a été écrit par d’autres, plusieurs siècles plus tard.

La question était ailleurs. Elle était que la patrie ambulante des Juifs amenés à vivre hors de leur territoire national historique*1 était et est constituée par la Thora, fixée sur des rouleaux (les sifreï Thora ou sefer Thora, segmentés en cinquante deux chapitres hebdomadaires (paracha) lus chaque jour à la synagogue), et celle se présentant sous la forme plus courante de volumes manuscrits ou imprimés que l’on peut posséder chez soi.

La « religion », pour tous les Hébreux, étant un code ouvert à la réflexion et aux interprétations contradictoires. Ses normes formaient une sorte de constitution politique et morale destinée à déterminer comment agir en droit et en équité (en hébreu on dit « lifnim méshurat a din »).

Je le rappelais. Cette seconde Thora, la Thora orale, était le fondement permanent de cet « intellectualisme juif » (Himmler/Goebbels) pathologiquement haï, hier par les idéologues du nazisme, aujourd’hui détesté plus que tout, principalement par ceux de l’islam politique, parce que cet « intellectualisme » là fabrique des hommes debout, pas des soumis.

 La « religion », ce sera une Histoire et deux langues -l’Hébreu et l’araméen

Les deux langues, dites sacrées, s’uniront aux langues vernaculaires des populations d’accueil, pour former les langues juives. Citons : le yiddish (langue de communication courante née au cœur de l’Europe de langue germanique aux 9èmeet 10ème siècle, devenue littéraire à partir du 19ème siècle, parlée et comprise par tous les Juifs depuis les fins fonds de l’empire tsariste jusqu’en Angleterre, en passant par l’Alsace, le nord de l’Italie et de l’ancienne Yougoslavie, les pays scandinaves et les Pays-Bas, puis plus tard, les Amérique), judéo-espagnol devenu langue des Juifs d’Afrique du nord et de l’empire ottoman, judéo-Tate du Caucase, judéo-arabe, judéo-tamashek chez touareg, Lemba d’Afrique sud-orientale, etc.

Je faisais remarquer, que contrairement à ce qu’écrit notre amie Elissaïeva, la circoncision à huit jours, pas à six, pas à sept, pas à neuf, pas à dix jours et plus tard, mais à huit jours, intervient dans des conditions neurologiques particulières, éphémères.

Ces conditions n’existaient ni à la naissance, ni jusqu’au 7ème jour, ni après le huitième jour.

J’écrivais aussi : les rabbins le savaient-ils ?

Je persiste à écrire, -même si cela me suscitera de nouveaux contradicteurs qui croient que le point de vue laïque c’est comme le marxisme léninisme d’antan, à savoir qu’il donne d’office le point de vue juste sur toute question- : le fait est là.

Je ne promouvais pas une religion

Je rappelais un fait concernant l’ouverture de l’esprit. On peut ne pas être pro-rabbin mais on ne peut nier qu’ils ont mis au point une sorte de devoir de réfléchir et d’exprimer son point de vue, via la méthode dialectique d’étude du talmud (le pilpoul). En pratique cela imposait : d’être toujours à deux pour étudier chacune des parties du monument de compilation de discussions présentant sur chaque chose,- des plus insignifiantes aux plus graves-, les arguments cohérents, les arguments logiques, qui soutenaient des points de vue et des décisions opposés, rendant juste et conformes aux principes de base admis, chacune des positions opposées. C’était un exercice intellectuel qui ne sera pas compris, qui sera même qualifié de stérile, de cause de perte de temps, quand on en comprendra pas l’essence : affûter l’intelligence.

C’est cette méthode qui sera mal comprise et brocardée, sous l’expression péjorative d’avoir « l’esprit talmudique », c’est-à-dire d’être un emmerdeur toujours disposé à « couper les cheveux en quatre ».

Promotion d’une religion « lavant plus blanc que blanc » ?

Je disais aussi : qu’on ne saurait parler de supériorité raciale quand 50% des nobélisés sont juifs, mais de supériorité pédagogique en matière d’acquisition de la lecture, de l’écriture, de l’analyse de texte et des outils abstraits du raisonnement qui fonde l’esprit mathématique.

J’insiste, pour lever tout malentendu : je parlais de résultats d’une méthode essentiellement basée sur l’incorporation instinctive de la pensée dialectique. C’est cette manière de stimuler la réflexion qui a produit cinquante pour cent de tous les Prix Nobel, sur une population qui représente moins de deux millièmes de l’Humanité.

Et ce n’est pas fini…

Les dernières découvertes en physique des particules ont permis de débusquer et d’enfin trouver le fameux boson théorique de Higgs. Ces recherches doivent beaucoup aux travaux menés au Technion (l’université de Haïfa et ses laboratoires de recherche) ainsi qu’aux chercheurs israéliens travaillant en Suisse sur le grand accélérateur de particules.

Dans le même ordre d’idée, c’est ce qui détermine les autorités japonaises à faire appel à des spécialistes israéliens pour reconstruire la centrale de Fukushima, en dotant la nouvelle centrale de tous les éléments mis au point en Israël sur le plan de l’éco-industrie.

Je ne faisais pas la promotion d’une religion mais celle d’une méthode plusieurs fois millénaire, un instrument de mise en éveil et de travail intensif de l’intellect, à l’aide de laquelle l’incorporation de la dialectique devient quasi-instinctive

Lecteur et admirateur du chef de guerre Apache connu sous le nom de Geronimo, je ne crois pas faire l’apologie ou la promotion du chamanisme, de la démocratie militaire clanique et de l’obligation de la vendetta en cas d’offense, lorsque je remarque, que comme à Sparte, les jeunes gens de ces petits groupes d’amérindiens belliqueux et courageux, développaient au maximum leurs qualités de résistance, de courage physique et de loyauté. C’est un fait.

C’est un fait, comme c’est un autre fait que le système « religieux » amenant à treize ans à la bar-mitsva, -la majorité religieuse juive-, oblige chaque garçonnet à apprendre à lire dés trois ans, à écrire au même âge et à discourir en public.

Religieux ou pas, contraignant ou pas, c’est un fait

Il se traduit, depuis au moins deux mille ans, par l’absence d’illettrisme chez les garçons juifs, de toutes conditions sociales. Est-ce un plus, ou est-ce un moins ? Je persiste à penser que c’est un plus, dont devrait s’inspirer tous les ministres de l’éducation publique et tous les syndicats d’enseignants présentement attelés au char des idéologies pédagogistes destructrices confondant instruire et apprendre à jouer à la marelle.

La force des liens de la patrie ambulante est aussi un fait. Est-il regrettable ?

Le rappeler est-il « promouvoir une religion », la bonne ? On doit bien observer ce qui est : que malgré les vexations et des injures grossières, des persécutions, des pogromes et des massacres de plus ou moins grande envergure, les Juifs sont toujours là. Leur nombre est constant. Il est le même qu’avant le grand massacre consécutif à la prise du Temple de Jérusalem par Titus (un million de victimes, plus les déportations et les mises en esclavage dans différentes parties de l’empire romain).

C’est la situation consécutive à ces tueries, qui laisseront survivre essentiellement des veuves, qui déterminera pragmatiquement les rabbins à décider : que l’on hérite de la judéité par la mère et non plus par le père comme le disait la « loi de Moïse » (qu’elle soit de lui s’il a été  un personnage réel et non un mythe ou que d’autres l’aient rédigée plus tard, ce n’est pas le problème).

Un groupe, proche des Hébreux, les phéniciens, -en particulier les Tyriens, qui fourniront les cèdres utilisés dans la construction du Temple de Salomon à Jérusalem-, a disparu corps et biens. C’est aussi un fait, regrettable.

Qu’en connaîtrait-on sans la Bible ?

Est-ce promouvoir une religion, ou parler comme un rabbin, de le faire remarquer ?

C’était un groupe humain important dans l’Histoire humaine, les Phéniciens.

C’était un groupe organisé en Cité-État avec lequel, certains Hébreux, s’en iront fonder Carthage, Carthagène, et bien d’autres comptoirs, dans la péninsule ibérique, en Corse, en Sardaigne et aussi en Gaule.

Les Phéniciens de Tyr donneront la civilisation punique, ainsi qu’une brillante cité rivale de Rome, avec de grandes figures, comme Hannibal.

C’est un fait terrible : Les Phéniciens ont disparu corps et biens, bien qu’ils aient été un contributeur important, décisif même, pour la transmission des déploiements du savoir en inventant l’alphabet, (l’alef-beïs en hébreu et en yiddish).

Les actuels Libanais, lobotomisés par des religions de la non-mémoire, par des cultes exclusivistes de la non-réflexion critique, n’ont manifestement aucune considération pour leurs grands ancêtres, inventeurs de l’alphabet moderne. 

Pourtant, c’est cet alphabet qui survit dans l’hébreu, l’arabe, les tifinags berbères, le grec, le latin et les langues apparentées, les langues slaves et germaniques et -depuis les révolutions russes et turque kémaliste, depuis l’indépendance du Vietnam- dans différents groupes de langues altaïques et asiatiques.

Sous les coups de fouets des conquérants et des colonisateurs idéologiques arabes, sous les menaces physiques armées de Nasrallah et du Hezbollah, les Libanais modernes détruisent leur passé. C’est ainsi qu’un port phénicien, venant d’être remis à jour, va disparaître une seconde fois, sans protestation aucune de l’UNESCO.

Un groupe de promoteurs immobiliers libanais, associés au führer du Hezbollah, ayant décidé, sans autre forme de procès, de construire dessus des tours et autres bâtiments.

Pour revenir à la critique qui m’est faite, je dirai à notre correspondant qu’il va être satisfait de sa sagacité, j’avoue…

J’avoue : je fais en effet la promotion d’un état d’esprit juif. Est-ce vraiment laïque ?

Je défends en effet un mode d’éveil de l’intelligence humaine. C’est lui qui permit au parti Bund, un parti ouvrier, -formé de milliers de Juifs marxistes méthodiquement instruits dans l’étude du « capital » de Marx, (trente mille militants en 1903, pour deux à trois millions de Juifs sous administration russe, vivant sous un régime autoritaire qui laissera s’organiser les pogromes), plus nombreux à eux seuls que tous les autres groupes marxistes unifiés dans le POSDR (le parti des Lénine, Plekhanov, Trotski, Dan, Tséretelli, Martov, Rosa Luxembourg, Staline, Zinoviev…)- c’est lui, cet état d’esprit, qui leur permit de discuter et de recruter souvent dans les yéschivot (sortes d’universités talmudiques), pas pour y trouver des fanatiques, des talibans juifs, mais des hommes de conviction, des militants rigoureux et décidés, des hommes à l’esprit acéré qui constitueront l’armature dévouée et instruite du mouvement ouvrier de Russie et de Pologne, puis celui des États-Unis et d’Argentine (pour ceux qui purent y émigrer).

Je crois que mon contradicteur n’a pas bien lu mon propos

Il s’est arrêté en milieu du chemin. Je conclurai amicalement en l’invitant à mettre de la dialectique dans son vin. A le lire.

Alain   Rubin

*1 J’écris cela pour distinguer « Eretz Israël » -qui se déclinera avant la conquête assyrienne en : Israël/Samarie au nord et Judée au sud (après la scission dynastique suivant la mort de Salomon), puis plus tard en Judée réunifiant le territoire, et enfin en Israël restauré, à partir du Ichouv des années quatre-vingt du 19ème siècle, puis de la « Palestine » mandataire des années vingt à quarante, jusqu’à la reconquête de l’indépendance politique proclamée par l’ONU fin novembre 1947 et réalisée en mai 1948 sur moins d’un quart du territoire historique de la Judée, dont une partie bordait la rive orientale du Jourdain et de la mer morte.

Je voulais aussi le distinguer de sa caricature bureaucratique stalinienne : le Birobidjan.

En effet, Staline, l’ancien spécialiste de la question nationale au sein de la fraction bolchevique du parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR), savait, comme tout russe et habitant de l’empire des Tsars le savait, que les hommes et les femmes qu’on appelait alors les « Iévreï » (en russe, les « Hébreux »), étaient une nation accueillie, possédant une religion propre, le judaïsme, une langue particulière, le yiddish parlé par eux tous (un créole d’hébreu et d’allemand ancien mêlé à des slavismes et à d’autres fossiles linguistiques témoignant du nomadisme juif en Europe), et pour certains, les plus pieux et cultivés, utilisant quotidiennement pour l’étude deux autres langues spécifiques à cette nation : l’hébreu et l’araméen de la Bible et des deux Talmud.

Pour ceux qui étudiaient les Talmud (le Talmud de Babylone et/ou celui dit de Jérusalem (écrit en Galilée), le tout formant une cinquantaine de mille de pages de commentaires exposés contradictoirement par les « sages d’Israël », il y avait une condition impérative : la possession de l’araméen (un dialecte sémite, parlé par un petit groupe installé sur le territoire nord-occidental de la Syrie actuelle) qui devint comme l’anglais actuel, la langue parlée et écrite commune d’une aire s’étendant de l’Egypte à la partie occidentale du Pakistan.

C’est cette lingua-franca qui produira plus tard l’arabe, comme le bas-latin tardif produira le français.

C’est dire aussi, qu’un des fondements décisifs de la nation, -au sens moderne-, la langue particulière de communication courante et de réflexion, était la caractéristique permanente des Juifs que les Russes appelaient les « Iévreï ».

Le congrès de Bakou convoqué en 1920 par la troisième internationale (avec la présence du « parti communiste juif », les « poaleï tsion smol » qui rejoindront le parti communiste de l’union soviétique), puis la constitution soviétique rédigée en 1936 par Nicolas Boukharine, sont d’autres témoins historiques de cet autre fait que l’on cherche aujourd’hui à nier, pour affirmer l’illégitimité absolue de l’Israël étatique contemporain en prétendant, comme le fait de façon caricaturale et grossièrement provocatrice le stalinien israélien Shlomo Sand : que le peuple juif n’existe plus dans l’Histoire des siècles passés depuis deux millénaires ; qu’il n’existe, en 2012, que comme une création artificielle, une « invention » idéologique, d’intellectuels juifs d’Europe, fondateurs du sionisme politique de la seconde moitié du 19ème siècle.

Ouvrons ici une parenthèse

Si j’en avais le temps, je ferai remarquer à Shlomo Sand et à tous ceux qui à sa suite veulent réduire la nature du Juif à une « confession » – confession qui s’érigerait, avec le sionisme en Etat politique illégitime, en un État d’un peuple n’ayant aucun droit autre qu’à une vie religieuse, une vie de Juifs dispersés et réduits à l’état de minorité confessionnelle plus ou moins tolérée, de Juifs n’ayant aucun droit légitime à prétendre à une vie nationale restaurée (religieuse autant que non-religieuse)- je leur dirai : avec vos pseudo critères critiques de la vie nationale juive, pourquoi ne contestez-vous pas la légitimité du Pakistan ? Là vous auriez de quoi vous occuper et vous pourriez de bonne foi mettre en œuvre vos critères.

Le Pakistan, ce n’est pas rien

Ce n’est pas un micro-pays de quelques dizaines de milliers de kilomètres carré. C’est un mastodonte territorial et humain de 180 millions d’habitants, dont les mouvements concernent la planète toute entière.

 Mais c’est peut-être pour cela que les censeurs d’Israël et des Juifs « promouvant une religion qui lave plus blanc que blanc » ferment les yeux sur les turpitudes pakistanaises à la hauteur de son envergure territoriale et démographique

Le Pakistan, c’est un État, -proclamé en 1947 après le départ de l’administration coloniale britannique-, né d’une scission religieuse des peuples de l’Inde.

C’est d’abord et avant tout, un pur produit différé de la conquête religieuse musulmane, qui fit 80 millions de victimes dans ces territoires.

C’est un Etat qui mena des guerres à répétition contre son voisin non-musulman bien que les musulmans indiens qui y sont les citoyens à part entière d’un État qui n’a pas érigé l’indouisme en confession monopolistique imposant sa dictature aux autres confessions, ne prescrivant pas l’abandon de l’islam et l’athéisme, ne les considérant pas comme crimes majeurs, plus graves que tout autre. Tandis qu’au Pakistan, l’athéisme est illégal et passible de mise à mort, le bouddhisme et l’indouisme sont prohibés ou réduits à une quasi clandestinité, le christianisme est opprimé, parfois violemment.

Le Pakistan, c’est aussi un État qui a mené des guerres à répétition : en 1947-48, en 1965, et en 1971, contre son frère du sud, non-musulman. Était-il menacé d’anéantissement par ce dernier, le Pakistan ?

C’est un Etat qui alimente toujours un conflit meurtrier et permanent, de grande envergure, à propos du  statut du Cachemire, le Pakistan.

Sa langue nationale n’est pas spécifique : l’ourdou étant langue nationale des deux Etats issus de la scission religieuse islamique suivant l’accès à l’indépendance politique indienne.

État purement confessionnel, le Pakistan, mais quelle résolution des Nations-Unies le dénonce ?

Quelle déclaration tonitruante des ONG met en cause ces fondements irrespectueux d’une partie des autochtones ?

Je repose ma question : les avez-vous entendu à ce sujet, les ONG– en particulier celles qui organisent régulièrement des flottilles contre Israël « pour briser » un inexistant embargo alimentaire, médicale et économique que subirait Gaza.

Il se trouve que ces ONG ont l’oreille de plusieurs ministres de Normal Premier et que si elles dénoncent presque quotidiennement l’existence « illégitime » d’Israël, elles n’ont -semble-t-il- jamais entendu parler de l’existence du Pakistan, des violations des droits humains qui y sont quotidiennes..

Alain Rubin

PS. Relisant ma réponse à notre lecteur, je me suis demandé si des critiques de la religion incarnée dans l’Histoire humaine – via l’Idée absolue hégélienne et ses méandres et retournements produits de ses antagonismes internes- ont accusé, à l’époque, Marx d’en faire une promotion, lorsque- ancien jeune hégélien de gauche qu’il était encore- il dira « avoir remis la dialectique sur ses pieds ».

Fais-je la « promotion » du mysticisme juif de la cabbale lourianique, lorsque j’observe que trois siècles avant Einstein, Frydman et Lemaître, les élèves et les contradicteurs de Louria donneront dix-sept milliards d’années humaines d’existence à l’univers connu.

Il serait -disaient-ils- le soixante-dixième univers. Ils défendaient, avec le concept de « tsim-tsoum », le point de vue d’un Dieu qui formant tout et se trouvant partout, se retire, se rétracte sur lui-même pour que l’univers puisse se développer dans le temps et dans l’espace.

Faut-il refuser la relativité du temps et de l’espace, l’expansion de l’univers à partir de la singularité concentrant en un point invisible par un œil humain toute l’énergie qui allait se libérer pour donner des milliards de galaxies et produire les phases de construction et de destruction de la matière visible qui est notre univers, une énergie pure se complexifiant en s’organisant, parce que des mystiques juifs des 16ème et 17ème siècles ont cherché une vérité de la Torah au-delà du visible, et lu entre les lignes de la Bible, -dans sa langue originelle-, des événements cosmiques constructeurs et destructeurs d’une durée prodigieuse?

On peut être athée et admirer l’audace et la sagacité intellectuelle de ces mystiques juifs

Leur mysticisme n’en faisait pas des « obscurantistes » ennemis de la recherche et du savoir positif, mais des mystiques dialecticiens, même s’ils donnaient à ces savoirs une ultime causalité dans une divinité repliée sur elle-même pour que l’univers et la liberté humaine puisse se déployer.

Est-ce faire « la promotion d’une religion lavant plus blanc que blanc», que de reconnaître l’audace intellectuelle de ces mystiques ?

Je ne le pense pas. Il me semble, au contraire, que c’est rendre à César ce qui appartient à César, et distinguer ce qui doit être distingué.

Je n’ai pour ma part jamais pensé que la gestion bureaucratique et le totalitarisme stalinien, sous toutes ses déclinaisons, rendent caduque la perspective historique de la socialisation et du développement des forces productives humaines et leur organisation rationnelle, pour mettre fin à l’inégalité sociale et au besoin.

En soutenant cela, fais-je la promotion des faillites à répétition des « socialismes dans un seul pays » et des pouvoirs bureaucratiques affirmant les édifier ?

Je dois reconnaître, que j’ai régulièrement à m’expliquer à ce sujet aussi. Mais pour autant, je ne jetterai pas Trotski, Rosa Luxembourg, le Bund, Ringelblum et quelques autres, avec l’eau sale du bain représenté par Staline, Shlomo Sand, « shalom archab », le « front de gauche » et une kyrielle d’organisateurs de faillites bureaucratiques.

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